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Taki et Ken, deux agents de police dont un est mi-homme mi-démon, de retour à Hong Kong après une mission à Tokyo, sont chargés d'enquêter sur la « happiness », une drogue qui donne des pouvoirs surhumains à ceux qui l'utilisent avant de les faire succomber. De fil en aiguille, leurs investigations vont les conduire sur une bande d’êtres démoniaques et Taki retrouvera même Gaye, une vieille connaissance dont il était jadis tombé amoureux…



L'AVIS :

Adapté de l’animé « La Cité Interdite » alias « Supernatural Beast City » (de 1987) de Yoshiaki Kawajiri, lui-même adaptation des écrits de Hideyuki Kikuchi, The Wicked City est une petite rareté produite et coécrite par Tsui Hark au début des années 90. Mais rareté ne veut pas dire pépite cinématographique car dès la scène d’ouverture, on sait à quoi s’en tenir : les éclairages sont horribles, la musique sacrément old school, les acteurs assez pitoyables et sans once de charisme, les dialogues navrants au possible et les effets visuels avec une femme araignée franchement misérables. Bref, on a tout de la pure série Z à la sauce manga, du lourd en perspective donc ! Et si je vous disais que tout ce qui suivra sera à l’avenant voire même encore plus kitsch, y croiriez-vous ?

Avant toute chose, The Wicked City part dans tous les sens et n’offre pas une intrigue très emballante : des humains combattent des démons ayant répandu une drogue mortelle sur terre mais lesdits démons se livrent entre eux une guerre pour une simple lutte de pouvoir et…c’est à peu près tout ! Autant dire que cela manque véritablement de panache en plus de manquer d’originalité et d’enjeux passionnants. Il y a, de plus, très peu de rebondissements et les choses sont amenées grossièrement. Sans compter qu’en plus d’un scénario en dents de scie et elliptique faisant qu’on passe parfois du coq à l’âne en moins de deux secondes, les passages un peu trop mélodramatiques ne fonctionnent pas du tout, la faute à des dialogues insipides à n’en plus finir et à des scènes de romance ridicules tellement on n’y croit pas ! De fait, le fond sonne relativement creux.



En ce qui concerne la forme, on touche le fond, si on peut oser ce jeu de mots foireux ! En résumé, on rencontrera - parmi des qualités d’effets spéciaux variables - une femme arachnide, une autre, mutante protéiforme qui fusionne avec un ascenseur, une moto ainsi qu’un flipper et dont la présence à l'écran donnera à chaque fois des scènes à forte connotation sexuelle, des démons liquides sortes de blob qui aiment bien se coller aux voitures, des démons qui explosent, des horloges volantes qui attaquent des humains, une démone avec des ongles hyper longs découpant tout tels des lasers, des démons qui se régénèrent à poil sur des câbles électriques, et j’en passe et des meilleurs. Ça va souvent très loin et on retrouve souvent la patte de Tsui Hark dans des délires de combats aériens, de courses-poursuites en voiture avec des effets visuels complètement foirés (notamment la scène du combat sur le toit d’un avion ou encore celle d’une voiture miniature filmée devant une vraie voiture et censée illustrer le pouvoir de miniaturisation d’un démon !). Bref, excessif mais pesant, du costaud de chez costaud quoi !



Niveau casting, on a le droit à une association de stars nippones vraiment improbable avec : Jacky Cheung (« Une balle dans la tête ») pour jouer le super flic désabusé, le réalisateur Yuen Woo Ping (« Tai-chi master », « Iron Monkey ») en commissaire, Tatsuya Nakadai ("Kwaidan") incarnant le roi des mutants qui joue avec son ombre et est plus cabotin que jamais, la magnifique Michelle Reis (« Histoires de fantômes chinois 2 ») en mutante amoureuse aux ongles sabre laser très souvent dénudée (mais on ne voit jamais rien, l’arnaque !), Leon Lai (un transfuge de Wong Kar-Wai jouant dans « Les anges déchus ») en flic traquant la démone susmentionnée, Roy Cheung (« The storm riders ») qui en fait des tonnes en mutant aux maquillages hallucinants, Carman Lee (« Lifeline ») jouant une mignonne fliquette aux cheveux courts mais carrément sous-exploitée. Semblant être réunis-là par défaut, ces acteurs ont pourtant tous un dénominateur commun : celui de jouer mal ! Soit ils en font des caisses et l’excès de pantomime devient limite gerbant, soit ils ont autant de charisme qu’une huître en rut et leurs scènes deviennent alors un vrai supplice pour tout spectateur ayant survécu à la moitié du métrage et ce, qu’il soit novice ou expert, c’est dire !

Notons pour la petite histoire que ce film porté aux nues par certains critiques dont Jean-Pierre Dionnet, y voient un métrage bourré d’allusions à la rétrocession de Hong Kong détenue jusqu’en 1997 par les anglais à la Chine comme : l’attaque du monstre horloge (attention c’est Big Ben qui attaque !), celle de l’immeuble de la banque de Chine (repère des envahisseurs mutants), ou bien encore la perte d’identité des hongkongais via les multiples transformations d'humains en monstres ! Peut-être bien, même si c’est grave extrapolé, en attendant, on assiste surtout à un gros nanar, certes généreux, mais kitschissime au possible !



En définitive, The Wicked City est un divertissement extravagant et hallucinant, pourtant terriblement mal construit à tel point que l'on ne comprend pas vraiment ce que l'on voit à l'écran tant les personnages principaux agissent de façon incohérente, mais aussi hyper mal joué, donc au final très mal adapté. Alors quand en plus les enjeux scénaristiques sont pathétiques et que le film est ponctué de scènes de romance ne servant à rien, on se dit que l'on tient-là le navet du siècle ! Mais ce n'est pas fini car les effets spéciaux pitoyables font passer les épisodes les plus mauvais des séries « Spectreman » ou « X-Or » pour des chefs-d'œuvre de la réalisation ! Culte pour sa terrible médiocrité d’ensemble, rien que ça !









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