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James Royce vient d’hériter d’une superbe villa, située dans une banlieue luxueuse. Les précédents propriétaires y sont morts dans des circonstances inexpliquées. Royce décide de louer la villa à plusieurs jeunes femmes afin d’en faire une ‘pension de famille’, histoire de profiter et de faire la fête, tout en entretenant ses dons pour déplacer les objets. Mais ce coin de paradis se transforme vite en annexe de l’enfer lorsque des morts aussi mystérieuses que sanglantes surviennent dans la demeure. Serait-elle hantée ou sous l’emprise d’une force qui dépasse l’imagination ?



L'AVIS :

Avec "Boardinghouse" (sortit en VHS sous le titre de "Family House - Pension de Famille"), oubliez toute notion de bon goût et même de bon sens cinématographique. Nous atteignons ici l’ultime dimension du Bis déjanté pour plonger dans un total amateurisme, conservant une bonne humeur et un entrain qui forcent le respect. Tourné avec une caméra vidéo à l’aube des années 80, plus précisément en Betacam, ce petit film sans le sou a su, au fil des années, faire son chemin, au point d’en devenir un monument hyper culte aux Etats-Unis ( il serait projeté régulièrement lors de séances de minuit, avec des copies 35mm réalisées pour l’occasion ) ! Et tous ses défauts ( sur une durée dépassant les une heure trente-cinq ) en font un objet bizarroïde, tout aussi consternant ou’irrémédiablement sympathique. "Boardinghouse", c’est un mini "Amityville" mêlé à du "Poltergeist" et un quelconque slasher, donnant pour résultat une drôle de mixture infiniment Z, réjouissante pour les amateurs.



L’intrigue tient sur un ticket de métro plié en huit, mais se permet d’ajouter quelques éléments bien barrés qui donnent lieu à des séquences délirantes. Le héros, grand blond bien tendance qui a la merveilleuse idée de louer sa superbe villa à tout un groupe de filles attirées par son annonce sur le journal ( il précise bien entendu que les filles doivent être jolies !! ), possède le pouvoir de faire se déplacer les objets ( ça semble aussi fonctionner pour attirer certaines demoiselles peu farouches dans son lit ), ce qui va lui servir afin de lutter contre les forces présentes dans les lieux. Forces dont nous ne découvrirons l’origine qu’à la toute fin du film.

Entretemps, que de folie qui défile à l’écran ! "Boardinghouse" présente un concept nouveau, le ‘HorrorVision’, qui permet tout simplement aux spectateurs trop sensibles d’éviter les passages les plus horribles, grâce à des avertissements visuels et sonores placés juste avant (une main gantée en noir, présentée comme un ‘objet’, puis un ‘ddddiiiioooonnnn’ électronique). Difficile de rester de marbre devant cette idée qui nous avertit d’emblée, avant même le début du générique, que nous allons avoir affaire à un drôle de truc…



Handicapé par plusieurs longueurs, comme ces bavardages incessants entre le héros et ses copines, un passage dans la cuisine qui se termine en bataille de tartes aux fruits, notre bon nanar se rattrape grâce à ses personnages déjantés ; John Wintergate incarne en plus de son rôle de ‘héros’ le jardinier de la demeure, vétéran du Vietnam quelque peu dérangé.

Impossible de passer à côté d’un autre perso bien à la ramasse, tout le temps bourré, pote du protagoniste principal, dont on ne comprend jamais rien aux paroles ( c’est la même pour le jardinier, bien que le style soit différent ). Moment inoubliable : la partie de golf avec un gadin digne des meilleurs épisodes de Vidéo-gag !! A côté de cette belle brochette de débiles, l’on peut retenir quelques séquences de cauchemar où nous apercevons un bonhomme affublé d’une tête de cochon ( style ‘Nuits de cauchemar’ ), puis bien sûr nous avons droit à plusieurs meurtres gores. Evidemment, les effets spéciaux sont d’un amateurisme assumé, mais difficile de résister au plaisir coupable procuré par cet OFNI surréaliste, déjanté et diablement sympathique. Une main transpercée par un pic, des yeux arrachés par sa propriétaire ( culte : le gars bourré cité plus haut arrive, aperçoit les yeux tombés dans un pot de purée, puis lâche en grimaçant ‘Attention, tu vas t’étouffer !!!’ ), un type qui sort ses boyaux, le tout agrémenté d’effets vidéo d’époque ( vous savez, ces modes trop rigolos sur nos caméscopes qui ne servaient à rien mais qui modifiaient la couleur et la texture de l’image ), ça en jette, mais à sa manière…



"Boardinghouse" peut donc sembler aussi nul que marrant, aussi consternant que sympathique, aussi chiant qu’agréable à suivre, c’est un film qui nous procure des émotions diverses et contradictoires, nous plonge dans une nouvelle dimension, dans une torpeur inédite, bref, c’est ce qui fait toute sa force !

Mis en boîte par un couple très fun, John Wintergate et Kalassu Kay, "Boardinghouse" mérite d’être visionné pour les amateurs curieux.




Sorti en VHS chez Antarès et Travelling productions à la belle époque, sous le titre trafiqué de ‘Family house, pension de famille’ ( et reprenant au verso des photos de ‘Vendredi 13’ et ‘Le contrat’ !! ), ‘Boardinghouse’ est revenu en DVD en nos contrées depuis plusieurs années grâce à Uncut movies, grand spécialiste du gore déviant, pour notre plus grand bonheur. Le disque, même s’il ne propose pas l’ahurissant doublage français d’époque présent sur la cassette, reste toujours disponible actuellement. Il est rempli de bonus super agréables, bien délirants, augmentant la curiosité du spectateur déjanté. Interview du couple vedette, qui a l’air vraiment sympa et qui subit très bien le poids des années, scènes coupées, plein d’anecdotes de tournage, comme le fait que Wintergate se renomme Hawk Adley ( Hank Adly sur certaines jaquettes VHS, dont la française ) pour le générique en tant qu’acteur, afin d’avoir davantage de noms sur une fiche artistique limite vide ( à noter qu’il transforme son prénom John en Johnn ), mais surtout le projet de sortir un ‘Boardinghouse 2’ !!! La charmante Kalassu, qui compose une partie de la musique du film ( excellent score électro au passage ) et chante avec son groupe 33 1/3, continue et vend même ses disques sur internet. Bref, que du bonheur, un entrain et une énergie communicative, le couple étant conscient d’avoir créé un phénomène Bis qui ne ressemble à aucun autre. A noter qu’aux Etats-Unis, le film est ressorti en DVD en 2013, dans une copie apparemment restaurée via les bandes vidéo d’origine. Le montage serait la version complète du film, incluant les scènes inédites (présentées chez nous en bonus ), voire peut-être d’autres. Ce qui nous donne un montage plus long d’environ une heure !!! Ca donne très envie !!!






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