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An 2022. Le Spacecore One est un vaisseau spatial ouvrier dont les membres d’équipage sont chargés de réparer des satellites. Alors que la navette passe au niveau de la face cachée de la Lune, apparait à proximité un véhicule spatial plus ancien à la dérive. L’équipage n’a d’autre choix que de s’y arrimer, car le système d’oxygénation est en panne. Deux des cosmonautes partent explorer l’intérieur du vaisseau, étrangement désert et rempli d’eau de mer. Ils y trouvent un cadavre éventré en triangle parfait. Selon Leslie, androïde servant d’ordinateur de bord au Spacecore One, la navette abandonnée appartenait à la NASA. Le cadavre qui s’y trouve était bien l’un des membres d’équipage. Problème : la firme n’exerce plus depuis 1992, alors que la navette aurait sombré à cette époque dans le Triangle des Bermudes. Selon un calcul géographique, le Spacecore se trouverait en plein dans la zone d’influence du Triangle. Dès lors, comme traqué par une force d’origine inconnue, l’équipage est décimé petit à petit…



L'AVIS :

Depuis "Alien" en 1979, les films se déroulant dans l’espace et présentant des créatures hostiles se sont multipliés : "Créature", "Mutant", "Inseminoïd" et bien d’autres auront fait la joie des vidéoclubs et des amateurs de séries B. Sorti directement en vidéo aux Etats-Unis et donc logiquement chez nous, ce Parasite ( à ne pas confondre avec le film homonyme réalisé par Charles Band en 1982 ) semblait prendre la même voie, mais, à la vision du film, il en est tout autre. Il annonce même des œuvres à venir comme "Event horizon, le vaisseau de l’au-delà". Le métrage, s’il conserve quelques éléments de l’œuvre matricielle de Ridley Scott ( l’androïde, un vaisseau spatial ouvrier sombre, sale et peu accueillant, un mystère entourant une navette de prime abord inconnue, des corps éventrés ), se rapproche beaucoup plus du chef-d’œuvre de John Carpenter, "The thing" ( 1982 ). On y retrouve la même obsession paranoïaque qui va hanter les personnages et ce même suspense, le film privilégiant bien souvent la suggestion à des effets spéciaux trop démonstratifs. Tourné avec un budget dérisoire par un inconnu, ‘Parasite’ se défend très bien grâce à son atmosphère angoissante et claustrophobe, restituée par des comédiens qui s’en tirent mieux que la moyenne du genre à l’époque. Ce n’est pas pour autant que tout le monde est inconnu : on trouve au casting quelques noms que les fans du genre reconnaîtront ; Robert Sampson, le père zombifié de Barbara Crampton dans "Re-animator" ; Joe Turkel, le barman fantôme de l’hôtel Overlook dans "Shining" et le créateur des Réplicants dans "Blade runner" ; Camilla More, l’une des ( vraies ) sœurs jumelles ( la seconde se nomme Carey ) aperçue dans "Vendredi 13, chapitre final".



La boîte Wild street pictures, déjà productrice de "Re-animator 2" et "Society" de Brian Yuzna, débauche aussi le duo de compositeurs Mark Ryder et Phil Davies, ainsi que le maquilleur R. Christopher ‘Chris’ Biggs ( créateur du génial monstre de "The unnamable" ). Avec tout ce beau monde, le film se place directement sous une bonne étoile ( ! ). La gestion des maigres décors ( quelques pièces et quelques couloirs peu aménagés ) passe plutôt bien, tant la réalisation s’axe sur les personnages et le suspense. L’inquiétude naît dès le générique d’introduction, mené sur fond de flammes et de nappes synthétiques ultra efficaces. La bonne idée reste d’apporter à l’intrigue cette fameuse et célèbre légende du Triangle des Bermudes dans un film d’horreur se déroulant exclusivement dans l’espace. Par un procédé assez simple mais habile ( quelques explications inquiétantes de l’ordinateur de bord, un schéma sur écran ), le scénario parvient à captiver le spectateur. Sans atteindre la force de "The thing", ce huis-clos spatial réussit à proposer une ambiance lourde et anxiogène. Quelques plans gores ( les éventrations en triangle ), parcimonieusement disséminés, font leur petit effet. Le suspense s’installe, notamment sur la véritable identité de l’agresseur inconnu : s’agit-il d’extra-terrestres ?



D’une force venue d’une autre dimension ? Du Triangle des Bermudes ? Du Diable lui-même ? Il faudra attendre la dernière partie du film pour avoir la réponse, le mystère demeurant fort bien gardé jusque-là. Ce flou permanent sur l’origine du mal réussit à hisser l’œuvre au-dessus de la moyenne du cinéma Bis de cette période fin 80/début 90.

Très bien illustré par ses notes de synthétiseur hypnotiques concoctées par le duo Mark Ryder/Phil Davies ( compositeurs des scores de ‘Society’ et ‘Nightwish’ ), ‘Parasite’ parvient à atteindre son but, celui d’un divertissement de science-fiction teinté d’horreur et de suspense. Distribués avec parcimonie, les effets spéciaux gores permettent de rappeler certains grands moments de la saga ‘Alien’, mais le film oublie les monstres caoutchouteux si présents dans le genre pour s’orienter vers un suspense plutôt réussi. Tirer parti d’un budget aussi étriqué demeure une excellente chose, même si les limites se voient à travers les petits décors et quelques effets visuels. Peu importe, ce ‘The dark side of the moon’ ( à ne pas confondre avec l’album des Pink Floyd ) reste un film plutôt malin et très correctement mis en boîte.



Relégué en vidéo, à la fois à la location et à la vente, ‘Parasite’ sort en VHS chez Antarès et Travelling productions. Il revient en DVD via Antartic vidéo lorsque le support numérique envahit les kiosques à journaux. Une édition certes simple ( doublage français uniquement, format 4/3, chapitrage et petite galerie de photos ), mais qui a le mérite d’exister. Le disque ressort par la suite dans les bacs promotionnels des supermarchés, avec la même jaquette, puis une nouvelle, mettant en avant trois des acteurs du film ( John Diehl, Wendy MacDonald et Camilla More ). Cependant, le contenu du disque reste le même. Difficile de faire la fine bouche lorsque la galette est vendue à des prix comme 2,99 ou 3,99 euros ! Quelques indices circulent sur une édition prochaine en Blu-ray aux USA et en Allemagne, mais aucune date n’est encore annoncée.

A noter que le groupe de black metal allemand Nargaroth utilise des samples de dialogues du film ( doublage allemand ) dans un morceau portant son titre, issu de leur album ‘Prosatanica shooting angels’ ( 2004 ). Un autre groupe de death metal suédois, Crypt of Kerberos, utilise également des samples du film dans leur morceau ‘Devastator’ ( 1991 ). Comme quoi les métalleux ont bon goût !!









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