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Auteur
Stephen King

Editeur
J'ai lu

Date de sortie
1979

Nombre de pages
350

Langue
français

Couleur
Non



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Moyenne: 5
(1 vote)


Greg Stillson, candidat à la Maison-Blanche, est un fou criminel, grand admirateur d'Hitler et d'autres maniaques de l'extermination. Quand il sera élu, ce sera l'Apocalypse. Un seul homme le sait : John Smith, car il est doué d'un étrange pouvoir qui lui attire pas mal d'ennuis, il devine l'avenir. Il n'y a rien de réjouissant à cela. Il peut prévoir les accidents, les catastrophes, les hécatombes. On ne le croit pas, ou alors on le croit trop. John Smith n'a encore rien dit de ses prémonitions. Pourtant, le candidat à la présidence des Etats-Unis est un dément. Que fera John Smith pour son pays ?

L'AVIS :

Datant de 1979, DEAD ZONE est le roman préféré de Stephen King parmi la multitude qu'il a écrit. C'est pas moi qui le dit mais le King lui-même, lors de la conférence qu'il donna en septembre 1995 à Bangor.

Fidèle a ses habitudes, Stephen King nous présente un personnage qui va posséder un petit quelque chose en plus : télékinésie pour Carrie, pyrokinésie pour Charlie, don de voyance pour Johnny Smith.

Johnny Smith est donc le héros de DEAD ZONE. Un homme des plus ordinaires, un simple professeur sans histoire, qui vit une belle histoire d'amour avec Sarah. Son père est un homme généreux, sa mère semble sombrer dans l'adoration de Dieu mais sans en affecter son fils.

Bref, rien d'extravagant dans la vie de Johnny Smith. Jusqu'à l'accident. Un terrible accident de voiture qui le laisse dans le coma durant cinq ans.

Cinq ans, c'est long. La mère de Johnny devient une bigote totalement folle, son père souhaite la mort de son fils ne voyant aucun échappatoire au coma, Sarah refait sa vie et a un enfant, les Etats-Unis ont un nouveau président et des milliers d'autres choses évoluent.

Et puis, le miracle. John Smith sort du coma. Devant batailler pour remarcher, retrouver ses facultés, réapprendre à vivre tout simplement. Le personnage dépeint par Stephen King est touchant et on ressent de l'admiration pour John Smith. Le talent de Stephen King pour qu'on prenne en empathie ses personnages est réellement fabuleux.

Mais le King ne pouvait s'empêcher de venir mettre un grain de sable dans le rouage. L'accident de John Smith a déclenché en lui un don de divination (on verra à la fin du roman que "le pouvoir" était déjà en John Smith et que l'accident n'a fait que le faire revenir à la surface de manière exponentielle).

Bénédiction ou malédiction que de pouvoir prédire l'avenir rien qu'en serrant la main d'une personne ? Dans le cas de l'infirmière qui soigne Johnny a l'hôpital, c'est sa maison qui est sauvé des flammes. Dans le cas d'un jeune élève à qui il doit redonner confiance et lui apprendre à lire sans bégayer, c'est sa vie même qu'il sauve, Johnny l'empêchant d'aller à une soirée avec des amis, persuadé que l'établissement servant de lieu à la fête va être la proie de la foudre. Au total, plus de 80 personnes périront dans l'incendie.

Ce "pouvoir" va également lui permettre d'arrêter un tueur en série qui sévit dans le Maine et qui échappe à la police.

Ce qui peut alors apparaître comme une bénédiction va devenir plus complexe à gérer pour Johnny. Car une question va lui tarauder l'esprit : s'il connaît l'avenir, peut-il le changer ? En a-t-il le droit ? Pouvait-il sauver les 80 personnes ? S'il avait serré la main d'Hitler avant qu'il ne devienne le dictateur qu'on connaît, qu'aurait-il fait ?

Cette question est des plus intéressantes. Et Johnny va devoir y répondre rapidement, surtout après avoir serré la main de Greg Stillson, un candidat à la Maison-Blanche. Johnny en est certain, cet homme, s'il accède au pouvoir suprême, va déclencher une troisième Guerre mondiale.

Avec une écriture plaisante, jamais surchargée, Stephen King nous plonge dans un thriller qui flirte avec le fantastique mais sans jamais y sombrer réellement. Les pages s'enfilent comme des perles et on est happé dans cette histoire passionnante et on se plait à accompagner Johnny Smith dans ses pensées et ses actions.

Si le final peut paraître un peu vite expédié peut-être, tout ce qui précède est franchement efficace. Encore une vraie réussite de la part de Stephen King.

DEAD ZONE s'est vu adapté au cinéma par David Cronenberg. John Smith était interprété avec brio par Christopher Walken. Le film est très fidèle au roman, à quelques petits détails près. La soirée entre amis qui vire au drame a été remplacé par l'accident des enfants jouant au hockey sur un lac gelé par exemple. Et dans le film, Johnny Smith se "trouve" au beau milieu de ses "visions" alors que ce n'est pas le cas dans le roman. Hormis celà, le film est une merveille d'adaptation et je ne saurai que trop vous conseiller de relire le roman avant de vous replonger dans sa vision.

5/6 - Stéphane Erbisti