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Pour fêter l’anniversaire d’un de leurs amis, six jeunes gens vont aller s’amuser dans un escape game. Enfermés dans des pièces sombres et sans fenêtre, nos six amis vont rapidement comprendre qu’un piège s’est refermé sur eux...



L'AVIS:

Alors que certains jouissent d’une jolie publicité en festival ou au cinéma, d’autres au contraire se popularisent par le biais des réseaux sociaux. Des buzz sur le Web qui parfois s’avèrent justifiés (je pense notamment au fort sympathique "cloverfield" de Matt Reeves ou encore au très bon "the mirror" alias "occulus" de Mike Flanagan), mais parfois non voire même pas du tout... Et ce "escape room" tombe malheureusement dans la seconde catégorie...

Devant faire des choix lors de ma venue au festival de Gérardmer pour planifier mon séjour (il n’est jamais possible de tout voir) pour cette édition 2018, j’avais mis de côté ce fameux "escape room", la bande-annonce laissant suggérer un jeu d’acteurs risible (pour ne pas dire amateur) et ce buzz médiatique sur la toile ne m’inspirant que de la méfiance vis-à-vis de ce film américain qui semblait une fois de plus surfer sur la vague des "saw" et "cube".

Grand bien m’en a pris car effectivement j’ai pu constater l’ampleur des dégâts lors d’une séance de rattrapage quelques mois après mon séjour à la Perle des Vosges. Hé oui, malgré les « conseils d’amis » de certains festivaliers en terres vosgiennes (je vous passe les « c’est de la merde », « n’allez pas le voir » et autres « quelle connerie »...) et soucieux comme toujours de me forger mon propre opinion, je me suis laissé embarquer dans l’aventure "escape room".



Et qu’ai-je donc découvert ?
Hé bien un film sans aucune saveur. Pire, peut-être même le plus mauvais film fantastique américain que j’ai pu voir ces dix dernières années (et Dieu seul sait, ou pas que, comme je suis filmovore !)

Face à ce phénomène de mode qu’est l’escape game, il pouvait pourtant sembler intéressant sur le papier de monter une intrigue autour de ce concept très populaire ces dernières années.

Mais voilà, nous sommes face ici à un scénario sans aucune originalité et ne procurant chez le spectateur qu’un ennui profond.
Après une première (et longue) première partie sans réel intérêt durant laquelle on nous présente la petite galerie de personnages qui vont nous accompagner durant environ 1h30 (un repas qui n’en finit pas au restaurant, puis des blablas dans une voiture histoire de rallonger encore un peu la sauce...), nous voilà enfin dans le vif du sujet : l’escape game !

Et là c’est la catastrophe... Un problème qui provient clairement à ce moment-là d’un manque de rythme et d’originalité indéniable. Car il faut bien l’avouer, on s’ennuie ferme dans ces quelques pièces sombres et sans fenêtre dans lesquelles sont emprisonnés nos malheureux jeunes gens ! La faute à un manque d’immersion flagrant : alors que nous devrions vivre des moments de tension (un étau qui se resserre, des minutes qui défilent...), il n’en est rien et nous suivons une bande de jeunes guère brillants qui vont pourtant résoudre des énigmes présentant que trop peu d’intérêt pour nous simples spectateurs (Oh super ils ont trouvé une clé !...).
Nous peinons vraiment à rentrer dans ce scénario inintéressant au possible dont l’intrigue (fine comme une feuille de papier toilette premier prix) n’est même pas aidée par une ambiance pesante comme nous l’aurions souhaitée (aucune tension ne se ressent, nous semblons être là pour nous « amuser » à chercher des indices, des clés et des mots mystères dans des pièces, rien de plus...).

Nous savons pertinemment (la scène d’introduction est suffisamment parlante) qu’il s’agit là d’un piège qui s’est refermé sur nos six protagonistes alors pourquoi tourner aussi longtemps autour du pot en nous rendant spectateur d’une cherche aux indices sans intérêt ? Incompréhensible...

Ajoutez à cela des incohérences (les énigmes, pourtant loin d’être faciles, sont résolues assez vite par nos amis : à deux reprises ils découvrent un mot mystère à une vitesse incroyable, pour ne pas dire irréaliste...) et des énormités désolantes (Christen nous dit avoir reçu dans sa boîte aux lettres un cube qui, quand on appuie dessus, nous balance un texte par projection murale qui nous invite à un escape game : voici comment elle en est venue à inviter tout ce beau monde dans ce jeu... Merci le cube magique !) et vous obtenez là un scénario immature, pompeux (il ne se passe vraiment pas grand chose), sans grande péripétie et sans aucune touche d’originalité... Une déception de taille !



Est-il nécessaire de vous parler de la galerie de personnages officiant dans ce film ? Car là aussi les (mauvaises) surprises sont de taille !

Avec ses personnages stéréotypés au possible (le grand craintif binoclard et maladroit, la blonde écervelée, la brune ténébreuse, le beau gosse con-con...), "escape room" se permet même de rendre pathétiques ses trois actrices principales, histoire de se mettre en plus à dos la gente féminine (nous avons ainsi droit à une salope, une infidèle et une troisième fille que l’on finit par foutre en cage à poil vu que l’on ne savait pas trop quoi en faire, histoire peut-être de tenir en haleine le public masculin ayant quant à lui déjà tendu ses bras à Morphée).

Et ce n’est pas le jeu des acteur(trice)s qui va changer la donne (là au moins nous avions été avertis par la bande-annonce pourrions-nous dire !) : les personnages sont ringards et ont bien souvent des réactions totalement disproportionnées : imaginez-les avec des yeux globuleux, une bouche grande ouverte et les mains derrière la tête dans les scènes d’effroi tout en criant des phrases du genre « Mais qu’est-ce qui leur arrive bordel de merde ??!! » et autres sempiternels « Oh mon Dieu, oh mon Dieuuu !!! » ! Un grand moment de cinéma je vous dis !
Des personnages bêtes comme leurs pieds qui ont soudainement des éclairs de lucidité (enfin, au bout d’une heure de film...), une fois deux de leurs amis morts (« tiens mais au fait pourquoi Christen n’est-elle pas enfermés avec nous cinq ? », « C’est pas un jeu, il faut qu’on sorte d’ici ! » )... Pathétique...

Le hic c’est qu’avec des personnages aussi navrants que ces derniers, il nous est difficile (voire même impossible) d’éprouver une quelconque compassion pour nos malheureuses victimes de ce jeu diabolique qui s’est refermé sur elles...
Des mises à mort qui d’ailleurs ne resteront pas dans les annales (peu graphiques à l’exception des brûlures à l’acide).



N’y allons pas par quatre chemins : "escape room" est une véritable niaiserie. Un navet comme on n’en voit pas souvent (oui des films mauvais il y en a à la pelle mais du niveau de celui-là c’est un peu plus rare...) : ennuyeux, pas original pour un rond (si ce n’est de faire référence à l’escape game), mal joué, incohérent à de nombreuses reprises dans son scénario... Le seul véritable bon point de ce film est de faire se pointer son générique de fin au bout d’1h25 environ !

Parfois je loupe de peu la poubelle mais là je fais clairement un trois points avec la corbeille !!!








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