RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Cliquez pour noter..
Natalia a décidé de quitter Madrid pour venir vivre à Mexico avec son compagnon Esteban. Arrivée sur place, la jeune femme retrouve une amie qui lui propose de partir faire un petit séjour avec deux amies à elle, en attendant le retour d’Esteban parti travailler en pleine jungle pendant quelques jours. En toute fin d’une soirée très alcoolisée, les quatre fêtardes vont kidnapper un homme qui avait dragué Natalia dans un bar. Ce dernier va rapidement regretter de s’être approché de ces jeunes femmes...



L'AVIS:

Le Mexique fait beaucoup parler de lui en matière de cinéma de genre ces dernières années. Après des titres comme "atroz", "honeymoon (2015)" ou encore "mexico barbaro", nous faisons en France la connaissance d’un film moins connu que ceux précédemment cités mais ayant fait de l’œil à nos amis de chez Zeno Pictures et Uncut Movie.

Il ne fait décidément pas bon se promener à Mexico et Artemio Narro nous le montre de façon très explicite dans son film choc intitulé "me quedo contigo" (que nous pouvons traduire par « je reste avec toi »), sorti par chez nous sous le titre plus rentre-dedans "all men are bastards". Long-métrage dans lequel un homme se fait kidnapper par un groupe de jeunes femmes qui vont successivement l’humilier, l’agresser et le violer. Un film à ne pas mettre entre toutes les mains assurément !



Cela peut surprendre aux premiers abords mais "all men are bastards" se classe bel et bien dans ce que nous appelons les rape and revenge. Un sous-genre cinématographique dans lequel une malheureuse victime se venge de son(ses) agresseur(s) après avoir généralement subi viol(s) et/ou sévices en tous genres (parmi les fiers représentants de ce sous-genre horrifique, nous pouvons noter entre autres les films "la dernière maison sur la gauche" et "day of the woman" et leurs remakes respectifs, sans oublier des films comme "la proie de l’autostop", "crime à froid", "la maison au fond du parc", "la dernière maison sur la plage", "l’ange de la vengeance" ou encore plus récemment les très sympathiques "the seasoning house" et "revenge" par exemple).

Un rape and revenge des plus particuliers ici dans le sens où plusieurs composantes du récit vont à contre-courant de ce que nous voyons habituellement dans ce sous-genre des plus controversés du cinéma fantastique.

En effet, dans "all men are bastards", un homme drague certes une jeune femme (en l’occurrence la belle et réservée Natalia) mais, à l’inverse de nombreux films appartenant à la catégorie des rape and revenge, c’est bel et bien une Natalia alcoolisée - et quelque peu en manque de tendresse et de repères – qui va venir voir elle-même cet homme au bar qui lui paye des boissons depuis un bon petit moment et lui proposer d’aller conclure dans la voiture de son amie.
Alors, oui, notre homme est averti d’emblée par la jeune femme qu’elle est accompagnée dans la vie et ce dernier n’y prête que peu d’attention (« il n’est pas jaloux et reste un homme » dira-t-il plus tard dans le film) mais, au vu du contexte, est-il réellement le grand méchant - maniaque sexuel, sans retenue et violent - que l’on a l’habitude de croiser dans ce genre de production ? Clairement non... Nous avons plutôt ici un tandem formé d’un côté par une future « victime » consentante et clairement démonstrative et de l’autre côté un homme en recherche d’une aventure d’un soir assurément mais non violent/insistant.
Alors oui, notre homme d’un soir sait pertinemment qu’il va profiter quelque peu de la situation (une Natalia un peu perdue et alcoolisée) et provoquer un adultère, ce qui peut faire pencher le film du côté des rape and revenge, mais au vu du contexte la quête punitive s’avèrera très dure, trop dure... A tel point que l’on en vient forcément à douter de la pertinence du mobile de nos quatre femmes qui seraient ici bien plus vues comme des prédatrices que des proies/victimes...



Très long à démarrer, "all men are bastards" prend beaucoup (trop) de temps pour présenter nos jeunes femmes et notamment le personnage de Natalia que l’on veut nous présenter fragile, perdue et réservée pour mieux essayer de justifier le côté « revenge » de notre film (la malheureuse va se faire culbuter dans une voiture par un inconnu, elle qui est loin de son Espagne natal et de son compagnon aux abonnés absents).

A ses côtés, nous avons les femmes du pays, celles qui aiment faire la fête, boire des alcools locaux, draguer à tout va... A la tête de cette petite troupe : Valéria, la fille d’un riche qui baigne dans la luxure et la fête.
C’est justement dans ce contexte que le côté rape and revenge du film d’Artemio Narro va montrer toute son originalité. En effet, ce petit groupe de filles (une tentatrice, une écœurée de la vie car sa carrière d’actrice a du mal à décoller et une fêtarde suiveuse) s’apparente fortement au fameux groupe de violeurs violents que nous voyons habituellement du côté des méchants qui vont subir la vengeance de leur(s) victime(s). Tout semble ici inversé, les méchants n’étant pas ceux que nous imaginions avant de voir le film et en lisant le titre de ce dernier.

Et ce côté « revenge », que donne-t-il ?
Les jeunes femmes, en parfaites prédatrices justicières, vont s’en donner à cœur joie avec notre homme kidnappé. Se persuadant que ceci « n’est qu’un jeu », elles vont dans un premier temps exciter l’individu (sorte de dernier réconfort avant la punition) pour ensuite l’humilier (elles lui donnent du viagra et se servent de son sexe en érection comme micro...) et finalement le faire payer pour ses actes.

Le malheureux semble payer pour l’ensemble des violeurs qui sévissent dans Mexico et va même servir de souffre-douleur pour l’une des jeunes femmes qui, persuadée que tous les hommes la trouvent imparfaite physiquement, va le sodomiser à sec avec un trophée exposé dans l’appartement.
Accroché à une barre de pole dance après avoir été kidnappé, ce dernier va subir divers traitements douloureux physiquement (arrachage de téton, sodomie) ou psychologiquement (l’une des jeunes femmes lui urinera dessus).

Dommage une fois de plus, comme dans la partie « rape », que le film d’Artemio Narro présente tant de lenteurs dans sa seconde moitié également. Des passages musicaux semblent en effet servir de remplissage plus qu’autre chose et cassent quelque peu le rythme de "all men are bastards".
Sans vouloir être sadique ou pervers, nous aurions par ailleurs peut-être aimé deux-trois humiliations ou tortures supplémentaires...



Au final, ce "all men are bastards" est plutôt surprenant dans son approche du rape and revenge car ce dernier nous livre ici un contexte peu commun (qui est véritablement le prédateur ici ?)
Même si l’on reprochera de gros manques de rythme et des remplissages musicaux un peu trop présents, le film d’Artemio Narro mérite le visionnage, ne serait-ce que pour vivre cette descente aux enfers de cet homme qui n’était finalement peut-être pas au bon endroit au bon moment...








Du même réalisateur :