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Alors qu’ils squattaient le sous-sol d’un immeuble du Bronx, un gang de toxicomanes est arrêté par la Police suite à la dénonciation d’un habitant du bâtiment. Relâchés après quelques heures passées au commissariat, ces voyous violents vont revenir dans cet immeuble pour se venger de ses occupants. Etage après étage, ils vont terroriser et tuer les malheureuses personnes vivant dans ces logements précaires...



L'AVIS:

Roberta Findlay est une bonne bisseuse comme on les aime. Avec des films comme "snuff" (1976), "tenement" (1985) ou encore "blood sisters" (1987), notre terrible américaine a fait de l’œil à l’éditeur indépendant Uncut Movies qui a sorti en dvd les deux derniers films cités juste avant.
Et c’est justement de "tenement" (que nous traduisons par « immeuble »), alias "game of survival" ou encore "slaughter in the south Bronx" (deux titres bien plus explicites en ce qui concerne le contenu du dit-film), dont nous allons parler aujourd’hui dans cette petite chronique.

Classé X par la Motion Picture Association of America, preuve que le film baignait dans une violence déconseillée aux moins de 17 ans à l’époque de sa sortie (rassurez-vous, encore aujourd’hui nous ne montrerions pas ce film à de jeunes spectateurs), "game of survival" est un petit film d’exploitation devenu culte avec les années et nous dépeignant l’insécurité qui règne dans certains quartiers malfamés de New York, plus particulièrement ici dans le Bronx.

Avec "game of survival", notre réalisatrice revient en quelque sorte sur son enfance durant laquelle elle a grandi dans un quartier chaud de New York, tout comme nos protagonistes ici plongés en plein Bronx. Séduite par le script de Rick Marx et Joel Bender, Roberta Findlay nous offre là un film dans lequel l’insécurité côtoie la pauvreté, un environnement qu’elle connait bien et qu’elle va tenter de retranscrire dans ce film choc des années 80.



Même si "game of survival" ne cherche pas à développer une véritable critique sociale (Roberta Findlay se contente de nous plonger dans une histoire de vengeance dans laquelle des voyous vont assiéger un immeuble duquel ils avaient été expulsés quelques heures auparavant, accumulant les sévices, tortures et meurtres en tous genres), la précarité voire la grande pauvreté imprègne nos rétines tout au long du film.

Car c’est dans cet immeuble paumé au beau milieu de terrains vagues, vieux et tagué de partout, que nous allons vivre les mésaventures de malheureux locataires pris au piège par une bande de loubards. Un immeuble qui transpire la précarité avec sa cage d’escalier lugubre, son sous-sol humide et peuplé par les rats, ses appartements défraîchis aux murs et plafonds sales et aux portes d’entrée qui menacent de s’écrouler au moindre coup de pied...

Le lieu parfait également pour renforcer ce sentiment d’insécurité recherché par Roberta Findlay (il est si facile d’être piégé dans un immeuble comme c’est le cas par exemple dans "la horde", "demons 2", "the raid" et autre "comedown" par exemple), nos pauvres familles étant contraintes de gravir les étages les uns après les autres (jusqu’à être piégées tôt ou tard tout en haut du bâtiment...) pour échapper aux assaillants qui investissent les niveaux au fur et à mesure que notre histoire avance.
Une insécurité d’autant plus prononcée que même dans les appartements les locataires ne sont pas à l’abri, les portes d’entrée de chaque logement étant forcées voire carrément explosées par ses voyous animés par la drogue, le sexe et ultra-violence.



D’un côté nous avons des voyous sans pitié, bêtes et méchants, prêts à tout pour terroriser puis assassiner les résidents de cet immeuble. Anecdote intéressante, de vrais voyous jouent dans ce film dont le tournage fut surveillé par la Police (d’autant plus que l’une des protagonistes était la femme d’un commissaire du coin).

Du côté des malheureuses victimes, l’insécurité et la précarité sont clairement mises en avant, chaque locataire de l’immeuble ayant sa petite touche de singularité renforçant cette sensation d’impuissance voire de grande fragilité (un aveugle, une jeune femme enceinte, une femme un brin paumée se prostituant pour payer la drogue de son ami camé, une vieille dame, des enfants, un alcoolique crasseux et peureux semblant être le concierge de l’immeuble...). Une belle brochette de personnages semblant incapables de se défendre face à ces loubards maniant pour la plupart des armes blanches.
Seul un black courageux et quelque peu discret (rappelant le héros d’un certain film de 1968 de George A. Romero avec des zombies...) sort du lot et aidera les autres à résister à cette menace indéniable.
Dommage toutefois que tous les locataires de l’immeuble n’interagissent que trop peu entre eux, voire même avec les voyous, le scénario ne mettant pas suffisamment en valeur à mon goût la singularité de certains personnages (par exemple, nous aurions pu voir notre peureux concierge retourner sa veste et aider les assaillants...).

Viol avec un balai, électrocution, coups d’opinel, plantage de canif dans les bijoux de famille, empalement à l’aide d’une barre de fer, gorge tranchée, overdose brutale, chien poignardé puis pendu... "Game of survival" ne fait clairement pas dans la dentelle et méritait amplement son classement X lors de sa sortie en salles.

Et malgré le côté très amateur de ce film d’exploitation (des interprétations bien moyennes, des acteurs qui n’en sont pas vraiment...) cassant quelque peu l’ambiance anxiogène qui aurait pu découler de ce type de scénario (les acteurs jouant les voyous ne font pas vraiment peur et font plus penser à des grands cabotins), on ne peut toutefois pas dire que l’on s’ennuie devant "game of survival" en raison de cette accumulation de scènes chocs (sous fond de musiques mêlant heavy metal et hiphop notamment), certes faciles mais répondant au cahier des charges que s’était manifestement fixé la réalisatrice en quête de sensations fortes pour son public.



Certes, le film a quelque peu vieilli mais n’a presque rien perdu de son efficacité pour nous dépeindre la violence des gangs dans certains quartiers malfamés et très pauvres de New York dans les années 70-80. Tortures, viol, meurtres... "Game of survival" méritait bien son classement X lors de sa sortie en salles aux Etats-Unis et reste un film culte à posséder assurément dans sa dvdthèque.








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BLOOD SISTERS