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Lutobor, un valeureux guerrier très apprécié de son Prince, se lance à la poursuite des barbares ayant kidnappé sa femme et son fils. Accompagné de Weasel, un de ces barbares qu’il a fait prisonnier lors du rapt brutal et sauvage de sa famille, Lutobor va traverser plusieurs contrées, plus ou moins hospitalières, pour retrouver les siens.



L'AVIS:

Présenté au BIFFF 2018, "rage (2018)" (de son titre original "skif") n’avait jusque-là pas trop fait parler de lui jusqu’à ce que certains médias (notamment L’Ecran Fantastique) s’intéressent à lui au moment de la sortie du film en dvd et blu-ray.

Le cinéma russe restant bien souvent méconnu, nous parvenons toutefois à trouver sur le territoire français quelques œuvres soviétiques dans le domaine du fantastique, comme par exemples durant ces 15 dernières années le culte "night watch" (sans oublier "day watch") de Timur Bekmambetov, le blockbuster "guardians" de Sarik Andreasyan ou encore le très sympathique "la légende de Viy" d’Oleg Stepchenko. Des œuvres certes pas transcendantes mais qui méritent un visionnage, ne serait-ce parfois que pour leur côté atypique.

"Rage (2018)" de Rustam Mosafir est loin d’être un mauvais film et prouve, une fois de plus, que la Russie peut elle-aussi être source de quelques bonnes petites trouvailles dans le milieu du fantastique notamment.
Mélangeant les genres (heroïc-fantasy, film de vikings, western, film de sabre et d’épée...), le film nous plonge au cœur d’une quête vengeresse dans laquelle un vaillant guerrier va affronter moults dangers (chasseurs de primes, tribus primitives et nécrophages, barbares...) pour retrouver sa bien-aimée et son nouveau-né.
Un périple au cours duquel nous allons traverser des contrées ennemies, rappelant des films tels que les Indiana Jones, "The revenant" ou bien-entendu la longue fresque du "seigneur des anneaux".



Démarrant tel un film de vikings des plus communs (nous assistons à un carnage sanguinaire dans une petite auberge isolée perpétré par une bande de sauvages pillant et tuant tout sur leur passage), le film de Rustam Mosafir va en effet se poursuivre tel un western avec tout ce que cela sous-entend (grande chevauchée, chasse à l’homme perpétrée par des chasseurs de primes, rencontre avec des bandits de grand chemin...).
Un périple pour deux personnes radicalement différentes mais toutes deux guidées par leurs dieux respectifs et qui vont se découvrir l’un et l’autre tout au long de cette aventure (les méfiances de l’un envers l’autre vont s’atténuer pour céder la place à une entraide pour survivre en milieu hostile, nos deux « nouveaux-amis » étant chacun animé d’un but : l’un souhaite retrouver sa femme et son fils vivants tandis que l’autre rêve de vengeance contre son « chef de meute » qui l’a laissé pour mort lors du rapt de la famille du premier).

Tromperies/trahisons, manigances, vengeances... alimentent ce petit film de vikings qui rapidement montre une toute autre facette que certains piliers de ce genre (moins mis en avant que "le 13ème guerrier", moins contemplatif et plus dynamique qu’un "valhalla rising", moins sombre et plus scénarisé qu’un "pathfinder", moins rentre-dedans et expéditif qu’un "Dagmar, l'âme des Vikings", moins risqué qu’un "outlander" qui osait l’incorporation de science-fiction dans son récit...).
Alors certes, le scénario n’est pas non plus des plus inventifs en soi mais a le mérite, pour un film de vikings, de nous plonger au cœur d’un périple aux multiples dangers et aux péripéties bienvenues.

Mais rassurez-vous, nous baignons tout de même dans le fantastique, dans l’héroïc-fantasy, avec ces inserts sur la mythologie (les dieux guident le chemin de nos deux guerriers) mais surtout lors de ce passage phare au sein d’une tribu primitive et nécrophage vivant dans la forêt et jetant leurs ennemis en pâture dans une arène à un véritable monstre sanguinaire. Un passage clé ici qui permettra à notre héros de devenir presque invincible grâce à une potion transformant quiconque la boit en une bête enragée à la force surhumaine. Une potion qui, en plus d’ouvrir ici la porte à la sorcellerie/magie, aura son importance lors de deux scènes de combat mémorables dans le film de Rustam Mosafir.



Soulignons également la belle direction artistique sur "rage (2018)", que ce soit dans les décors variés, les costumes ou la musique folklorique.

Des steppes,des falaises, une forêt, une grotte, une vieille auberge scandinave, une salle de tortures sans oublier le fameux camps de sauvages en pleine forêt pourvu d’une arène (rappelant des films tels que "Mad Max 3 – au delà du dôme du tonnerre" ou "Turbo Kid") dans laquelle de malheureuses victimes se livrent des combats contre un monstre sanguinaire... Les décors sont variés et procurent au spectateur une impression de changements et de nouveautés au fil des 100 minutes que durent le film de Rustam Mosafir. 1h40 durant lesquelles nous ne nous ennuyons jamais, le film étant fort rythmé du début à la fin.

Car qui dit « film de vikings » dit également « film de barbares » et donc violence.
Une thématique qui sera abordée dès les premières minutes lors d’un plan-séquence (que semble privilégier le réalisateur tout au long de son film) bien maîtrisé nous plongeant en plein combat survitaminé dans une petite auberge isolée. Voilà de quoi donner le ton à tout ce qui va suivre !

Car des bagarres et des altercations en tous genres, il y en aura de nombreuses (la quête est périlleuse, d’autant plus que notre héros ne s’est pas fait que des amis dans le passé et que sa tête est mise à prix), filmées caméra à l’épaule et multipliant les zooms pour mieux nous faire vivre les combats et nous faire ressentir leur brutalité. Des affrontements à l’arme blanche (grande hache, couteau, épée...) dotés de belles chorégraphies (même si nous notons une nette surenchère par moments dans les mouvements des combattants et les bruits des lames) qui, même si au départ ne versaient pas dans le sanguinolent, vont rapidement montrer de bien belles giclées d’hémoglobine (bras tranché net, cage thoracique arrachée et éviscération, égorgements, coups de couteaux en rafale...).

Dommage cependant que certains combats, parfois trop longs et répétitifs, deviennent un brin lassants car nous prenons en général beaucoup de plaisir à voir toutes ces tribus ou groupes de guerriers se faire décimer, bien que nous restions quelque peu dubitatifs au sujet de l’authenticité des origines de certains peuples vus dans le film, Rustam Mosafir semblant s’amuser d’anachronismes dans son histoire.



Au final, "rage (2018)" est une bonne surprise. Un bon DTV qui figure sans hésitation dans le haut du panier en termes de films de vikings.
Dynamique et très brutal dans ses nombreuses scènes de combats à l’arme blanche filmées très souvent en plans-séquences, livrant un scénario un brin plus fignolé que ce que nous voyons habituellement dans ce type de production (sans pour autant être extraordinaire soit dit en passant), présentant de forts atouts artistiques (costumes, décors et musique) et mettant face à la caméra un casting de bonne facture, le film de Rustam Mosafir mérite amplement un visionnage si vous aimez un minimum les films de barbares/vikings.








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