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Auteur
Jeremy Belando

Editeur
Editions Ocrée

Date de sortie
2018

Nombre de pages
144

Langue
français

Couleur
Non



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Moyenne: 5.6
(7 votes)


Règne des tueurs psychopathes, des demoiselles en danger, des scènes gores jubilatoires, le Slasher est un sous-genre encore méconnu en France. Et pourtant c’est l’un des plus cools de l’histoire du septième art. Avec des fans comme Quentin Tarantino, Kevin Smith et des réalisateurs vedettes comme John Carpenter, Sean S. Cuningham et Wes Craven, vous allez devenir des experts de ce type de cinéma. Des règles scénaristiques aux styles de mises en scène hallucinants, vous saurez absolument tout sur les « Slashers Movies ». En effet, cet essai transmet la passion absolue d’un véritable fan. Ce regard d’expert est indispensable pour qui veut explorer cet univers parallèle du cinéma.

L'AVIS :

Créées en Mai 2016 à Roquebrune Cap Martin, les Éditions Ocrée – Maison d’Édition généraliste à compte d’éditeur – souhaitaient dans un premier temps partager avec le lecteur un genre encore méconnu en France : le scénario de film.

Depuis, Ocrée n'a pas hésitez à se diversifier un peu, preuve en est avec leur dernière parution. En effet, Les slashers ou la pureté cinématographique est un essai sur ce genre tant apprécié (ou décrié) des amateurs de cinéma d'horreur : le slasher movie.

Passionné par le genre du slasher, Jérémy Belando nous livre donc un essai sur ce thème. En 144 pages, Jérémy Belando va donc nous parler slasher movie et faire partager aux lecteurs sa vision du genre.

Une petite introduction de 12 pages nous explique sa démarche et son raisonnement, sa vision du genre. Une mise en bouche intéressante même si j'aurai aimé, pour le lecteur néophyte dans le domaine, un peu plus de précision sur les débuts du slasher movie. L'auteur considère en effet que le premier slasher est le "Hallowwen" de John Carpenter (1978). Il est dommage de ne pas avoir évoqué "Six Femmes pour l'Assassin" (giallo qui possède quelques codes des slashers à venir) et surtout de ne pas avoir mis en avant trois œuvres qui ont quand même posé de sacrés bases pour le genre. Je parle bien sûr de "La Baie Sanglante" de Mario Bava (1971) et dont l'importance pour le slasher n'est plus à mettre en doute, "Torso" de Sergio Martino (1973) et "Black Christmas" de Bob Clark (1974). Trois œuvres fondatrices, qui définissent déjà des codes qui seront popularisé et amélioré effectivement par "Halloween" en 1978 et "Vendredi 13" en 1980.

La première partie de l'ouvrage va nous parler de ce que l'auteur appelle "les slashers purs". Une partie très intéressante, qui se focalise beaucoup sur le film "Halloween" de Carpenter et sur la saga "Vendredi 13". L'auteur nous explique les règles, les codes mis en place dans ces films références, à savoir : présence d'un tueur fantomatique, insaisissable, mystérieux et masqué ; une moralité douteuse puisque les personnages ayant une vie dissolue, avec consommation de sexe et d'alcool, finissent invariablement par périr ; un rythme lent et une présence musicale, associé à une mise en scène épuré, dont le mélange permet une montée de la peur chez les spectateur ; la présence d'une "final girl", ultime survivante, vierge la plupart du temps, qu'on identifie rapidement et qui deviendra la Némésis du tueur ; un lien fort avec l'ambiance du "teen movie", avec des personnages crétins et ne pensant qu'à faire la fête et à s'amuser ; une simplicité dans la narration, dans la structure, très souvent composée d'une scène d'introduction présentant un trauma d'enfance et un meurtre puis un bond dans le futur avec présentation des protagonistes qui deviendront de la chair fraîche pour le tueur, identification de la "final girl", scènes de meurtres et élimination progressive de l'ensemble du casting et enfin affrontement final entre la survivante et le tueur. C'est justement cette propension à se montrer simple et limpide dans sa structure qui fait dire à l'auteur que le slasher est une forme cinématographique pure.

Dans une seconde partie, il nous parle de ce qu'il appelle les "slashers impurs", c'est à dire des slashers possédant une narration complexe, largement moins épuré. Il met en comparaison les slashers "classiques" des années 80 face à la vague de néo-slashers apparu depuis 1996 suite au succès du "Scream" de Wes Craven et trouve que, malgré quelques réussites indiscutables, cette nouvelle forme de slashers mise trop sur une mise en scène tapageuse, avec un montage au hachoir, censé dynamiser l'action mais faisant perdre toute notion de peur aux spectateurs. Dans cette première partie, l'auteur nous parle également de "Massacre à la tronçonneuse", de "Wolf Creek", de "Boulevard de la Mort", des "Griffes de la Nuit", de la saga "Hostel" et de la saga des "Destination Finale", slasher quasi ultime puisque le tueur est la Mort elle-même ! Il met en avant les changements de règles et de codes, ou du moins certaines variations que "Scream" et la vague des neo-slashers ont apporté au genre.

Enfin, dans une troisième et dernière partie, Jérémy Belando s'intéresse au contexte social mis en avant dans le slasher. Car oui, malgré les apparences, le cinéma fantastique et le cinéma d'horreur, et donc même les slashers, possède souvent un sous-texte social, mettant en lumière la face caché de l'Amérique la plupart du temps. Comme le dit très justemùent l'auteur, ce n'est pas nouveau puisque déjà dans les années 50, le cinéma de science-fiction mettait les spectateurs en garde contre les dangers du nucléaire par exemple. L'auteur analyse intelligemment "Massacre à la Tronçonneuse" et à nouveau "Halloween", mais aussi "Hostel" et "Scream", nous éclairant sur le sous-texte social inséré dans leur film par les réalisateurs.

Rédigé de manière simple et assez agréable à lire, cet essai de Jérémy Belando mérite une lecture pour qui veut approfondir ses connaissances sur le slasher et ses codes. Le fan sera peut-être un peu décontenancé de ne pas voir apparaître plus de slashers 80's au cours de cette lecture mais comme l'explique Jérémy Belando, la mise en avant des slashers autres que les fondateurs ne seraient que redite puisque reprenant à leur compte les codes et les règles imposés par "Halloween" et "Vendredi 13". Dommage par contre que l'auteur n'ait pas fourni une filmographie plus poussé des slashers existants en fin d'ouvrage, permettant aux néophytes de découvrir tout ce qui s'est fait et se fait en la matière. En tout cas, la plupart des points abordés par l'auteur m'ont assez plu et j'ai trouvé enrichissante la lecture de son essai, ce qui est bien le principal.

Disponible à cette adresse : https://www.editions-ocree.fr/catalogue/les-slashers-ou-la-purete-cinematographique

4/6 - Stéphane Erbisti