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Henry Chagall est un scientifique mécontent qui souffre d'impuissance. Sa triste situation le conduit, avec son assistant handicapé, Hans, à explorer des méthodes inhabituelles, notamment l’expérimentation de nouveaux cadavres. Henry réussit enfin à réanimer les organes reproducteurs d'un homme décédé en lui injectant un fluide volatile. Bien qu'il faudra une décennie pour utiliser en toute sécurité sur des sujets vivants, Chagall décide de tester le sérum sur lui-même.



L'AVIS :

Il est évidemment inutile de rappeler le contenu du roman "L'étrange cas du docteur Jekyll et M. Hyde", classique incontournable de la littérature gothique adapté d'innombrables fois sous toutes les coutures. Cette histoire de double personnalité causée par une substance d'expérimentation est passé entre les mains du réalisateur italien Domiziano Cristopharo ("House of flesh mannequins", "Red Krokodil", "Doll Syndrome") pour être réinterprétée sous un registre érotique.

Ouvertement inspiré des films de Joe D'Amato, "Hyde's secret nightmare" se dévoile en tant que film érotico-horrifique en maintenant constamment un équilibre entre les séquences charnelles non simulées, l'atmosphère fantastique et les séquences gore. Se rapprochant parfois du film culte "Re-animator", cet intriguant objet filmique ne s'écarte pas de son but premier à installer une histoire purement fantastique. Mais il s'habille également sans cesse de plusieurs séquences érotiques, plongeant parfois dans la pornographie, touchant autant un public homosexuel qu'hétérosexuel. Domiziano, comme à son habitude, prend le temps de filmer le corps humain avec une sublimation propre à lui grâce à l'esthétisme de ses éclairages et de ses décors au lieu d'entrer dans l'horreur brute et radicale.



A côté de ce personnage sexuellement impuissant qui tente de retrouver son pouvoir phallique, plusieurs sujets et histoires parallèles font leur apparitions et se superposent les unes sur les autres souvent de manière maladroite, ce qui engendrera un problème de rythme un peu plus important au vu des 2h de visionnage. Si le potentiel de certains dialogues sur la sexualité vaut le détour, le développement de l'histoire et de la psychologie du personnage principal changeant de sex au cours du film est particulièrement labyrinthique et risque d'en perdre certains.

Un film d'exploitation qui se construit étrangement et qui ne manque pas de jouer sur différents niveaux de violence et de déviance. Sous ses aspects sensuels et libertins, "Hyde's secret nightmare" plonge dans la nécrophilie craspec et dans la mutilation d'organes masculins sans suggestion, ni retenue.

Aussi explicite que sa sexualité, la violence de ce film aura de quoi faire serrer les dents aux mâles spectateurs non habitués.



Ce film d'horreur/fantastique déguisé en film érotique/pornographique tente de s'élever à travers ses thématiques psychosexuelles mais échoue à quelques reprises lors d'essais moralisateurs à deux doigts de frôler l'échelle du nanars, mais se rattrape vite par la contemplation d'une atmosphère sensorielle similaire à certaines références du cinéma bis italien alimentant la puissance visuelle et mystique de ce film choc énigmatique.

Le public visé ne sera que réduit au vu de l'inégalité de l'ensemble, car si les scènes horrifiques possèdent un certains degré de déviance, l'érotisme a en revanche plus tendance à exhiber le corps d'un homme que celui d'une femme et pousse parfois trop loin pour jouer les nuances avec l'ambiance fantastique globale. Même avec la meilleure volonté d'offrir un érotisme magnifié, le réalisateur se perdra dans son mélange et l'image imparfaite de son exercice de style empêchera d'apprécier pleinement le développement de l'intrigue trop souvent étouffé par les pénis qui ont l'air vouloir voler la vedette à l'onirisme fantasmatique. Cependant, on retiendra certaines réflexions intéressantes de la part du scientifique sur sa recherche au bien-être par la sexualité, et on se souviendra plus particulièrement de l'excellente musique ambiante qui accompagnera le spectateur dans les couloirs fantasmagorique du fétichisme le plus diversifié.



Cette œuvre sexuellement macabre mérite tout de même l'attention des bisseux qui raffolent des films d'exploitations des années 70-80, à condition que leur exigences restent cachées dans l'ombre face au déferlement de scènes à caractères pornographiques et aux tendances particulièrement malsaines, car le jonglage cause facilement un défaut de rythme assez problématique et risqué. Ceux qui porteront leur attention jusqu'au bout du long-métrage auront néanmoins un sentiment d'avoir découvert une œuvre visuellement réussie à la fois unique et classique, à la fois excitante et malaisante...

L'hommage à Joe D'Amato est honorable et j'encourage Domiziano Cristopharo à s'améliorer davantage dans la conjonction des genres, érotisme et horreur, sur le plan du fantastique.