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Henry, un adolescent comme tant d’autres, a été déposé à la dernière minute chez Jacob, son grand-père vivant au fin fond de l’Alberta glacial, par ses parents qui doivent voyager à l’autre bout du pays pour des funérailles. Sa maman est en froid avec le vieil homme depuis la mort de sa propre mère, mais Jacob accepte néanmoins de l'aider et, bien qu'il ait immédiatement mis le garçon au travail – le papy a une ferme à exploiter – il fait également preuve de sympathie à son égard, en lui préparant le dîner et en lui apprenant deux, trois lancés de balle au baseball. Mais lorsque des circonstances fortuites font en sorte qu'Henry se retrouve seul à la ferme et qu’un voisin trop amical s'avère une menace potentiellement mortelle, le garçon devra alors faire preuve de toute son ingéniosité pour survivre…



L'AVIS :

Henry est apparemment un enfant typique, collé à ses jeux vidéo et à son téléphone portable, pas particulièrement heureux d’être largué dans une ferme isolée alors que ses parents partent en catastrophe à un enterrement et vont tenter également de recoller les morceaux de leur couple sur le déclin. Il est encore moins le bienvenu quand on sait que le grand-père Jacob est du genre taciturne et qu’il n’est pas en bons termes avec sa fille. Mais ses géniteurs ne semblent pas avoir d’autre option et l’adolescent est donc déposé dans la maison rurale du veuf, dans un paysage glacé et dépourvu de gaieté où Jacob le met immédiatement au travail avec des tâches inhabituelles et où les options de divertissement ne sont pas légion. Pour couronner le tout, Henry, se rendant vite compte qu'il a oublié son chargeur et que Jacob n’a pas de téléphone, va se trouver seul de manière inattendue alors que l’unique personne vers qui il peut se tourner n’est autre que le voisin Dixon. Ce dernier, traité comme un animal par le grand-père on ne sait trop pourquoi, semble sympathique en apparences, mais celles-ci sont souvent trompeuses ! Tout cela est d’autant plus dommage que le gamin semblait apprivoiser petit à petit son papy (répétez cette phrase dix fois super vite !) qui commençait à s’ouvrir à lui…



Qu’on se le dise tout de suite, Knuckleball est un petit thriller qui, comme un diesel, va doucement au début, mais qui construit progressivement sa tension jusqu’à changer de vitesse à mi-parcours. Le réalisateur Michael Peterson ne cache pas ses influences avec un certain nombre de scènes qui rendent clairement hommage à l’isolement enneigé de "Shining". L'atmosphère est construite efficacement et l'emplacement extrêmement froid aide à vendre le drame. La pièce maîtresse du film intervient lorsque Henry installe des pièges mortellement créatifs pour Dixon, rappelant une petite ambiance à la « Maman, j’ai raté l’avion » mâtiné de "36-15 code père Noel" car le méchant n’a rien à voir avec Joe Pesci !

Il est d’ailleurs incarné par Munro Chambers (vu pour la dernière fois comme l’héroïque "Turbo Kid" !) qui donne une performance terriblement tordue et montre qu’il est bon acteur même si on pourra reprocher aux scénaristes de le montrer dès le début comme potentiellement dangereux, mais bon nous devons accepter qu'un jeune homme de 12 ans ne soit pas encore capable de repérer le danger chez quelqu’un, auquel cas, le film aurait pu perdre toute crédibilité s'il était allé trop loin dans l'autre sens. Dans le rôle d’Henry justement, on découvre Luca Villacis arrivant à parfaitement dévoiler ce que cela signifie d’avoir douze ans sans rebuter les spectateurs adultes. Par son jeu talentueux, il nous laisse apprécier sa vulnérabilité physique voire émotionnelle, mais aussi son désespoir tout comme sa vivacité d'esprit et son ingéniosité que trop de gens perdent malheureusement à l'âge adulte. C’est pour cela qu’il est tout à fait crédible quand il se débrouille tel un militaire surentraîné ! Il ne sera donc pas une victime facile parce qu'il travaille pour assurer sa survie et découvrira graduellement les raisons pour lesquelles tout cela se produit, ce qui confère au film une certaine noirceur. Quoi qu’il en soit, c’est le genre de film qui pourra inciter les parents à encourager leurs enfants à jouer à des jeux vidéo plus violents ! Notons également la présence de Michael Ironside ("Watchers", "Total recall", "Starship Troopers", "Turbo kid"), une « tronche » qu’on connaît bien et qui accorde une gravité suffisante à un personnage insuffisamment dessiné dans l'écriture car assez peu présent au final...



Peterson, dont c’est vraisemblablement là le métrage le plus « budgétisé », sait ainsi très bien créer le suspense et nous invite à avoir peur des objets banals dès les premières scènes voire de certains décors (cf. la grange fermée comme l’excellent dans "The visit"), bien avant que toute menace ne se soit manifestée. Il nous maintient constamment en haleine, avec des séquences énervantes et lentes entre les scènes d’action - il y en a beaucoup - dont certaines assez horribles. Il nous donne juste assez d’informations pour conférer un sens à l’intrigue plus vaste et à la signification horrible des choses entrevues en passant sans trop longue exposition des faits. De manière cruciale, notre identification avec Henry n’est jamais rompue par l’invitation à comprendre des choses qu’il ne peut lui, saisir, et regarder le garçon forcé de faire face à la cruauté d’autres êtres humains est aussi troublant que de le voir obligé de se battre pour sa survie. Knuckleball s’avère donc un thriller au sens strict du terme, même s’il s’agit, littéralement, d’une prise de balle pour lancer celle-ci au baseball (honnêtement, avant de visionner ce film, je ne savais pas ce que voulait dire le titre !) !



Knuckleball est ainsi un savant mélange entre « Maman, j’ai raté l’avion » et "36-15 code père Noel" avec un soupçon de "Shining" qui met en scène un gamin fan de jeux vidéo et débrouillard faisant preuve d’ingéniosité afin de se débarrasser d’un intrus qui en a après lui physiquement. L’action monte crescendo ainsi que l’angoisse jusqu’à un final riche en révélations. Même, si certaines scènes sont parfois un peu longues, qu’il aurait pu être un peu plus développé côté intrigue et background de certains personnages, ce film à petit budget réussit son but : nous effrayer un minimum et nous montrer le Canada champêtre, c’est déjà pas si mal !










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