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Un groupe d’escrocs écume l’Irlande au début du XXème siècle avec un spectacle mettant en scène de fausses créatures (sirène, zombie, sœurs siamoises...), engrangeant de bien sympathiques recettes sur le dos de malheureux visiteurs persuadés de voir en chair et en os des monstres mythiques. Après avoir raccompagné un de leurs visiteurs jusque chez lui, un couple de filous faisant partie de la troupe d’itinérants découvre que cette personne garde prisonnière une véritable sirène. Impossible pour notre escroc de ne pas s’imaginer les liasses de billets que pourrait rapporter cette splendide créature semi-aquatique : la nuit suivante, dans le dos de sa chère et tendre, il va dérober la sirène pour l’embarquer sur un grand bateau direction les Etats-Unis. Mais ce qu’il ignore, c’est que cette créature a un goût prononcé pour la chair humaine...



L'AVIS:

Après les chroniques de "teenage caveman" et "earth vs the spider (2001)", je reviens vers vous avec cette fois-ci "she creature" (intitulé chez nous "la sirène mutante", mouais...), toujours dans la série des Creature Features. Des productions Stan Winston / Lou Arkoff / Colleen Camp inspirées de films des années 50 (ici un film de 1956 d’Edward L.Cahn intitulé "the she-creature") dont ils reprennent l’idée de départ et le titre pour ensuite reconstruire une nouvelle histoire.

Souvent considéré comme le meilleur des Creature Features, "she creature" ne pouvait que passer entre nos mains à horreur.com pour une petite analyse rapide, histoire de vérifier tout le bien que l’on pense de ce film sur la toile.
Alors, qu’en est-il exactement du film de Sebastian Gutierrez ? Réponse ci-dessous !



Avec ses premières minutes rappelant sans hésitation l’excellentissime « freaks – la monstrueuse parade » (avec son cirque itinérant mettant en vedettes des monstres de foire) ou encore les productions Hammer (lors de la séquence introductive du film ou lors de la visite d’un vieux château quelques minutes plus tard), ce "she creature" commençait assurément sous les meilleurs auspices.

Et le film de Sebastian Gutierrez continuera à nous enchanter par la suite avec notamment cette ambiance bien rendue, anxiogène au possible dans certaines séquences sombres et inquiétantes qui viennent ponctuer par moments ce huis clos maritime (impossible de s’échapper de ce bateau en pleine mer), sous-genre déjà vu par le passé évidemment mais pas tant exploité que cela finalement quand on y réfléchit bien (on pense aux très bons "un cri dans l’océan", "triangle" et "virus", mais également au sympathique "le vaisseau de l’angoisse", au mauvais "rec 4 apocalypse" ou encore à la première partie d’un certain épisode de Jason rendant une petite visite aux New-yorkais...).

Une ambiance permise par une sirène des plus inquiétantes et énigmatiques dont les apparitions dans son bassin mélangeant poésie (quelle musique de fond notamment !) et fantastique, fascination et répulsion, sauront vous envoûter à votre tour !
Un monstre qui a tout à fait sa place auprès des meilleures prédatrices du cinéma fantastique (on peut penser à "la mutante" ou "la féline" par exemple), car en plus de nous plonger agréablement en plein univers Lovecraftien (notamment pour son monstre de fin), cette créature nous montre qu’elle peut être dangereuse même enchaînée et enfermée dans un bassin d’eau (son cri strident paralyse ses proies, ses pouvoirs télépathiques lui permettent de s’accaparer les esprits d’autres personnes, sans oublier qu’elle peut devenir humaine lors de certaines pleines lunes et même générer des perturbations métaboliques chez certaines personnes...).



Une sirène qui nous gratifiera notamment d’une métamorphose faciale très réussie (indéniablement le meilleur passage du film en matière d’effets spéciaux qui n’a rien à envier à certaines transformations en loup-garou déjà vues dans d’autres films et qui montre là tout le talent des studios du regretté Stan Winston) dans un dernier chapitre où cette dernière donnera naissance à un monstre semi-aquatique bien plus proche d’un Alien que d’une sirène mais venant ici donner de bien belle manière la pierre finale à l’édifice Lovecraftien érigé !
Comme toujours, du bon boulot en termes de SFX dans cette série des Creature Features !

On regrettera toutefois quelques lenteurs dans le scénario, notamment dans le milieu du long-métrage, et une fin de film à la narration maladroite (entendons par là quelque peu puérile). Rien de bien dommageable cependant mais le gros bémol selon moi réside dans le fait que la plupart des meurtres perpétrés par notre sanguinaire sirène se font avec une vue subjective « balançante » teintée de rouge et ne laissant strictement rien apparaître...
Ne rien voir des meurtres n’est pas le problème en soi (nous ne sommes pas obligés de tomber dans le sanguinolent et le graphique lorsqu’un meurtre est commis dans un film fantastique) mais c’est plutôt leur mise en scène faisant « très fauché » qui déçoit (même si nous savons pertinemment que les longs métrages tirés de cette série des Creature Features sont faits avec des budgets minimalistes) alors qu’esthétiquement le film n’avait vraiment pas grand chose à se reprocher mis à part cela...



Mêlant les univers de Lovecraft et de la Hammer, ce "she creature" version 2001 est un film agréable à suivre, à l’esthétisme propre et au jeu d’acteur convaincant. Cette sirène, cœur de nos préoccupations ici, saura vous fasciner, vous intriguer, vous inquiéter mais également vous effrayer tout au long du film de Sebastian Gutierrez qui reste effectivement supérieur aux opus "teenage caveman" et "earth vs the spider (2001)" dans la série des Creature Features (votre rédacteur n'a pas encore vu les deux autres de la série mais ne manquera pas de vous tenir informés le moment venu), et ce malgré une fin un brin décevante (une narration puérile) et des meurtres très mal mis en avant...








Du même réalisateur :

SIRENE MUTANTE - LA
RISE