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Après une belle victoire acquise dans la douleur, l’équipe féminine de volley-ball des Falcons quitte le gymnase en mini-van mais malheureusement ce dernier tombe en panne au milieu de nulle part. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, des chasseurs dégénérés traînent dans la région et vont traquer les jeunes femmes et leur coach...



L'AVIS:

A la lecture du résumé, on pourrait se dire que ce "girls with balls" est un survival des plus classiques comme il en existe déjà des dizaines. Un nouveau "détour mortel" en quelque sorte qui ne va rien apporter de plus à ce sous-genre horrifique...

Mais c’est mal connaître son réalisateur ! Olivier Afonso est en effet un sacré bonhomme, une véritable pile sur pattes (il faut le voir lors des présentations de son film en festival) et un bourreau de travail qui a tout donné pour livrer son premier long-métrage en tant que réalisateur (et co-scénariste soit dit en passant).
D’abord costumier, accessoiriste et chef décorateur, Olivier Afonso a ensuite rejoint l’Atelier CLSFX en 2004 où il supervisera les effets spéciaux de maquillage de films tels que "frontière(s)" de notre cher Xavier Gens, "le transporteur 2" de Louis Leterrier ou encore "grave" de Julia Ducournau (que nous ne présentons plus).

"Girls with balls" est certes un survival avec une fois de plus des dégénérés consanguins (oui, "détour mortel" et compagnie ne sont pas bien loin !) mais cette production franco-belge est également une comédie horrifique, gore et complètement déjantée. A choisir, on préfèrera d’ailleurs étrangement – comme le disait un confrère rédacteur rencontré au festival de Gérardmer - comparer "girls with balls" à un "Tucker et Dale fightent le mal" (le jeu des quiproquos en moins) plutôt qu’à un énième épisode des traques de Three Finger, Saw Tooth et One Eye ! Cela vous donnera un peu une idée de ce à quoi s’attendre du film d’Olivier Afonso.

Un film qui a tourné sur pas mal de festivals (le Fantastic Fest d’Austin, le PIFFF, Sitges, le Festival de l’Alpe d’Huez...) et que j’ai eu la chance de voir lors de sa projection à la Nuit Décalée de la 26ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer.

Et le moins que l’on puisse dire est que "girls with balls" a mis le feu dans la salle de l’Espace Lac (la grande salle de projection, ndlr) lors du festival vosgien en début d’année 2019, chose que nous n’avions plus vu à la Nuit Décalée depuis le surprenant "freaks of nature" en 2016 (cette même année "lovemilla" était également très bon et totalement barré mais malheureusement ce dernier, en troisième position à la Nuit Décalée, avait été projeté devant 100-150 festivaliers encore éveillés d’où un manque d’ambiance regrettable dans la grande salle...).
Une belle performance donc pour ce film très divertissant, rafraîchissant et surtout très généreux qui fut LE film déjanté de cette 26ème édition du festival de Gérardmer assurément !



Généreux ? Oui, généreux dans ses gags, ses scènes d’actions/cascades, ses meurtres sanglants... Et chose importante, le film possède une belle dynamique (entendons par là que nous ne notons pas vraiment de temps mort, la moindre scène sans véritable action étant contrebalancée par des dialogues amusants pour ne pas dire parfois hilarants).

Un film qui démarre d’ailleurs au quart de tour avec ce match de volley-ball haut en couleur qui nous donne l’occasion de faire connaissance avec le (très joli) casting féminin de "girls with balls". Des sportives déchaînées, animées par un coach des plus énergiques au bord du terrain (un rôle campé par l’humoriste Artus qui trouve là un personnage bien barré qui lui colle à la peau : hargneux sur le terrain, celui-ci se montrera également des plus froussards au moment où « ses filles » auront le plus besoin de lui, avant finalement de se lâcher dans un dernier acte dont je tairai le final bien évidemment), et qui nous laissent imaginer que nos rednecks dégénérés/consanguins vont tomber sur un os en se frottant à leurs jolies petites fesses musclées (hum hum... je m’égare là !)

Oubliez les survivals à l’ambiance glaciale, au cadre poisseux et à l’atmosphère angoissante ("massacre à la tronçonneuse", "détour mortel" et autres "wolf creek"...) : le film d’Olivier Afonso prête plus à rire qu’à frissonner ! Imaginez plutôt un survival drôle, rythmé, trash et complètement déjanté dans lequel des joueuses de volley-ball vont en découdre avec des chasseurs un brin tarés prêts à tout pour les éliminer.

Le personnage interprété par le rappeur Orelsan en dit d’ailleurs beaucoup sur l’ambiance distillée par le film d’Olivier Afonso : nous avons en effet ici des interludes chantées par un musicien quelque peu raté et n’ayant pas la langue dans sa poche. Des interludes musicales qui rappellent par exemple la comédie d’horreur "dead and breakfast" ou la comédie américaine "Mary à tout prix".



Situations burlesques et dialogues savoureux (beaucoup de gags font mouche, sans jamais tomber dans la redite) sont permis par un casting de très bonne facture. "Girls with balls" nous propose en effet des personnages parfois hauts en couleur : nous pensons au coach campé par Artus bien évidemment mais chaque fille a également sa propre personnalité, sa singularité, qui en fera sa force ou sa faiblesse mais qui nourrira surtout de bonnes tranches de rigolades quoiqu’il en soit ! Car les stéréotypes ne nous seront pas épargnés (la cheftaine, la peste de service, la pauvre fille...) mais cet aspect est essentiel pour entretenir comme il se doit cette comédie trash, gore et décalée ! Nous devons en effet avoir ces personnages si différents les uns des autres, des caractères et des comportements allant parfois dans l’extrême, pour permettre des interactions inévitables et bienvenues entre les protagonistes (la tête de turc qui se déchaîne, la peste qui jouera les trouble-fête...).
Un film qui pose également les bases de la cohésion et du travail d’équipe (comme dans les sports collectifs, c’est ensemble que l’on s’en sort, ensemble que nous sommes plus forts) et même si l’une est cocue (les langues se délient) ou une autre responsable des malheurs de ses copines (comme c’est le cas ici), il faut passer au-dessus de tout cela et renverser l’équipe d’en face (les consanguins dégénérés ici) ! S’unir pour survivre ! Girls Power !!! (oulà je m’égare à nouveau...)

Et pour les renverser les autres tarés, quoi de mieux qu’une bonne extermination ! Et là l’aspect gore que nous attendions et qui nous était vendu au départ fit son entrée pour le plus grand bonheur des festivaliers ! Olivier Afonso aime les effets spéciaux - et de manière générale tout ce qui touche aux maquillages et effets visuels - et cela se voit : il s’éclate vraiment dans son premier film en tant que réalisateur, oscillant entre grand-guignol et petites pincées d’humour noir ! Outre les headshoots et autre perforation ventrale à l’aide d’une arme à feu, l’une des scènes mémorables du film sera notamment celle d’un chien arraché en deux à la force des bras ! Une scène hautement jouissive, tout comme l’explosion de la tête d’un chef scout campé par une autre personnalité que je vous laisserai découvrir.

Comme il le dit lui-même dans des interviews, Olivier Afonso ne cache pas certaines références bien ancrées dans sa tête, lui-même ayant été nourri de Pop Culture et par le cinéma des années 80-90 (il dit notamment avoir fait allusion à Scooby-Doo pour l’utilisation d’un van servant à transporter l’équipe de volleyeuses !).

Alors oui c’est parfois la foire aux clichés, un brin exagérés par moments, mais rien d’alarmant ici car au contraire cela sert à faire monter plus vite la mayonnaise tellement c’est frappant !
Nous pourrons par contre reprocher au film "girls with balls" une petite redondance sur la fin du long-métrage (le jeu de massacre devient quelque peu répétitif bien que paradoxalement très généreux en cascades, gunfights et autres joyeusetés saignantes). Peut-être le seul véritable petit caillou dans la godasse dirons-nous...
Mais qu’importe nous nous sommes vraiment éclatés devant ce "girls with balls" qu’Olivier Afonso qualifie lui-même de « film de festival », de « film que tu as envie de partager et de voir avec du monde » (propos tenus par le réalisateur lors de ses quelques apparitions en festival). Et c’est exactement cela : "girls with balls" est typiquement un film destiné aux festivals mais également à une seconde vie de salon face à des bandes de potes ayant envie de s’éclater devant un film-défouloir comme celui-ci !



Au final, Olivier Afonso nous a livré là un survival survitaminé, drôle, trash, gore et déjanté. Rien que cela ! Une bien belle péloche qui fit sensation lors de la 26ème édition du festival de Gérardmer et que nous espérons voir rapidement en dvd/BR pour le faire découvrir à notre entourage ! "Girls with balls" étant, comme son géniteur le dit, destiné aux festivals mais également à des groupes d’amis en soirée si l’on veut se taper une bonne tranche de rigolade !
Et même si le film d’Olivier Afonso s’avère quelque peu répétitif sur sa fin, il n’empêche que ce dernier vaut vraiment le détour pour toutes les qualités mentionnées dans cette chronique et s’avère un pur produit rafraîchissant en provenance directe de nos régions et de celles du Plat Pays !








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