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Aujourd’hui devenue une grande artiste dont la réputation n’est plus à prouver, Jess tente de récupérer sa fille Chloé qu’elle avait dû abandonner en raison d’une maladie il y a neuf ans. Un abandon que sa fille n’arrive pas à lui pardonner. Mais quand cette dernière est persuadée d’être hantée par une sorcière nommée Baba Yaga, elle décide de venir vivre chez sa mère biologique. Un rêve pour Jess qui est heureuse de retrouver sa chère fille... mais malheureusement le bonheur sera de courte durée car manifestement une entité démoniaque rôde effectivement autour de Chloé...



L'AVIS :

Après avoir réalisé en 2013 "the machine", petite série B de science-fiction dont je vous ai parlé il y a peu dans une chronique présente sur le site, Caradog W. James s’est lancé en 2016 dans le film d’épouvante mêlant thriller et paranormal avec "Baba Yaga".
Figure du folklore russe/slave, Baba Yaga est une sorcière (voire même un démon d’après certains écrits) qui a déjà eu droit en 1973 à un film éponyme mêlant fantastique, thriller, giallo et érotisme (film dont vous pouvez également trouver la chronique sur le site).

Le "Baba Yaga" version Caradog W. James fait partie de cette poignée de petits films réalisés en 2016 ayant fait pas mal le buzz sur le Web et ce malgré des défauts indiscutables (on peut retrouver dans cette petite liste des films comme "the bye-bye man", "dans le noir", "10 cloverfield lane", "incarnate" ou encore "it comes at night").
Car bien que l’on pense volontiers à "Candyman" ou "ring" quand on regarde "Baba Yaga", on n’y retrouve malheureusement pas le talent d’un Bernard Rose ou d’un Hideo Nakata... Mais qu’importe, le film de Caradog W. James possède toutefois quelques atouts non négligeables pour en faire un bon petit divertissement comme nous allons le voir dans les quelques paragraphes suivants !



Certain(e)s reprocheront peut-être à "Baba Yaga" d’user des codes de films de genre (jumpscares, légende urbaine véhiculée par des adolescents, malédiction peu originale...) et effectivement il est difficile de dire le contraire à ce sujet. Car malgré des petites touches d’originalité parsemées par-ci par-là, le film de Caradog W. James sent tout de même bon le réchauffé et le manque de prise de risque.

Par ailleurs, on pourra reprocher à "Baba Yaga" de ne pas proposer un scénario suffisamment approfondi.
Bien qu’il soit plutôt bien pensé sur certains segments (et le final du film en témoigne), ce dernier possède de trop grosses ficelles qui rendent hautement prévisibles plusieurs séquences dont justement ce final quelque peu gâché par un trop-plein d’indices divulgués au préalable et empêchant de donner au spectateur ce qui aurait pu être une belle surprise de fin.
En plus de raccourcis scénaristiques dommageables constatés à divers moments du récit, des incohérences sont également de la partie (un premier adolescent se fait rapidement happé par la sorcière alors que sa copine Chloé parvient systématiquement à échapper au démon, sauvée à chaque fois par le gong...Hum… Par ailleurs nous ne comprenons pas bien par exemple cette histoire de portes/trappes aux multiples facettes qui permettent d’accéder au Monde de la sorcière...) et entachent cette histoire qui aurait mérité un meilleur sort que celui qui lui est réservé ici.

Enfin, en ce qui concerne la galerie des personnages et surtout leurs interactions les uns avec les autres, on reste clairement sur sa faim. Les personnages sont en effet peu attachants (on peine à faire preuve d’empathie ici, les personnages sonnant creux pour plus d’un d’entre eux...) et cette relation compliquée entre les deux protagonistes féminins principaux (Jess et Chloé) n’est malheureusement pas suffisamment exploitée (un manque certain de psychologie dans ce duo fragile mais solidaire face à cette entité démoniaque). Posséder un cadre familial aussi intéressant d’un point de vue psychologique (une mère coupable et triste, une fille refusant de lui pardonner cet abandon) et ne rien développer de particulier tout autour (une fois l’introduction passée, Jess et Chloé ne semblent ensuite plus trop affectées par cette situation, trop occupées à gérer ce problème de sorcière qui les touche), c’est vraiment dommage...



Heureusement, à côté de ces nombreux défauts plus ou moins contraignants cités ci-avant, il faut bien reconnaître que "Baba Yaga" remplit sa partie du cahier des charges en ce qui concerne l’épouvante.

Certaines séquences sont réellement flippantes et angoissantes (certes deux-trois séquences seulement mais assez bien réparties dans notre histoire et suffisamment maîtrisées pour en garder un bon souvenir) et une poignée de jumpscares fonctionnent plutôt bien et surtout ne sont pas abusifs (en référence au calamiteux "ouija").

Une ambiance pesante bien rendue par moments (le trouillomètre se met en marche sans grand problème lors de la fameuse séquence où Chloé se retrouve coincée dans une pièce avec notre fameuse sorcière) et une atmosphère sombre/gothique réussie, le tout ponctué par de jolis jeux de lumière, une belle photographie et une musique très axée violons parfaitement maîtrisée et en adéquation totale avec l’ambiance qui règne lors de certaines séquences. Du bon travail que voilà !

Et que dire de notre fameuse Baba Yaga ?
Une sorcière (démon) plutôt bien fichue, sorte de pantin longiforme désarticulé à la maigreur excessive, tapie dans l’ombre et se déplaçant lentement à la manière d’une Sadako. Une représentation des plus menaçantes qui, accompagnée de bruitages réussis, fera son petit effet auprès du spectateur.



A la manière de "the machine", le précédent long-métrage de Caradog W. James, nous avons là un film d’honnête facture sur de nombreux plans (rythme plutôt soutenu, ambiance/atmosphère fort réussies et musique appropriée) mais qui aurait mérité un petit plus niveau scénario.
On notera surtout dans "Baba Yaga" de sympathiques moments d’effroi car il faut bien le reconnaître : faire frissonner et susciter une tension palpable n’est pas chose facile et s’avère même être aujourd’hui une chose rare dans le cinéma fantastique contemporain.

Au final le film de Caradog W. James ne présente peut-être pas grand chose d’extraordinaire sur le papier mais ce dernier demeure toutefois un assez bon divertissement ! Maladroit dans son scénario mais efficace dans sa façon de nous plonger dans ce monde ténébreux et angoissant de Baba Yaga !








Du même réalisateur :

MACHINE - THE