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Dans une petite ville américaine lambda, Carly, une adolescente accompagnée de Damon, son petit-ami et de son petit frère Josh, assiste à une frénésie meurtrière de masse poussant les parents, devenus soudainement hystériques et agressifs, à se retourner violemment contre leurs propres enfants. De retour chez elle après une dure journée, elle devra faire face à Brent et Kendall, ses géniteurs, bien décidés à en finir avec elle et son petit frère…



Dix ans après un très bon "Mum & dad" avec lequel il ne faut surtout pas le confondre, voici Mom and dad, un métrage où les parents décident un beau matin, pour on ne sait quelle raison, de s’en prendre physiquement à leur progéniture. Cette idée de script est vraiment originale car d’habitude dans les films de genre, c’est souvent les enfants qui désirent en finir au plus vite avec leurs géniteurs. Ainsi, parmi la quantité de longs-métrages avec des « enfants tueurs », on pourrait citer : "Le village des damnés ", "Les tueurs de l’éclipse", "De si gentils petits monstres", "The children", "Les révoltés de l’an 2000", qui semblent être les plus connus et prisés du public. Et c’est à Brian Taylor que l’on confie les rênes de la réalisation pour s’attaquer ainsi aux parents tueurs et après ses deux « Hyper tension » bien sympathiques et speedés, on est donc en droit de s’attendre à un truc plutôt survolté. De plus, si on ajoute Nicolas Cage ("Sailor et Lula", "8 mm", etc.) et Selma Blair ("Hellboy", "In their skin") au casting, on peut dire qu’on tient-là des valeurs sures nous assurant un beau spectacle !



Mais voilà, le gros problème du métrage, c’est son traitement. En effet, au lieu d’un déferlement de violences en tous genres visibles à l’écran, on assiste à des scénettes de la vie familiale sans grand intérêt, des dialogues interminables, des scènes hors-champ et autres ellipses dommageables ! Le réalisateur exploite pauvrement son idée, tourne vite en rond et manque d'inspiration et surtout de son grain de folie habituel ! Certes, on ouvre le film avec une maman infanticide, mais le concept s’étiole rapidement car il commence dans toute la ville, en passant par les rues et les écoles, pour finir en huis clos avec un affrontement familial qui part dans tous les sens. Mais au final, les mises à mort tant attendues seront très rares et le massacre promis n’en n’est en définitive pas un. De plus, la fin est également très décevante car ce qui arrive est un peu plat donnant la fâcheuse impression que les scénaristes ne savaient pas trop comment finir. C’est vraiment dommage car on sent qu’il y avait tout de même du potentiel mais que ça a été mal dirigé. On en veut pour preuve : les scènes de foule mal filmées car un peu trop tremblantes ou bien celles au concept sympa mais qui n’aboutissent à rien (comme lorsque Damon quitte une salle d'examen et que la foule disparaît le temps qu'il décadenasse son vélo) ou bien d’autres qui sont trop courtes (celle de l'accouchement).

On aurait également aimé en apprendre plus sur cette infection, ce virus, on ne sait pas finalement, forçant les paternels à agir ainsi. Soit c'est de la haine accumulée depuis des années par tous les parents qui en ont marre tous en même temps et ça serait une sacrée coïncidence, soit c'est une épidémie inexpliquée et là, on est un peu frustré. Par ailleurs, la présence de flashbacks nuit gravement au rythme du métrage. Même si c’était louable quant à l’intention pour mieux contraster entre l’image de famille parfaite et les scènes de massacres, c’est mal géré à l’écran, une nouvelle fois. Et ce n’est pas la bande originale qui oscille entre la musique punk et l’électro qui va sauver ce métrage d’un naufrage quasi assuré !



Pourtant, les acteurs semblent vraiment investis mais comme la réalisation multiplie les faux-pas, cela leur laisse peu de place pour vraiment briller. Et lorsque c'est le cas, la mise en scène est si lourde qu'on ne perçoit ni la haine ressentie, ni l’empathie souhaitée. Et on pourra alors dire sans trop se faire taper sur les doigts par ses défenseurs que c’est un navet de plus dans la filmographie de Nicolas Cage qui, depuis l’excellent "Kick ass", enchaîne les daubes substantielles et alimentaires comme d’autres enfilent les perles. Quant à Selma Blair, elle fait ce qu'elle peut et apparaît moins ridicule que son compère de tournage qui lui cabotine à mort dans le rôle du papa qui pète un câble. Contrairement à nous, il prend du plaisir et cela se voit ! D'ailleurs, il a déclaré que c'était le film qu'il a préféré tourner depuis dix ans. En même temps, les mauvaises langues diront que c’est normal car il n’a rien tourné de probant depuis… combien de temps déjà ? A noter la présence fort bienvenue mais assez courte de Lance Henriksen ("Aux frontières de l’aube", "Absolom 2022", les franchises "Alien" et "Mimic", etc.), dans le rôle du papa de Brent…

Les deux principaux problèmes scénaristiques finalement sont : d’avoir commencé par le massacre de masse pour finir par le huis clos et non l’inverse et que les parents ne s’en prennent qu’à la chair de leur chair et non aux enfants des autres. Du coup, ça limite les possibilités et le bodycount paraît de fait bien malingre ! Heureusement, le dernier quart d’heure avec l’apparition des grands-parents, qui est bien défouloir avouons-le, ponctue un peu ce film de genre d’une note sympathique. Mais, on aurait aimé tellement plus avant ! On est alors en droit de se demander si des plans jugés trop brutaux n’auraient pas été coupés au montage ? C'est bien triste en tous cas…



Voilà donc un beau gâchis qui reste amusant cinq minutes avec quelques rares bonnes idées mais tellement mal exploitées que c’est hyper décevant ! Ce n’est pas ultra déplaisant à regarder mais il manque clairement la folie attendue de la part d’un réalisateur autrefois jugé plus « couillu ». On a donc un beau petit ratage qui, après une bande-annonce pourtant alléchante, fait l’effet d’un pétard mouillé. Et ce n’est pas un Nicolas Cage bedonnant et vociférant à tout-va qui va attirer les foules !









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