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Quarante ans après les meurtres de la nuit du 31 octobre 1978 à Haddonfield, Laurie Strode vit quasiment en recluse, redoutant le retour de celui qui a brisé sa vie, Michael Myers.



L'AVIS:

Après avoir fini assez mollement sa partie classique avec "Halloween resurrection" de Rick Rosenthal en 2002, et de connaître avec réussite des relectures sous la direction de Rob Zombie ("Halloween 2007" et son "Halloween 2 (2009)"), la franchise Halloween connaît un lifting. Une sorte de mise à jour quarante ans après du film culte de John Carpenter. Ce n'est pas la première fois qu'on nous fait le coup de la Laurie Strode combattante et prête à dégommer celui qui était alors considéré comme son frère, le tueur mutique au masque impavide, Michael Myers (Cf "Halloween 20 ans après"). Jouant sur le fait que le spectateur n'a pas trop de mémoire et sur un nouveau public qui n'a pas forcement vu les opus précédents, la société Blumhouse ("Insidious", "Sinister", "Happy birthdead"…), spécialiste du film d'horreur à petits budgets, a décidé de relancer une saga qui n'avait plus vu de nouveaux épisodes depuis 2009. Mais cette fois-ci, il est décidé de faire une suite qui renouerait avec le film originel, et qui oublierait l'existence de toutes les séquelles.

D'abord envisagé sous le titre de travail d' Halloween returns, le film qui échoit à David Gordon Green, -envisagé pour réaliser le "Suspiria (2018)"-, finira par s'appeler tout simplement Halloween. La volonté de rendre hommage au film de 1978 et à son créateur va provoquer le retour inattendu de John Carpenter en personne qui va ré-arranger avec son fils la musique intemporelle accompagnant chaque nouvel épisode. Carpenter avait abandonné tout lien avec la franchise depuis "Halloween 3: le sang du sorcier" en 1982. C'est donc un petit événement en soi. L'autre retour, c'est celui de Jamie Lee Curtis, qui n'en est pas à son premier come-back puisqu' après la première suite, "Halloween 2", elle est déjà revenue pour "Halloween 20 ans après" et "Halloween resurrection".



Mais qu'en est t-il précisément de ce onzième Halloween?
Commençons par les qualités du long-métrage.
Le personnage de Laurie Strode est clairement au centre du scénario et le travail qui est fait sur son traumatisme nous montre que la fameuse nuit du 31 octobre 1978 a détruit sa vie et que même si elle a eu une fille, elle l'a élevée dans un monde de peur et de violence, se préparant au retour du tueur. Les scènes avec sa fille et sa petite-fille sont assez touchantes. Cette volonté de creuser son profil psychologique fait que le film prend son temps avant que Michael Myers n'entre en action. Une première à ma connaissance dans une saga qui a souvent débuté par un ou des meurtres. Cela n'enlève rien au rythme frénétique qui va s'ensuivre puisqu'une fois la machine à tuer enclenchée, on ne s'ennuie quasiment jamais : mention spéciale à une dernière partie sous forme de cache-cache dans la maison/bunker de Laurie Strode.
Parmi les autres protagonistes, il y a la bonne idée d'introduire un duo de journalistes qui permettent au film de nous montrer une scène extrêmement dérangeante dans l'asile de Smith's Grove.



Passons aux aspects moins réussis de ce film et force est de reconnaître qu'ils sont plutôt nombreux.
A part Laurie Strode, on a du mal à s'attacher au reste de sa famille, tellement leurs personnalités sont à peine survolées. Donc, difficile de s'inquiéter pour le sort de la plupart des victimes de Myers. D'autant plus que le réalisateur ne crée pas de tension lors des attaques de Myers. Peu aidé par le parti pris de nous monter sa présence dans tous les plans (il n'est plus The Shape) , il en devient un tueur frappant sans jouer avec ses proies comme il a su le faire par le passé. Il passe d'une maison à une autre, mais le spectateur sait à l'avance où il se trouve. Curieux d'avoir fait le choix de désamorcer l'effet de surprise.
Le scénario n'est pas non plus d'une grande inventivité, se contentant le plus souvent d'être le miroir inversé du premier film : l'évasion des malades mentaux (magnifique scène bénéficiant d'un éclairage des plus réussis), une scène dans la classe où se trouve Alysson qui regarde par la fenêtre, à un autre moment Laurie Strode tombe par la fenêtre et disparaît quand Myers se retourne, un jeune épinglé au mur comme l'une des victimes d'"Halloween, la nuit des masques", le corps sous un drap,etc etc... Les redites sont nombreuses mais avec la particularité d'inverser les rôles entre traqué et chasseur. Laurie Strode devient celle qui traque la bête, le Mal comme le dit le psychiatre, une sorte d'ersatz du pauvre du Dr Loomis, qui sera sacrifié lors d'un retournement de situation très mal amené et n'ayant guère de sens.



Il y a à boire et à manger dans le "Halloween (2018)". Même la présence iconique de Myers se fait attendre et nous sera présenté de manière inquiétante que bien tardivement.
Les fans de slasher movies seront toutefois aux anges car le long-métrage ne lésine pas sur les meurtres gores et offre son quota de victimes.
Le film manque de personnalité pour convaincre totalement de son utilité mais se rattrape dans sa dernière partie qui donne un peu de sens aux péripéties que l'on vient de vivre.

Vu le démarrage exceptionnel de cet épisode au box-office américain, gageons que l'on devrait entendre parler de nouveau de Michael Myers et de cette fameuse nuit d'Halloween.








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