RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION


Cliquez pour noter..


La mini série de 6 épisodes réalisée en 2016 mettait en scène Eve, une touriste américaine de 19 ans, pourchassée par Mick Taylor sur ses terres, l’outback australien. Après avoir survécu, elle décidait de se venger. Ce coup-ci, dans cette saison 2, notre serial killer préféré du bush s’intéresse de près à des touristes en provenance d’un peu partout dans le monde et venus faire un circuit à travers le pays des kangourous. Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que Mick qui a évincé Davo, le chauffeur du car prévu pour l’excursion, a prévu de les laisser en plein désert ardent afin de les chasser un par un. Y aura-t-il cette fois un survivant ?




L'AVIS :

Le cinéma et la télévision australiens ont deux grands ambassadeurs du tourisme appelés Mick. Le premier, surnommé « Crocodile Dundee », comparait la taille de son couteau avec ceux des voyous de New York dans les années 1980. L'autre, a une approche plus pratique des couteaux, puisqu’il s’en sert contre ses semblables et surtout ceux qui viennent visiter son pays ! Dans leurs mondes respectifs, nos deux Mick (Dundee et Taylor) ont des objectifs diamétralement opposés : Mick Dundee traverse les océans et séduit les gens du continent américain alors que Mick Taylor vit en Australie tout en maltraitant les visiteurs à domicile qu’ils soient étatsuniens ou autres ! Mais nous autres à Horreur.com, on préfère largement Mick Taylor, un sociopathe aimant tuer et excellent chasseur de surcroît. Aussi à l'aise avec les armes blanches que celles à feu, il possède un humour et un rire qui mettent mal à l'aise ses futures victimes mais qui ravissent les fans de psychopathes ruraux. Amoral à souhait, il aime les aider, et ainsi se poser en sauveur, avant de les assassiner froidement. Très consciencieux, il ne laisse aucune trace : ni corps ni cartouches. Et c’est pour cela qu’il a toujours réussi à échapper aux forces de l’ordre. Ses victimes préférées ? Les touristes, même s’il peut faire quelques exceptions concernant ses congénères australiens dès lors que ceux-ci marchent un peu trop sur ses plates-bandes !



Cette nouvelle saison de Wolf Creek, est, au vu de son scénario, beaucoup plus ambitieuse que la précédente, avec plus de personnages principaux que tous les projets précédents de la franchise. Les principales proies toutes venues faire ce voyage avec leurs propres raisons sont donc : Brian, un psychologue britannique, Rebecca et Danny, un couple d'américains essayant de sauver leur mariage, Kelly et Michelle, deux étudiantes de Toronto, Wade, un blogueur venant d’Adelaïde, Steve et Johnny un couple gay, les Weber, une famille allemande voulant mieux connaître leur nouvelle terre d’adoption, Bruce, un ex-militaire qui cherche à s’aérer la tête pour ne plus penser à son divorce et Ritchie, un vacancier pataud très bavard en provenance de Nouvelle-Zélande. Ils seront guidés un temps par Davo, leur chauffeur de bus avant qu’il ne rencontre Mick à un relais routier local et c'est à ce moment-là que vous vous rendrez compte que leur destin est scellé…

Rassembler un groupe de touristes excités et les envoyer dans l'inconnu, seulement pour leur faire rencontrer un grand méchant qui en liquidera la plupart, sinon la totalité d'entre eux est certes assez simpliste comme scénario. Mais pas quand l'inconnu de l'outback australien est Mick Taylor, car là l'histoire nous dit que ça va être effrayant et sanglant car c’est bien lui le centre de la série. Effectivement, il est toujours aussi implacable et est devenu au fil du temps aussi emblématique que la franchise elle-même. Contrairement à d'autres méchants du genre qui traquent silencieusement leurs victimes tout en étant enveloppés de mystère, Taylor, joué par l’excellent John Jarratt, est plus grand que la vie. Il est bruyant, excentrique et sans honte, australien jusqu’au bout des ongles, se liguant souvent avec les gens qu'il tuera plus tard. Bienvenue donc à Wolf Creek pour la saison 2 où Jarratt est à son meilleur car il habite un personnage qui est maintenant aussi terrifiant que Freddy Krueger puisque tout comme lui, il incarne une machine à tuer démoniaque, omnipotent dans son vaste univers où il règne en maître absolu avec un fusil, un pistolet, un couteau voire ses mains nues et le fait en toute facilité et surtout impunément ! Cela étant, ce ne sera pas le seul à sortir son épingle du jeu côté distribution. En effet, la gent féminine sera encore à l'honneur car Rebecca (la superbe Tess Haubrich, vue dans Alien covenant) tiendra tête à notre serial killer australien pendant très longtemps ainsi que d'autres femmes à fort tempérament dont la canadienne Kelly. Il est dommage cependant de ne pas avoir eu la chance de revoir la ravissante Eve, l'héroïne de la précédente saison, d'ailleurs on ne sait si les événements se déroulant sous nos yeux ébahis arrivent avant ou après celle-ci, mais est-ce vraiment bien dérangeant ?



Outre un plus gros casting, qui contraste par rapport à la saison précédente, l'autre gros changement c’est que côté action, on s'éloigne ici beaucoup plus du territoire du thriller, avec une utilisation intelligente des décors, de la photographie, de l'éclairage et de l'histoire pour fragmenter le groupe, directement dans le viseur de Mick. Jusqu'aux dernières minutes, cette deuxième saison qui s’oriente plus vers le survival à la Delivrance parlant également de la peur de l'étranger, nous attire et nous investit dans le destin de chaque personnage. Pour commencer, les occupants du bus de ce que nous supposons être les futures victimes de Taylor, nous sont présentés. Ils feront ensuite des choix raisonnables ou pas auxquels le public pourra s'identifier. Naturellement, nos pensées se tourneront ainsi vers ceux qui mourront les premiers mais aussi vers celui ou celle qui aura la chance, voire l'habileté nécessaire pour survivre d'une manière ou d'une autre à Mick mais aussi au climat suffocant et caniculaire des terres australes au cours des six épisodes.

Ainsi, comme dans toutes les séries mâtinées de thriller qui atteignent leur deuxième saison, chaque membre de la distribution peut passer de vie à trépas en une nanoseconde. Et il faut bien avouer que cela rend cette saison encore plus agréable : on a conscience qu'ils vont mourir, mais on ne sait ni quand ni comment ! On connaît toutefois celui en charge de les occire et on en jubile d’avance car côté méchant, on sait qu’on a affaire à du vicieux de chez vicieux ! Pour conclure, c'est aussi bien que la première saison même si ce n'est plus la même trame mais la fin ouverte pourrait en décevoir certains, d'autant qu'elle peut, encore une fois, amener une suite...






5/6 - Vincent Duménil