RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 3.4
(3 votes)
Après la mort de sa mère, Isaïe est pourchassé par des visions sombres et cauchemardesques. Il croit que Dieu lui a confié la tâche de libérer l'humanité du péché par tous les moyens possibles. Alors il kidnappe des victimes "pécheurs" et les oblige à avouer sous la torture, pour les amener ensuite à leur Créateur. Isaïe s'enfonce de plus en plus profondément dans un marécage de sang et de folie...



L'AVIS :

Premier long-métrage du scénariste du remake de "Blood Feast", Philip Lilienschwarz montre une certaine maîtrise de la direction artistique et de la réalisation avec un budget microscopique. Surfant sur la vague des splatters allemands (mention à la firme Maximum Uncut Productions, à l'origine de plusieurs films gore très amateurs comme "A Fucking cruel nightmare", "The Knochenwald trilogy" ou "Terror Island Overkill"), ses ambitions ne s'arrête pas que sur l'unique déversement excessif d'hémoglobine.
En effet, la globalité du film construit son histoire et tente de développer le personnage d'Isaïe, devenu aliéné après la mort de sa mère et basculant, au nom de sa foie, dans l'horreur pour se représenter comme un messager de Dieu.



Ici c'est l'Ancien Testament qui est détourné en direction du macabre au point de devenir un outil de justification à la torture. Les pécheurs paieront de leur sang, et la libération de leurs âmes ne peut se faire que par la confession évidemment suivie de la mort.
Bon... même si le coup du serial-killer qui s'appuie sur sa foie et tente de faire régner la parole de Dieu en massacrant les âme impures ne date pas d'aujourd'hui, ce degré de justification permettrait de construire une ambiance religieuse particulièrement malsaine. Mais ce n'est que très rarement le cas... car malgré sa courte durée de 70min, "Absolutio - Erlosung im blut" contient pas mal de longueurs lors de l'histoire parallèle portées par des personnages inintéressants dont l'interprétation ne se retrouve jamais à la hauteur de la qualité visuelle.
L'acteur qui tient le rôle du personnage principal manque d'expression faciale pour dégager un charisme équivalent à ses atrocités commises. Aucune émotion ne surgit et le point à sauver ne se situe qu'à l'effusion de sang et à la direction artistique. Une image d'une netteté surprenante, un cadrage offrant de beaux plans horrifiques, une musique envoûtante et des scènes gore sympathiques bien que peu inventives.



Cet Ed Gein alimenté par la croyance judéo-chrétienne offre ce qu'il a à offrir mais la banalité de l'objet ne laissera pas une marque indélébile sur la liste des passionnés du genre. Bien que ce film particulièrement sanglant et brutal réussi dans ses bases, il devra surtout un remerciement aux effets spéciaux de Franck Schroter car c'est grâce l'efficacité des meurtres que "Absolutio - Erlosung im blut" donnera un minimum d'intérêt au spectateur déjà habitué aux torture-porn en tout genre.
Et la dimension religieuse n'est malheureusement pas toujours accentuée pour envoûter pleinement l'esprit du cinéphile avide de sensations malaisantes.



Psychologiquement, il y avait également un potentiel assez fort au sujet de notre Jesaja (Isaïe), que ce soit justement un éventuel jeu d'inversement en considérant le personnage comme un réplique négative du vrai prophète biblique, ce messager de paix jugeant les faibles avec justice. Ou bien ne serait-ce que sa volonté de vouloir faire ce qui est bien en se perdant dans sa raison illusoire de bon messager de Dieu. Le personnage n'est ni assez riche, ni assez convaincant, et on regrette de ne pas le voir assez investi émotionnellement pendant la "rédemption" de ses victimes et leur exécution. On retiendra peut-être juste l'amusante scène de confession du pasteur faites à des enfants.
Dans la même veine que "Tortura", "Psychotica" et "Cross Bearer", ce petit film indépendant a au moins le mérite d'avoir une réalisation classieuse et soignée.
Mais concernant les bouchers religieux, on se rappellera plus facilement de l'imparfait mais attachant "Perseveration" d'Adam Sotelo.

Cependant, espérons que Philip Lilienschwarz ne s'arrêtera pas qu'à ce petit projet et tentera tout de même d'offrir d'autres oeuvres plus fournies et avec une matière d'idées aussi bien modelée que sa direction artistique.









Du même réalisateur :