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Ann-Marie, un jeune mannequin français qui a fait quelques clichés dénudées, se voit inviter lors d'une soirée par Mark, un inconnu, qui lui propose de l'emmener chez ses parents. Sous le charme du brun ténébreux, Ann-Marie accepte et se retrouve dans un gigantesque demeure qui semble inhabitée. Elle va bientôt découvrir le secret de cet endroit insolite et de sa présence ici : elle vient en réalité de se faire kidnapper et se retrouve devant une directrice, son mari aveugle et deux gardiennes sadiques qui vont lui inculquer le savoir-vivre, sous peine de lui faire subir quelques tortures dont la punition du fouet. La demeure, une ancienne prison abandonnée, est devenue un lieu de séquestration pour jeunes filles, dirigée par des individus prônant le retour de l'ordre moral et de la civilité...



L'AVIS :

Sous-genre du cinéma Bis, le W.I.P. ou Women In Prison possède ses aficionados qui se délectent de voir des jeunes filles dénudées se faire malmener par des gardiens de prisons pervers et sadiques. Avec "Flagellations", Pete Walker, cinéaste britannique indépendant à qui l'on doit des films comme "Frightmare", "Hallucinations", "Mortelles Confessions" ou "Schizo" par exemple, s'aventure donc en 1974 dans le domaine du film de femmes en prison, avec toutefois quelques différences notables par rapport aux classiques du genre, tels "99 Women" de Jess Franco, "Pénitencier de Femmes" de Bruno Mattei, "Les Anges du Mal" de Paul Nicholas ou bien encore "Red Heat" de Robert Collector et Ernst Ritter von Theumer.



Dans "Flagellations", vous ne trouverez pas de scènes de douche torrides ou de duo lesbien dans les cellules, séquences qui sont généralement les points forts des W.I.P. L'érotisme est d'ailleurs assez discret ici, même si l'héroïne, interprétée par la jolie Penny Irving, se retrouve en tenue d'Eve à plusieurs reprises. Par contre, niveau violence et sadisme, Pete Walker se laisse aller et nous offre quelques pendaisons et autres sévices au fouet qui provoque un certain malaise, sans réellement recourir à des effets visuels gore d'ailleurs, hormis la vision des plaies sur le dos de la pauvre. Il nous propose surtout une directrice de prison et une gardienne bien ravagées du ciboulot. Elles sont accompagnées par une seconde gardienne et par un "juge", à savoir le vieux mari aveugle de la directrice. Ces quatre protagonistes peu fréquentables agissent au nom de l'ordre moral au sein d'une ancienne prison abandonnée, un bâtiment imposant à qui ils font reprendre du service dans la plus totale clandestinité, préférant le terme de "maison de corrections" à "prison" d'ailleurs. Le personnage le plus antipathique est interprété par Sheila Keith, une habituée des films de Pete Walker. Grande, blonde, visage carré et regard menaçant, elle pourrait rivaliser sans peine avec la fameuse Ilsa, tant elle semble n'éprouver aucune compassion pour ses victimes. Il suffit de voir avec quelle puissance et quel sadisme elle punit les éléments rebelles à grands coups de fouet !



Dirigée avec une main de fer par la directrice (Barbara Markham), l'établissement entend bien remettre dans le droit chemin les pauvres jeunes filles égarées dans le monde du vice ou de la corruption. Et gare à celles qui désobéissent ! A la première incartade, c'est l'isolement. A la seconde, c'est la punition par le fouet. A la troisième, c'est l'exécution par pendaison. Inutile de dire que personne ne sort vivante de cette maison de corrections pour femmes, dont les tenanciers jouent le jeu jusqu'au bout, allant même jusqu'à reproduire des parodies de procès dont eux seuls détiennent les règles. Si le but avoué de Pete Walker était de faire un film de pur divertissement (!!) avec Flagellations, on note tout de même que ce dernier propose un second degré de lecture nettement plus ambitieux. Rien que le texte d'introduction nous met la puce à l'oreille. Walker prend au sérieux la montée de l'ordre moral en Angleterre, notamment à travers la National Viewers' and Listeners' Association, qui va surveiller de manière extrême les retransmissions télévisuelles et audiovisuelles du pays, voulant mettre en avant les valeurs morale et les valeurs religieuses. C'est également cette association qui fit le malheur des fans anglais de films d'horreurs avec l'apparition des Videos Nasties au début des 80's.



Ce sous-texte de Pete Walker, qui apparaît clairement à travers les personnages antipathiques qu'il met en scène, apporte une réelle richesse à Flagellations, qui devient alors un Women in Prison traité avec sérieux et qui a quelque chose à dire. En plus, Pete Walker instaure une réelle ambiance angoissante pour nous faire vivre le clavaire subit par les pauvres jeunes filles retenues contre leur gré. Une approche qui permet au film de nous mettre mal à l'aise et s'avère bénéfique, Flagellations trouvant alors une vraie crédibilité dans son déroulement. En s'attaquant à ces extrémistes qui, sous couvert de l'ordre moral, commettent des actions bien plus répréhensibles que celles qu'ils reprochent à leurs victimes, Flagellations maque des points, surtout que le casting est solide et que la mise en scène est des plus correctes. La dernière demi-heure mélange humour noir et ambiance hystérique pour un effet efficace. Pete Walker est réellement un réalisateur attachant et dont les films méritent une plus grande reconnaissance.


Disponible en combo DVD / BR chez ARTUS FILMS






Du même réalisateur :

SCHIZO
MORTELLES CONFESSIONS