RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION


Auteur
Thibaut Higelin

Editeur
Bookelis

Date de sortie
2017

Nombre de pages
104

Langue
français

Couleur
Non



Votre note: -
Moyenne: 3.3
(4 votes)


Après avoir été maltraité par sa mère durant toute son enfance, James Pastell eut enfin une vie épanouissante. En effet, il devint instituteur et fut très apprécié par l'ensemble des villageois pour son professionnalisme. Un jour, quatre de ses élèves se firent assassiner. Malheureusement pour James, le cauchemar recommença...

L'AVIS :

Passionné par l'écriture mais n'ayant aucune expérience dans ce domaine, Thibaut Higelin se lance tout de même dans l'aventure vers l'âge de 18 ans et rédige son premier roman, Destin pour un meurtirer, qu'il auto-publie en 2017 aux éditions Bookelis.

En 104 pages, Thibaut va nous présenter le destin tragique du héros de son roman, James Pastell. Tragique car dès son plus jeune âge, James est martyrisé par sa mère, qui l'enferme dans un cabanon à longueur de journée. Il peut néanmoins compté sur l'amour de sa soeur Katherin. Petit à petit, on fait connaissance avec la famille Pastell et on ressent de l'empathie pour le pauvre James, souffre-douleur de sa mère pour une raison qui nous est tout d'abord inconnue. L'enfance de James puis son émancipation de la demeure familiale une fois adulte nous sont contées jusqu'au drame, jusqu'à ce que James soit accusé du meurtre de quatre enfants du village, ce qui le conduira en hôpital psychiatrique.

La question qui nous taraude durant la lecture de ce roman, c'est "James est-il réellement coupable ?" Bien sûr, avec une enfance aussi marqué par la fatalité, James a tout du tueur en série en devenir. Les médecins lui affirment d'ailleurs qu'il a une double-personnalité, ce qu'on n'a aucune difficulté à croire.

La partie du roman se déroulant à l'hôpital psychiatrique nous fait fortement penser au film Vol au dessus d'un nid de coucou, avec cette nouvelle infirmière qui ne se montre pas tendre avec les patients. Peut-être est-ce l'un des films préférés de l'auteur ? En tout cas, c'est vraiment la référence qui nous vient à l'esprit.

Une troisième partie verra James s'enfuir de l'asile et devenir ce que le titre même du roman nous indiquait : un meurtrier. Par vengeance envers les habitants qui l'ont envoyé à l'asile, James va commettre de multiples meurtres, le faisant totalement sombrer dans la folie homicide et ce, jusqu'au dénouement final, petit twist bienvenu qui remet en cause notre pensée et nos convictions.

Avec Destin pour un Meurtrier, Thibaut Higelin nous livre ce que j’appellerai un premier roman brut de décoffrage. On sent que l'auteur n'a pas encore un style bien à lui, qu'il se cherche et qu'il n'est pas tout à fait à l'aise avec l'écriture. Normal pour une première tentative me direz-vous. Le texte se veut assez direct, il n'y a pas de fioritures, il va à l'essentiel, de manière parfois un peu naïve mais on sent que Thibaut a voulu faire pour le mieux et qu'il y a mis tout son cœur, à défaut d'un vrai talent. Talent qui ne demande qu'à mûrir, qu'à grandir évidemment. Les descriptions des différents lieux traversés par James sont bien mises en forme et on les visualisent bien à travers notre lecture. La psychologie des personnages est bien travaillée, on ressent le manque d'affection de James et le pourquoi de son comportement. Les meurtres sont assez brutaux dans la dernière partie, qui joue avec les codes du film de "home invasion".

Pour une première approche de l'art difficile de l'écriture d'un roman, Thibaut Higelin ne s'en sort pas mal et il a bien fait de choisir un format assez court, comme les romans de gare qu'on prend plaisir à lire pour se détendre.

Ne reste plus qu'à l'auteur à travailler son style, ses structures de phrases (parfois un peu lourdes) et à développer sa passion en lisant et en écrivant de nouveaux romans, ce qu'il a fait récemment avec la parution de Couteau aiguisé.

Disponible en format Ebook ou Broché

3/6 - Stéphane Erbisti