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Réalisation
Stephen Biro

Scénariste
Stephen Biro

Date de sortie
2017

Genre
Barbaque et tripailles

Tagline


Cast
Jessica Cameron
Scott Gabbey
David E. McMahon
Gene Palubicki...


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
-

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 4.7
(3 votes)
L'Eglise catholique tente de sauver une âme innocente des ravages de la possession satanique. Vague après vague, de saints hommes sont envoyés pour affronter la possédée. Le Vatican aurait-il un secret qui se cache derrière la mission de ces hommes religieux prêts à tout pour se débarrasser du Mal ?



L'AVIS:

Il est curieux de voir le thème de la possession envelopper un des volets de la saga "American Guinea Pig" qui a pour but de revisiter la série japonaise originelle.
Stephen Biro a fait le choix d'écarter complètement les films auquel il rend hommage pour façonner lui-même une histoire pour son deuxième film et ainsi personnaliser la saga. Il nous avait bluffé avec sa première boucherie "American Guinea Pig", à présent il revient à la charge suite au décevant "American Guinea Pig : Bloodshock" de Marcus Koch, pour tester une nouvelle sauce.

"American Guinea Pig : Song of Solomon" a vu le jour et ne se cache pas d'être une pâle copie (à quelques litres de sang près...) du combat final du célèbre "L'Exorciste" de William Friedkin qu’il est évidemment inutile de présenter au vu de sa réputation toujours aussi sulfureuse encore aujourd'hui et pour très longtemps encore.
Depuis ces dernières années, combien de films de possession ont vu le jour ? Beaucoup... Et parmi eux, seule une petite pincée peut se vanter d'avoir offert quelque chose d'honorable avec une dose de frayeur et d'originalité.
Mais là où "Song of Solomon" se démarque de toute cette pagaille, c'est bel et bien grâce au sous-genre qu'il entreprend d'exploiter : le gore.
De la part du directeur d'Unearthed Films, il n'est pas surprenant que l'hémoglobine soit la force principale du film qui mérite sa place dans la saga.

Si des fans de la série japonaise n'acceptent pas l'idée d'un "Exorciste" gore dans la saga "American Guinea Pig", rappelez-vous qu'il existait pourtant une copie étrange de "Re-Animator" dans la saga que vous adorez tant (mentionnons bien-entendu "Guinea pig 5 : Android of Notre Dame").
Puis la liberté est un atout majeur du cinéma underground. Que ce soit le contenu des films, la promo, la méthode de réalisation ou le mode d'exploitation, la seule règle du mouvement underground est qu'il n'y a aucune règle et aucun code à respecter. Un esprit libertaire, dépolitisé et indépendant que beaucoup devraient se mettre dans la tête pour comprendre ce qu'est réellement le cinéma underground.



Penchons-nous maintenant sur ce qui alimente ce troisième opus si intriguant ; il ne suffira que de quelques minutes pour comprendre que le film n'ira pas de main morte avec son public. Après une introduction particulièrement impressionnante rappelant, pour celles et ceux qui connaissent, une des scènes emblématiques du fake-snuff "The Gateway Meat" de Ron DeCaro, on comprend par la suite que la construction scénaristique est absente et que la confrontation entre le Bien et le Mal sera l'unique enjeu du film.

Aucune installation et aucun développement n'est fait, Mary (interprétée par Jessica Cameron, étonnante dans son rôle) est déjà possédée et les séquelles physiques sont déjà apparues.
Les hommes religieux viendront ensuite tomber les uns après les autres devant la puissance du Mal qu'ils tentent d'expulser de la pauvre femme.

Là où le film est généreux avec les attentes du spectateur c'est bel et bien dans les scènes d'exorcismes étonnamment convaincantes et effectuées dans une ambiance particulièrement malsaine (mais peut-être pas assez sombre) et prenant la peine de déverser plusieurs litres de sang avec une certaine maîtrise des maquillages gores.
Beaucoup plus gore et plus brutal qu'il n'y paraît, "American Guinea Pig: Song of Solomon" ne faiblit pas lors des exorcismes répétés et prend soin de ne pas ennuyer le spectateur malgré les quelques phases de dialogues qui servent de transition entre chaque exorcisme, mais qui sont assez courtes pour ne pas perdre l'attention du public.



Quant au jeu d'acteur, tant il peut se montrer surprenant, tant on peut parfois remarquer une légère retenue. Les quelques faiblesses de moyens rendent certains passages imparfaits malgré la bonne intention de proposer une idée audacieuse (on pensera notamment à la trop longue scène de vomissement proche de celle de "Frayeurs" de Fulci bien qu'essayant d'aller un peu plus loin dans le dégoût). Et les clins d'oeil à certaines références du gore, il y en a quelques unes... De légers rappels à "Street Trash", "A l'intérieur" ou "Braindead" feront plaisir aux fidèles serviteurs du cinéma gore.

Bien que les démonstrations sanglantes soient de bonne qualité, il reste fortement dommage que l'absence d'une construction scénaristique soit la cause d'un certains sentiment de vide derrière le carnage. Malgré un petit twist évident et légèrement gratuit, on aurait apprécié avoir une explication un peu mieux développée ou une base énigmatique dans les instants de dialogues dépourvus d'intérêt.
Mais si on ne s'en tient qu'aux exorcismes offerts par nos prêtres envoyés un par un (mention spéciale au prêtre Corbin interprété par le charismatique Gene Palubicki du groupe de blackened death metal "Angelcorpse"), on a suffisamment de matière pour se divertir et se régaler devant de bonnes scènes généreusement gores et dévastatrices. Il est rare de tomber sur un film d'exorcisme plongeant dans la boucherie totale, alors profitez-en !



Honnête, extrêmement sanglant, visuellement classieux et un rythme plutôt bien géré. De quoi lui accorder tout notre sympathie malgré son imperfection.








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