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Teresa, une jeune étudiante surnommée « Tree » par ses proches, est fortement bouleversée lorsqu'elle découvre qu'elle revit inlassablement la même journée. Un jour apparemment ordinaire mais qui s'achève toujours par sa mort brutale causée par une personne arborant un masque de bébé des plus effrayants. Elle va alors s’évertuer à discerner pourquoi elle est victime de cette sorte de malédiction, mais surtout de savoir qui se cache derrière le déguisement. Découvrira-t-elle alors l’identité de son assassin ainsi que son mobile ?



« Blumhouse Productions » frappe encore et toujours dans le genre de l'horreur. Cette société de production américaine hyper féconde fondée par Jason Blum est spécialisée dans les métrages horrifiques et les thrillers à petits budgets. Elle a ainsi produit "Get out", deux "Ouija", les cinq "Paranormal Activity", les quatre "Insidious", les deux "Sinister" ou encore la franchise "American Nightmare" et coproduit "Split", excusez du peu ! Son secret ? Offrir une nouvelle génération de films d’horreur en accord avec la demande actuelle et ça fonctionne plutôt pas mal pour elle vu les dollars qu’elle a engrangés depuis sa création en 2000 ! Ici, avec Happy Birthdead (« Happy Dead Day » chez nos amis anglo-saxons), elle s'attaque au slasher, un genre un peu oublié du cinéma d'horreur. Elle placera ainsi aux commandes de son dernier rejeton un habitué de la maison en la personne de Christopher B. Landon, scénariste de trois "Paranormal Activity" et réalisateur de son spin off, "Paranormal activity : the marked ones", ainsi que du très sympa "Manuel de survie à l'apocalypse zombie", donc un gars qui maîtrise son sujet.

Le long-métrage objet de cette critique est la rencontre parfaite entre le film qui a remis le slasher au goût du jour dans les années 90, le bien nommé "Scream" avec le même canevas en calque, celui d’une étudiante hantée par la mort de sa mère qui est poursuivie par un tueur masqué semblant obsédé par elle et le métrage comique "Un jour sans fin" avec un personnage antipathique au premier abord qui va se réveiller tous les matins pour revivre la même journée cauchemardesque et qui va apprendre à évoluer positivement. D’ailleurs, cette dernière référence cinématographique est clairement citée dans Happy Birthdead. A ses deux illustres renvois, on pourrait également ajouter "Edge of tomorrow" pour le personnage principal que l'on s'amuse à voir mourir des pires façons possibles encore et encore, mais aussi la franchise "Destination finale", dans laquelle on sait que les principaux protagonistes vont inéluctablement mourir sans que l’on sache comment.



Le film est ainsi une pure caricature assumée des campus américains. L'héroïne est la bimbo de service, la pétasse/bombasse blonde de surcroît mais détestable au possible car elle rabaisse les autres en permanence quand elle ne les méprise pas, bref elle se croit supérieure à tout le monde. Mais voilà, le jour de son anniversaire, elle se fait violemment assassiner et se réveille en devant revivre le jour de son meurtre inlassablement, jusqu'à ce qu'elle démasque son meurtrier. Cela commence donc en mode horrifique, avec quelques petits jump scares disséminés çà et là et un climax assez oppressant corrélatif au tueur qui n’apparaît jamais au même moment de la journée, puis ça devient franchement comique car le personnage principal, se sachant potentiellement immortel, va s’en servir pour mener son enquête. Ce qui n’est alors pas désagréable du tout car certaines situations sont très drôles. Et l’humour est en partie renforcé par une galerie de personnages hyper stéréotypés avec les filles superficielles des sororités, les loosers de service, les sportifs décérébrés, le médecin qui donne des cours et qui trompe sa femme avec les étudiantes toutes amoureuses de lui, etc.



Alors certes, tout cela paraît très cliché, mais ça fonctionne relativement bien parce que le film assume son délire, et surtout parce que les acteurs sont bons, notamment l'héroïne principale Jessica Rothe (vue dans « La La Land »). Tantôt odieuse, tantôt touchante, elle peut aussi, par moments, se mettre à nue et se montrer attachante tout en nous faisant rire. Elle forme d’ailleurs avec Israel Broussard, interprétant Carter, un charmant petit duo qui ne cessera de se rapprocher tout au long de l’intrigue.

Toutefois, d’aucuns pourraient être déçus par le manque de gore et d’intensité dans les scènes horrifiques. On aura donc droit à des meurtres peut-être pas assez inventifs, contrairement à "Scream", qui lui, faisait fort avec ses homicides recherchés. Cependant, ici l'humour est plus présent, tout comme le brin de romance pour adolescents, qu’on pouvait aussi voir dans l’illustre métrage de Wes Craven, mais les deux films sont différents et il serait ainsi vain voire idiot de vouloir les comparer. En revanche, on pourra légitimement se plaindre en ce qui concerne la révélation finale de l'identité du tueur, pas assez aboutie pour les spécialistes du genre, mais peut-être suffisante pour le public ciblé par « Blumhouse Productions »…



Ce nouveau petit film d’horreur revisite ainsi les codes du slasher via une boucle temporelle qui va faire revivre la même journée à Tree, une blonde antipathique au premier abord, en même temps que la faire évoluer. Si l’humour est au rendez-vous (grâce au principe de répétition de certaines scènes), tout comme le climat anxiogène de quelques situations, le script, au contraire, peine un peu par son originalité, notamment en ce qui concerne l’identité du meurtrier masqué. Et ce n’est pas le double twist final qui va y changer grand-chose. Néanmoins, Happy Birthdead touche son public sans aucun mal car il est très divertissant.