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Evan, un jeune homme d’une vingtaine d’années, perd sa mère Nicole des suites d’une longue maladie. Après l’enterrement, il va se saouler dans un bar en compagnie de Tommy, son seul ami. Là-bas, il pète littéralement les plombs et à la suite d’une énième bagarre, il est recherché, et pas uniquement par les forces de l’ordre. Ayant également perdu son boulot, plus rien ne le retient donc aux Etats-Unis, il choisit alors de s’exiler en Italie, là où sa mère aurait voulu se rendre un jour. Après quelques arrêts touristiques en compagnie de jeunes têtes brûlées comme lui, il s’installe seul dans une ville du sud transalpin, où il trouve du travail chez Angelo, un veuf mélancolique, mais surtout, où il rencontre Louise, une véritable « créature » de rêve…



L'AVIS :

Spring, réalisé par Aaron Moorhead et Justin Benson (duo à qui l’on doit notamment "The endless" et un court-métrage de "V/H/S viral" »), était le gagnant en 2014, du prix du public du PIFFF, lui conférant donc un certain gage de qualité. Ces deux réalisateurs américains arrivent toujours, malgré un manque de budget évident, à construire des histoires fantastiques et réalistes avec trois fois rien. Comment vont-ils procéder cette fois-ci ?

Depuis les années 2000, la « rom com », entendez par là « comédie romantique », touche également le cinéma fantastique ou d’horreur, à l’instar de films comme ceux de la saga "Twilight", ou encore "Fido", "Warm bodies" ou dans une moindre mesure "Night of the living Deb", présentant tous un couple qui va essayer de s’aimer malgré un événement horrible pouvant nuire à cet amour. Mais si la plupart du temps, l’événement en question est lié de près ou de loin à une épidémie de zombies, de vampires ou autres loups-garous, force est de constater qu’il en va tout autrement dans Spring. Ici, c’est le thème de la créature fantastique, du monstre comme dans "La belle et la bête", qui est exploité au service de l’histoire d’amour et qui servira d’obstacle majeur à franchir entre les deux passionnés. Les réalisateurs ont bien pris le soin de travailler la mythologie de cette créature (au design remarquable lors de ses diverses transformations et ce, malgré un faible budget !) et l’on découvre, en même temps que le personnage principal, les particularités physiques de cette belle et attirante jeune femme torturée entre son instinct quasi animal et les sentiments nouveaux qu’elle ne connaît pas, suscités par sa rencontre avec Evan.



Ainsi, le début de Spring, est prometteur avec ce jeune américain qui voit sa mère rendre son dernier souffle et qui, après divers événements malencontreux, est obligé de changer d’air. Il choisit ainsi l’Italie. C’est touchant et sobre à la fois. Puis, il va rencontrer une véritable déesse en la personne de Louise qui va complètement l’ensorceler et on le comprend carrément le bougre, car comment, en effet, résister aux charmes de cette beauté fatale !? Outre le lieu idyllique (le sud de l’Italie, près de Bari), une bande originale éthérée, la photographie et l’éclairage sont magnifiques, alors que le duo d’acteurs est superbe. Lou Taylor Pucci (déjà vu dans "Les cavaliers de l’apocalypse", "Infectés" et "Evil Dead (2013)" de Fede Alvarez, a d’ailleurs reçu le prix du meilleur comédien pour son interprétation d’Evan au Festival du cinéma fantastique d'Austin) et Nadia Hilker (les séries "The walking dead" et "Les 100", mais également "Divergente 3 : au-delà du mur") sonnent très justes et animent parfaitement ce récit d’amour qui ne tombe jamais dans l’ennui ou dans la romance bon marché. Grâce à eux, on y croit du début à la fin et les protagonistes se parlent vraiment et l’on assiste de fait à une histoire qui se construit réellement au lieu d’avoir des plans de caméra elliptiques cherchant à capter ce genre d’instant magique qui dure souvent une éternité.



Tous ces éléments confèrent donc à l’ensemble le statut d’œuvre à découvrir car cela ressemble à un conte des temps modernes à mille lieues des édulcorés opus de « Twilight » et autres productions estampillées Disney ! Et la plus grande force de ce film est la façon dont il traite son sujet : on s’attache directement aux personnages et à leur romance qui est finalement bien plus. Le travail scénaristique est impeccable au niveau du développement des protagonistes et cela fait tout le sel du film qui ne se cantonne pas à rester en surface, car l’histoire d’amour décrite est stimulante, légère et belle, tout simplement.

De fait, ce long-métrage du duo Benson/Moorhead est très intéressant et sa principale force réside dans le secret de la charmante italienne car on veut à tout prix savoir ce qui lui arrive physiquement. Mais si ce mystère tient éveillé pendant un certain temps, sa révélation marque un point de rupture du métrage car à partir du moment où les réalisateurs nous donnent une explication, (assez énigmatique d’ailleurs !), la romance perd un peu de son intérêt à cause de dialogues longs et dispendieux entre les deux amoureux. Honnêtement, Spring, aurait gagné à être plus court d’un bon quart d’heure car il tourne un peu à vide le temps d’une ou deux conversations explicatives, même si les puristes diront qu’elles sont nécessaires à l’empathie des spectateurs et à ce que l’on croie à cette histoire d’amour peu conventionnelle !



Au final, Spring est une œuvre atypique donnant une certaine fraîcheur aux relations amoureuses entre jeunes adultes consentants à découvrir. C’est bien joué, les backgrounds des principaux protagonistes sont assez bien écrits et c’est esthétiquement magnifique et inspiré. Et malgré quelques longueurs et autres dialogues un poil allongés, Aaron Moorhead et Justin Benson sont devenus assurément des réalisateurs à suivre !









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