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Réalisation
Gary J. Tunnicliffe

Scénariste
Gary J. Tunnicliffe

Date de sortie
2018

Genre
Fantastique

Tagline


Cast
Heather Langenkamp
Randy Wayne
Rheagan Wallace...


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
-

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 2.5
(2 votes)
Alors qu'ils essayent d'arrêter un diabolique tueur en série, trois détectives pénètrent malgré eux dans le terrifiant monde de Pinhead et des cénobites qui attendent patiemment de livrer leur terrible jugement.



L'AVIS :

S'il y a bien une saga horrifique qui a chuté dans l'abîme il y a bien longtemps, c'est bien celle d'Hellraiser. Sans cesse tentée d'être renouvelée, la franchise n'a fait que suivre la continuité des volets plus décevants les uns que les autres. Après l'apparition d'un cinquième volet entièrement réalisé comme un thriller, la saga a changé de direction; un choix hautement discutable compte tenu de la faiblesse des opus suivants. Mais après un désastre tel que "Hellraiser : Revelation", les cénobites ont perdu toute chance de retrouver le succès des premiers volets.

Mais le plus fascinant reste la persévérance à vouloir offrir un épisode digne de remonter la pente savonneuse. Et c'est pourquoi "Hellraiser : Judgement" voit le jour. Après l'annonce du réalisateur disant que le film allait être "vraiment hardcore" et n'allait contenir aucun CGI, forcément ça motive MAIS ce que les six derniers film ont honteusement oublié c'est l'atmosphère phare originelle. Si la tendance SM déviante n'a jamais été trop exploitée dans la saga, l'ambiance infernale et poisseuse, elle, s'est évaporée au fur et à mesure des réalisations. Et bien évidemment, même si cette énième tentative dégage de biens meilleures intentions, ça n'empêche pas que le résultat soit une fois de plus décevant...



Le film démarre tout d'abord avec le personnage de "l'auditeur" interrogeant un homme inconnu, suivi d'une scène trashounette plutôt sympathique bien que la qualité d'image ressemble fortement à celle d'un clip ou d'une cinématique de jeu vidéo. Les couleurs sont trop contrastées et les décors trop softs pour sentir la saleté et l'aura sordide que l'on retrouverait dans un "Silent Hill".

Nous aurons aussi droit à l'apparition fameuse du Boucher au masque de bébé (rappelant fortement le "Doll Boy") et le chirurgien en latex (à première vue cliché, mais tout de même classieux) aperçus dans le trailer. D'ailleurs, profitez de les voir faire leur petite boucherie spéciale "hors-champ" car ce sera la seule fois que vous les verrez à l'écran !

Donc certes, la longue scène de début est potable malgré les décors cheap et l'image kitsch qui enlèvent toute la crasse d'un univers potentiellement poisseux, mais les séquences qui suivent n'auront plus la même graine d'efficacité durant le film.



Concernant le scénario, sous les ficelles de Liongate, le film sera construit comme un thriller à la "Seven" où nos enquêteurs (au nombre incroyable de...trois) parcourent les Dix Commandements pour suivre la trace d'un tueur en série. Et faire un mini-thriller banal avec des personnages sans saveur en sachant qu'une bande de créatures en cuir adoratrices de chair déchiquetée se cachent derrière une narration inutile et sans originalité, il y a de quoi être entièrement frustré.

L'histoire se suit tranquillement, la durée du film est assez courte et le rythme est convenable certes, mais nous n'avons pas ce que l'on cherche dans un Hellraiser modernisé : l'enfer macabre, le bruit de chaînes, les morceaux cadavéreux sur les murs, l'atmosphère oppressante et sépulcrale et le sang qui gicle par l'extraction de tissus organiques crochetés.

Quand un réalisateur saura correctement retranscrire une ambiance digne de la franchise ? Faut-il faire un rappel en mentionnant l'élégante et funeste ambiance du film "Necromentia" pour avoir une idée claire et précise de la substance occulte que l'on devrait trouver dans un "Hellraiser" ? Je doute fort qu'un cinéaste arrivera à gonfler suffisamment sa paire de burnes pour livrer un opus qui renouvellera et révolutionnera la franchise en rectifiant tous les défauts des derniers films. Voici la preuve que nous ne pouvons plus faire confiance aux grands studios sans cesse effrayés du manque d'accessibilité au grand public et qui, par ce fait, se limitent dans les points importants de certains films censés tirer l'utilité et l'importance du gore et de la violence vers le haut.

Et voir trois femmes nues analyser du vomi et jouer les séductrices en se caressant avec des litres d'hémoglobine pour ensuite se taper 1h d'enquête avant de terminer sur un final paresseux, avare et quasi-semblable à celui d' "Hellraiser : Inferno", il y a de quoi se sentir à nouveau abandonné. Mais sans pour autant être trahi, car le film a au moins le mérite d'avoir un Pinhead très réussi et un minimum de travail sur la direction artistique bien qu'il soit incomplet.

On notera également la perte du mysticisme du monde des cénobites, banalisé au point d'avoir un Pinhead qui politise sur certains fonctionnements pendant que les trois détectives nous servent une copie miniature de quelques bons thrillers histoire d'avoir, une fois de plus, un prétexte pour faire apparaître à nouveau quelques cénobites en manque de créativité charnelle et déviante.



Ce qui est sûr, c'est qu'au vu de la désastreuse qualité de ces prédécesseurs, certains spectateurs viendront le défendre en revendiquant sa supériorité vis-à-vis des cinq derniers films de la saga. Mais un film meilleur qu'une ou plusieurs daube(s) n'en fait pas forcément un bon film, surtout quand ses promesses se volatilisent en même temps que l'espoir que nous ont donné les premières minutes.

Bref, allons-nous un jour avoir droit à une suite qui fera renaître l'esprit originelle des premiers films ou allons-nous continuer d'être témoins de l'exhumation d'une saga enterrée depuis bien longtemps ? Nous le verrons bien. Dans tout les cas, la déception est devenue une habitude chez les fans d'Hellraiser, mais celle-ci est tout de même moins douloureuse.








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