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Dans une Angleterre dystopique, l'humanité a été ravagée par une mystérieuse pandémie fongique (c'est-à-dire liée aux champignons), transformant les personnes infectées en zombies assoiffés de chair humaine appelés « voraces ». Les quelques survivants se sont regroupés dans des bases fortifiées où ils se défendent tant bien que mal contre les contaminés qui veulent envahir les camps. Dans l’un de ceux-ci, une poignée d’enfants sous contrôle touchés par le virus mais conservant une certaine maîtrise de soi malgré leur appétit pour leurs congénères, est étudiée afin de trouver un vaccin. Mais un beau jour, la base est inévitablement envahie et évidemment un petit groupe de personnes, dont Helen Justineau, une institutrice pleine d’empathie, Caroline Caldwell, un docteur sans pitié aucune, deux militaires et Melanie, une enfant détenue qui semble posséder d'exceptionnelles capacités de contrôle de soi, s’évade à la recherche d’une base humaine encore viable...



Il y a plus d’une dizaine d’années désormais et depuis le succès de "Shaun of the dead", les films de zombies avaient vraiment la cote, voire le vent en poupe. Se sont ainsi succédés parmi les meilleurs : "Bienvenue à Zombieland", "Warm bodies", "Dead Snow 2 : red vs. dead" ou encore "Manuel de survie à l'apocalypse zombie". Mais ils avaient tous pour dénominateur commun -outre leur titre sympathique- la gaudriole. En effet, devant certaines scènes, on ne pouvait que s’esclaffer à gorge déployée ! Parallèlement à ce phénomène et peu de temps avant les œuvres susmentionnées, les longs-métrages « plus sérieux » traitant de pandémie, d’infection ou de contamination ont également afflué sur les écrans. Après le succès de "28 jours plus tard", on recense parmi les meilleurs : "28 semaines plus tard", "Rec", ou bien encore "Je suis une légende 2007". Mais on voit bien qu’il faut remonter dans le temps avant d’en trouver un qui vaille vraiment le coup, si l’on fait exception de "The bay" de 2012 qui appartenait aussi au genre du found footage !

Force est donc de constater aujourd’hui, alors que les productions de genre se multiplient auprès du grand public, que l’originalité mêlée au drame n’est plus de mise au bénéfice des comédies avec des infectés ou des zombies. Navré de vous l’apprendre si frontalement, mais The girl with all the gifts n’échappera malheureusement pas à cette règle et n’est finalement qu’un film de zombies moyen et si prévisible qu’on a l’impression d’avoir déjà tout vu plusieurs fois car il reprend des ficelles scénaristiques éculées comme : l’éternelle pandémie, le groupe de survivants réfugiés dans un camp de fortune temporaire qui va s’effriter à cause d’un élément perturbateur, le repli de quelques-uns d’entre eux vers un autre endroit plus sûr, puis la fin de l’histoire avec une conclusion plus ou moins bonne, c’est selon.



Toutefois, après une introduction d’une vingtaine de minutes particulièrement réussie, jouant sur l’ambiguïté des enfants cobayes, à la fois humains et zombies, le film plonge dans des scènes pas mal faites, mais sans grand intérêt puisque dès que l’on sort des camps, on visite un Londres contaminé et tout cela ressemble alors à une traque déjà vue entre contaminés et survivants. On aurait peut-être aimé que ce prologue soit moins expéditif et en apprendre un peu plus sur l’organisation qui se sert d’enfants comme des rats de laboratoire, même si l’idée n’est pas neuve (cf. les séries télé "X Files", « Le caméléon », « Dark angel » et récemment « Stranger things »). Ce n'est pas déplaisant à suivre, cependant on perd un peu cette idée de base qui faisait l'intérêt du film. C’est d’autant plus dérangeant que l’on a une nouvelle fois le droit à des scènes avec des personnages aux comportements absurdes. La palme revenant à la fille soldat du début qui n'a pas osé tirer sur un enfant alors que son compagnon d’armes allait inévitablement mourir et surtout le soldat abandonnant son équipement pour pénétrer dans un magasin plein de zombies ! De plus, le métrage se saborde avec une fin qui est assez ahurissante et donne l’impression que les scénaristes ont complètement sacrifié la psychologie des personnages au profit de quoi ? On cherche encore !



Pourtant, tout n’est pas à jeter dans The girl with all the gifts. Le score sans être trop envahissant est plutôt sympa, les ambiances sont assez plaisantes alors que le découpage fonctionne relativement bien même durant les scènes plus portées sur l'action. Rien de très transcendant c’est vrai, mais ça marche assez bien. De plus, l’idée du développement du champignon était vraiment intéressante mais on sent que les scénaristes auraient pu davantage approfondir le concept pour en faire un truc vraiment génial, mais c’était peut-être trop en demander !? Colm McCarthy n’a, après tout, rien réalisé de véritablement notable avant ce métrage !

Le casting, quant à lui, est constitué de « bonnes têtes » et surtout d’acteurs plus que décents. Que ce soit Gemma Arterton ("Hansel et Gretel : witch hunters", "The voices", "Byzantium"), Glenn Close ("Mars attacks !", "Seven sisters") ou encore Paddy Considine ("The backwoods", "Le dernier pub avant la fin du monde"), tous s'en sortent très bien, ce qui aurait pu rendre le film moins pénible à regarder. Mais c’est la jeune Sennia Nanua dans le rôle de Melanie qui s’en sort le mieux avec son excellente prestation d’enfant-zombie parvenant encore à fonctionner comme un être humain.



Lorgnant très clairement sur ses illustres aînés précités sans jamais vraiment s’en démarquer, The girl with all the gifts est un film d'infectés qui se regarde sans déplaisir même si l’on sent toutefois que l’ensemble manque clairement d’ambition, la grande faute à un scénario pas assez travaillé voire pas très subtil par moments et à une fin bâclée. Ce n’est donc pas une catastrophe au final, mais simplement un film de zombies comme tant d’autres qui ne parvient jamais à être réellement captivant. Dommage.









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