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Réalisation
Poison Rouge

Scénariste
Samuel Marolla

Date de sortie
2017

Genre
Barbaque et tripailles

Tagline


Cast
Flora Giannattasio
Roberto Scorza


Pays
Italie

Production


Musique
Alexender Cimini

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 5
(2 votes)
Un homme retourne dans la maison de son défunt père pour se suicider à son tour. Dans son processus d'auto-destruction, des traumatismes du passé resurgissent et il découvre un livre de magie.



L'AVIS:

Voilà que pour clôturer la tétralogie "American Guinea Pig" devenue à présent une bonne référence du cinéma extrême moderne, Stephen Biro a pris l'initiative d'inclure dans la saga un film italien initialement prévu pour être indépendant à toute franchise.

"Sacrifice" s'était seulement fait remarquer par une petite poignée de personnes lors de sa diffusion en France au festival Sadique-master 2017 et n'était pas encore devenu un volet de la franchise. Quelques mois plus tard, c'est au BUT Films Festival 2017 que l'oeuvre marquera à nouveau les esprits des amateurs de sensations fortes sous le titre de "American Guinea Pig : Sacrifice".

Le film présenté aujourd’hui est produit par Domiziano Cristopharo ("Doll Syndrome", "Red Krokodil", "Hyde's secret nightmare"), un réalisateur aussi talentueux qu'amical qui n'a malheureusement pas encore conquis le public français malgré une filmographie bien gratinée...
On retrouve la touche personnelle de cet italien charismatique dans la réalisation de "Sacrifice"; que ce soit la direction artistique irréprochable ou les phases d'auto-mutilation (y compris les parties génitales) très récurrentes dans ses films. Il est conseillé à ceux qui ont été comblés par "Sacrifice" de vivement se pencher sur les films de Cristopharo. Et c'est ce dernier qui a permis au directeur d'Unearthed Films de se pencher sur le contenu de l'oeuvre de la belle Poison Rouge (apercevable dans "House of flesh mannequins", "Phantasmagoria" et son sympathique court-métrage "No, not in my mouth").

Au vu de sa légère ressemblance à "Guinea Pig 3 : He never dies", le moyen-métrage italien y sera assimilé dans une version finale pour justifier sa présence dans la saga et aura donc la chance de se dévoiler enfin à un dense public plus étendu.
Penchons-nous donc un peu plus sur son contenu...



Démarrant comme un drame porté sur un personnage ravagé par l'envie de se donner la mort, nous le suivons quelques minutes jusqu'à la salle de bain (unique lieu de l'action) avant d'assister à un déroulement d'auto-mutilations plutôt sévères.
La beauté des images et les cadrages minutieux surprennent toujours dans les oeuvres appuyées par Domiziano Cristopharo et Poison Rouge, ils apporteront toujours cette pincée du "sublime" pour apprécier pleinement le visionnage avant de plisser nos yeux de douleur devant les scènes prévues à cet effet.

Une fois la première goutte de sang déversée, le spectateur sera plongé dans une montée à crescendo qui le mettra face à des séquences particulièrement corsées et très insistantes sur le gore. De nombreuses occasions nous sont offertes pour grincer des dents, détourner nos regards, souffrir mentalement avec le personnage de Daniel (merveilleusement interprété par Roberto Scorza) et être témoins d'un processus sacrificiel dont l'enjeu tient d'une inspiration théologique mésopotamienne.

Malgré une étape d'auto-mutilation frontale légèrement longue et redondante, le film ne lâchera pas son but d'écoeurer et de piquer certaines parties sensibles du corps humain pour profiter des nombreux gros plans et accentuer la souffrance illusoire provoquée chez le spectateur.
Si on écarte quelques discours malheureusement absurdes qui font de Daniel un personnage crachant gratuitement sa haine sur le monde moderne à cause d'événements politiques (élection de Trump) et de l'ampleur des réseaux sociaux (au point de jouer aussi avec les selfies pour anticiper les éventuels buzz) qui n'ont rien à faire au milieu d'un rituel occulte à part le décrédibiliser, on pourra se contenter de ce gore démonstratif sublimé par l'atmosphère désenchantée et presque mélancolique.
La crédibilité de l'action sera surtout dûe aux séquences graphiques incroyablement réalistes et si crues qu'il serait impossible de rester indifférent face à certaines mutilations. "American guinea pig : Sacrifice" pointe là où ça fait mal et c'est tout ce qu'on en retire. Seulement, il est dommage que d'autres parties du corps n'aient pas été mutilées car ça aurait permis de remplacer la longueur de certaines scènes.



Evidemment, lorsqu'on a déjà vu certains films de Domiziano Cristopharo, rien ne surprend vraiment ; les mêmes éléments reviennent toutefois sous un ton différent. Mais les personnes qui n'ont pas encore assisté à l'érotisme de l'image, la radicalité des scènes gores et à la torture mentale des personnages impliqués pourront découvrir ces ingrédients majeurs à travers "American guinea pig : Sacrifice" qui poussera son concept à fond jusqu'à un dénouement efficace confirmant le sens mythologiques des auto-mutilations (qui, en réalité, n'ont strictement aucune correspondance avec l'histoire de la déesse Ishtar).

Bien entendu, il s'agit d'un "American GUINEA PIG" : la totalité du film n'est évidemment que démonstratif et aucun scénario n'accompagne l'action (au cas où certains continueraient de se poser bêtement la question à propos du contenu narratif des volets de la saga, bien que "American guinea pig : Song of solomon" tentait une approche différente sur le développement scénaristique).
Les amateurs de gore ressortiront donc de cette expérience plutôt ravis d'avoir visualisé un opus à la hauteur de leurs espérances.
Il faut dire que ça faisait longtemps que la souffrance n'avait pas été aussi délicieuse devant un film gore.



C'est confirmé : la saga "American guinea pig", dont certains se méfient encore, mérite finalement toute la reconnaissance des cinéphiles avides d'expériences extrêmes et ne fait aucunement honte à la saga japonaise ascendante.








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