RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION


Saison
4

Réalisation
David Slade

Scénariste
Charlie Brooker

Date de sortie
2018

Genre
science-fiction

Tagline


Cast
Fionn Whitehead
Jeff Minter
Will Poulter
Tallulah Haddon


Pays
Angleterre

Production


Musique
Brian Reitzell

Effets spéciaux



Cliquez pour noter..


En 1984, le jeune Stefan Butler développe, dans sa chambre, un jeu vidéo tiré d’un livre à choix multiples intitulé « Bandersnatch ». Après un rendez-vous avec une société acceptant de distribuer le jeu, il se retrouve à travailler dessus (chez lui ou dans la société selon le choix du spectateur) avec un délai de rendu assez courte. Au fur et à mesure que la deadline se rapproche, Stefan va sombrer dans la névrose tout comme l’écrivain du livre « Bandersnatch » avant lui...




L'AVIS :

Annoncé quelques semaines auparavant, voici venu le tant attendu épisode interactif de « Black Mirror ». La série étant réputé pour ses scénarii originaux, tordus et passionnants, la curiosité de découvrir ce qu’allait donner l’aspect « choix du spectateur » et son impact réel sur l’histoire était forte. D’autant qu’au-delà du concept, il fallait que les créateurs réussissent à garder la qualité scénaristique et de réalisation des épisodes classiques. Alors, pari réussi ?
Avant de répondre à cette question, détaillons le principe de base de l’interactivité avant d’entrer dans l’histoire. Si les joueurs de jeux vidéo tels que ceux développés par Quantic Dream (« Heavy rain », « Detroit become Human ») ou, plus vieux, de jeux PC style « Phantasmagoria » et « The beast within » auront tout de suite compris de quoi il s’agit, cela peut être un peu plus flou pour un spectateur lambda. Globalement, l’épisode sera entrecoupé à divers moments par un « menu » qui apparaitra en bas de l’écran de télévision. Ce menu proposera deux choix au spectateur. Ce dernier devra, à l’aide de sa télécommande, choisir une des deux propositions. En fonction du choix qu’il effectuera, le programme lancera la suite de l’épisode et vos choix influeront sur le déroulement de l’histoire. Ainsi l’épisode pourra avoir plusieurs fins possibles, de la pire à la moins dramatique.



« Bandersnatch » propose de participer à un « film dont vous êtes le héros » qui parle d’un « jeu vidéo dont vous êtes le héros » tiré d’un « livre dont vous êtes le héros ». Plus précisément, ce film interactif narre l’histoire de Stefan Butler, jeune programmeur des jeux vidéo, qui, en 1984, décide de développer un jeu vidéo nommé « Bandersnatch » adapté du livre éponyme écrit par Jérôme F. Davies, un écrivain maudit qui devint fou en tentant de terminer son œuvre. Le jeune Stefan risque de prendre le même chemin pendant le « development hell » de son jeu vidéo… Sauf si vous arrivez à le guider sur le bon chemin en faisant les choix scénaristiques judicieux !


Toutefois, cela ne va pas être de tout repos car le scénariste (Charlie Brooker, habitué de la série) et son équipe ont été particulièrement pervers. La plupart des combinaisons de choix menant souvent à une fin nihiliste, négative et/ou paranoïaque. Finalement, on reste dans la lignée des épisodes « classiques » de la série « Black Mirror » dans les thèmes. Ce qui est plutôt une bonne nouvelle, concédons-le.



Autre bonne nouvelle : la réussite technique du projet. Contrairement aux films interactifs (jeux vidéo précités ou autres) habituels dont les transitions après chaque choix étaient laborieuses et cassaient parfois l’immersion, celles de « Bandersnatch » sont particulièrement soignées et d’une fluidité bluffante. Pas de faux raccords, pas de problèmes de montages, tout est parfaitement maîtrisé. La réalisation est elle aussi au niveau. L’aspect anxiogène de ces années 80 reconstitués ainsi que les troubles mentaux (ou pas !) du personnage principal sont parfaitement retranscrites, le tout porté par des acteurs convaincants et investis.

Malgré tous ces points positifs, la première vision du film peut être « frustrante ». Ce fut le cas pour moi. Avais-je fait les mauvais choix ? Certainement. En tous cas, le film c’était terminé très rapidement (après 45 minutes ! donc beaucoup moins que les 90 minutes annoncées) après avoir été « forcé » par le système à refaire des séquences. La liberté de choix que je pensais avoir en a donc pris un coup et je me suis senti mis sur des rails assez vite lors de cette première tentative. Aussi, l’impression d’avoir survolé les thèmes principaux (la paranoïa, la manipulation, la folie…) prédominait. Une fois cette semi-déception passée, je me suis relancé dans l’aventure pour tenter d’autres possibilité et, je dois bien l’avouer, cela a été plus concluant, ponctué de passages drôles, inquiétants et parfois cocasses. Le quatrième mur n’hésitant pas à être brisé.



Pris par l’envie de découvrir toutes les ramifications possibles, les diverses scènes et les différentes fins, j’ai ensuite passé plusieurs heures à tenter les multiples choix avec un enthousiasme et une frénésie certaine. La découverte de certaines séquences et l’intégration du monde réel dans l’univers fictionnel m’ont ravi et fait passer la pilule (surement la bleue qui empêche d’entrer dans la matrice !) d’une première tentative décevante.

Si « Bandersnacth » peut décevoir au premier abord et laisser un souvenir amer à ceux qui ne tenteront de ne vivre l’aventure qu’une fois, il apporte toute son intérêt lors des autres tentatives de visionnage. Possédant donc un « replay value » non négligeable, cette multiple lecture permet de profiter d’un scénario, certes pas forcément révolutionnaire ni totalement complet dans les thèmes qu’il propose, mais bien construit et rempli de clins d’œil et de surprises. De plus doté d’une production et d’une technique impeccable, il permet une immersion réussie. Parfait dans la forme, encore un peu « light » dans le fond, « Bandersnatch » reste comme une belle tentative, originale et audacieuse.




4/6 - Sylvain Gib