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Réalisation
Kevin Kölsch, Dennis Widmyer

Scénariste
David Kajganich, Jeff Buhler

Date de sortie
2019

Genre
zombies

Tagline


Cast
Jason Clarke
Amy Seimetz
John Lithgow
Jeté Laurence


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
Christopher Young

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 2.5
(4 votes)
Louis et Rachel Creed ainsi que leur deux enfants, Ellie et Gage, quittent Boston pour Ludlow, une petite ville du Maine. Louis doit s’y ressourcer après des années à travailler comme un acharné en tant que médecin urgentiste. Le coin semble paisible et accueillant. Seuls deux éléments viennent troubler la tranquillité des lieux : une route dangereuse qui passe juste à côté de leur maison et un étrange cimetière pour animaux. Bientôt, un drame va venir bouleverser la vie (et la mort) de la famille Creed...



L'AVIS :

Voici donc le nouveau « Simetierre » réalisé par les prometteurs réalisateurs Kevin Kölsch & Dennis Widmyer, responsables du sympathique « Starry eyes ». Pari difficile pour les deux jeunes cinéastes que celui de rebooter un film culte, aussi perfectible soit-il (le « Simetierre » de Mary Lambert sorti en 1989). Encore plus compliqué d’adapter un des meilleurs et des plus appréciés roman de Stephen King (sorti en 1983). Pourtant, les premières images diffusées auguraient du meilleur. Un screenshot officiel montrant Le chat (Church pour les intimes), revenu d’entre les morts, assis d’un air menaçant au milieu d’une route ou encore un autre impliquant cette garnison d’enfants masqués semblant transporter des animaux morts à travers la forêt. Des images marquantes et artistiquement réussies que l’on retrouvera dans le long-métrage. Mais qui, de prime abord, ne tiennent pas toutes les promesses qu’elles véhiculaient. Disons-le, Church parait n’être qu’une petite menace qui n’inquiétera pas grand monde et le cortège mortuaire d’enfants ne représentera qu’une scène de début, certes réussi, mais qui ne semble rien apporter au film. A moins que…

*ATTENTION SPOILERS*

Sorti début avril 2019, le film a reçu un accueil plutôt mitigé et cette grogne du public peut être compréhensible tant les réalisateurs ont fait des choix pouvant hérisser le poil du fan de la première heure. Un exemple parmi tant d’autres : le lien entre Jud, le vieux voisin et la famille Creed est loin d’être exploité à fond. Certes, le film ne peut pas se permettre le même développement que le livre mais la version de Mary Lambert avait réussi à créer cette amitié profonde entre les voisins là ou cette nouvelle version échoue. Lorsque l’on arrive dans la salle de cinéma avec ses souvenirs, on a envie que le fan-service soit fait et donc de voir le vieux Jud réaliser la visite guidée du cimetière pour animaux, on a envie de voir Louis Creed et Jud en train de boire des bières sous le porche de la maison, on a envie de voir l’affection grandissante du vieux monsieur envers la petite Ellie et sa famille…



Dans cette version, pas grand-chose de tout cela et les liens entre les personnages sont moins tangibles. Du détail mais qui importe pour l’émotion et pour la compréhension de l’acte qui va pousser Jud à révéler le secret du cimetière des MicMac (qui d’ailleurs ne s’appelle pas comme ça dans cette version et pour le coup, c’est peut-être pas plus mal !). Si beaucoup de changements sont donc perturbants, il y en a qui apportent au récit. Le choix de remplacer Gage par Ellie comme victime du camion permet une bonne cohérence entre les questionnements sur la mort de la petite fille, sa relation avec chacun de ses parents et son attitude lors de son retour d’entre les morts. Aussi, le film de Kevin Kölsch & Dennis Widmyer ajoute la notion de Wendigo absente de la version de Mary Lambert. Au détour d’une rapide conversation, certes, ce qui fait un peu léger. A moins que…

L’important dans un film d’horreur est le sentiment de peur ou de malaise qu’il provoque. Là encore, ce n’est pas la réussite totale. On sursaute une fois ou deux. Quelques effets gores (le maquillage de Victor Pascow) sont réussis mais souvent, ça tombe à plat. La petite Ellie morte-vivante n’a pas grand-chose de terrifiante, la chat n’inquiète quasiment pas (sauf dans la scène du lit de bébé) et certains moments sont même complètement ratés car « too much ». Particulièrement la mort de Zelda bien moins puissante que dans la version de Lambert. On ne tremble pas, on ne saute pas de son siège et sa voisine de siège ne vient pas se blottir contre vous (bon, en même temps, j’étais tout seul). Encore une fois, le film n’atteint pas son but. A moins que…



A moins que quoi ? A moins qu’une certaine alchimie quasi-providentielle pointe le bout de son nez. Et c’est quasiment le cas. En effet, si, pris séparément, les différents éléments du film ne sont pas vraiment convaincants, l’ensemble tient debout et chaque pièce du puzzle vient s’assembler l’une dans l’autre pour créer la cohérence. Le défilé des enfants au début du film qu’on ne reverra plus après; un gâchis ? Peut-être mais lorsqu’on l’additionne au chemin de croix mystique pour aller au cimetière indien, à l’histoire des animaux morts, au mythe du Wendigo (lui-aussi pourtant survolé) et à la fugace apparition de Norma, on obtient un tout qui crée une ambiance mortifère. Si le film aurait pu être plus grandiose en développant ses thématiques, il n’en reste pas moins troublant en émaillant son scénario de petits indices et de scénettes étranges. Le film reste, malgré tout, moins malaisant que son ancêtre de 1989. Mais il a pour lui d’apporter ce qui manquait à l’ancienne version, à savoir une réalisation ample et classieuse. Là où le film de Mary Lambert ressemblait à un téléfilm M6, la photographie et la réalisation de cette nouvelle mouture en font un métrage plutôt haut de gamme. Mention spéciale pour les deux cimetières et le chemin qui les lient.



Au-delà de cette alchimie étrange, notons deux autres points forts du film. Le premier est son casting convaincant et impliqué. Le second est son histoire globale. Tiré d’un roman à la fois horrible et touchant, le film ne peut que s’en sortir grâce à un matériau de base parfait qui, même abimé, n’en reste pas moins puissant. Ce « Simetierre » 2019 est donc une semi réussite autant qu’un semi-échec, jetant le froid à de nombreux moments puis le chaud au fur et à mesure du visionnage. Doté d’une réalisation solide, d’un casting plaisant et de détails marquants, le film arrivera à séduire les plus ouverts d’esprits (ou les moins regardants diront certains !). Occultant des éléments importants et n’arrivant ni à effrayer ni à émouvoir autant que le livre ou le film de Lambert, les autres verront le verre à moitié vide. Choisis ton camp !









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