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Romancière à succès spécialisée dans le fantastique, Lauren Cochran souffre d'agoraphobie assez sévère et à bien du mal à quitter son environnement protecteur, à savoir son appartement; Elle se fait suivre par un psychiatre mais rien n'y fait. Elle décide de quitter l'enfer de la ville pour aller s'isoler dans un endroit plus calme afin de rédiger un nouveau roman. Accompagné par son ami Mark, elle part à la campagne et tombe nez à nez avec une vieille maison abandonnée, qui ressemble comme deux gouttes d'eau à celle illustrant la couverture de son dernier roman, "The Nesting". Troublée par la ressemblance, Lauren décide de louer la vieille demeure qui appartient à un ancien colonel en retraite. Peu de temps après, des bruits et des événements inquiétants se produisent dans la demeure. Lauren pense que celle-ci est hantée...



L'AVIS :

Peu prolifique, le réalisateur Armand Weston est surtout connu pour avoir réalisé des films pornographiques durant les années 70, tels Take Off ou The Taking of Christina. Son oeuvre la plus célèbre dans ce domaine reste l'excellent et très glauque The Defiance of Good, avec la ravissante Jean Jennings et Fred J. Lincoln (l'un des psychopathes de La Dernière Maison sur la Gauche). En 1981, il change radicalement de registre et délaisse les films pour adultes avec Retour vers le Cauchemar, oeuvre fantastico-horrifique jouant dans la cour des films de maisons hantées. Il faut dire ce genre a le vent en poupe depuis la sortie de Trauma en 1976, La Sentinelle des Maudits en 1977 et surtout d'Amityville la Maison du Diable en 1979. Ont suivi L'Enfant du Diable et Inferno en 1980, La Maison près du Cimetière en 1981 et bien sûr le Shining de Stanley Kubrick (1980), dont Retour vers le Cauchemar reprend l'élément de l'écrivain se rendant dans un endroit isolé pour trouver l'inspiration, et accessoirement lutter contre son agoraphobie dans le film qui nous préoccupe. Par la suite, bon nombre d'autres films sur ce thème ont vu le jour et la plupart seront de meilleure qualité que le film d'Armand Weston, qui, sans être déshonorant, a du mal à convaincre et à s'imposer dans le haut du panier des "Haunted House movie".



Pourtant, la vieille demeure qui va servir de cadre à l'histoire a un sacré cachet et son look est tout à fait approprié. Avec sa structure octogonale et son toit en forme de dôme, elle parvient à elle seule à créer une atmosphère inquiétante et intrigante. Une fois l'héroïne fraîchement installée dans sa nouvelle demeure (Robin Graves, vue dans le film de loup-garou Peur Bleue en 1985), Armand Weston peut se laisser aller à instaurer un climat mystérieux, fait de bruits, de fenêtres ou de portes qui claquent. On sait, depuis la scène d'introduction, qu'il y a eu une drame dans cette immense bâtisse. Le fait que l'héroïne semble la connaître, alors qu'elle n'y a jamais mis les pieds, renforce également l'atmosphère fantastique du film. Quelle peut bien être la relation entre cette romancière souffrant d'agoraphobie et la maison ? Il y en a certainement une, puisqu'elle se met à avoir d'étranges visions de femmes qui semblent être des prostituées et se pavanant avec des militaires. Des militaires ? Tiens, comme le propriétaire de la maison, un vieux colonel en retraite, interprété par John Carradine, célèbre acteur à la filmographie impressionnante (plus de 350 participations en tant qu'acteur !) et père de David Carradine !



Ce caméo hautement sympathique (bien que peu présent à l'écran) permet à Armand Weston d'avoir quelqu'un de connu au générique de son film. Il a d'ailleurs également engagé l'actrice Gloria Grahame, pour un rôle encore plus anecdotique. Plus le film avance, plus les éléments fantastiques se font présents et certains sont bien mis en scène : on pense par exemple à la mort de l'homme à tout faire, qui se noit dans un étang, attiré sous l'eau par plusieurs mains spectrales. Juste avant sa mort, il avait déjà subit le pouvoir des forces surnaturelles qui semblent habiter la maison, ces dernières l'ayant littéralement mis en lévitation devant une héroïne hurlante de frayeurs. Il est dommage que Retour vers le Cauchemar ne soit pas plus concis (le film dure 103 minutes) et qu'il s'impose des séquences franchement pas terrible (la poursuite de l'héroïne par un gros redneck par exemple) qui ralentissent son rythme déjà pas bien nerveux. Niveau horreur visuelle, il faudra vous contenter de quelques petits effets gores, le plus sympathique restant ce coup de faucille venant se ficher dans la tête du gros redneck évoqué ci-dessus.



Une faucille qui prend beaucoup de place sur l'affiche originale du film et qui pouvait donné à penser qu'on était en présence d'un slasher movie, ce que Retour vers le Cauchemar n'est pas. Si le film d'Armand Weston n'est pas désagréable à regarder, on ne peut pas dire que ce soit une grande réussite pour autant. Son aspect très téléfilm, ses situations pas toujours crédibles n'en font pas une oeuvre de référence. Reste une ambiance pas trop mal tenue, des séquences oniriques intéressantes et l'envie d'en savoir plus sur les curieux événements qui viennent perturber la vie de la romancière, qui font qu'on restera jusqu'à la fin de ce petit film méconnue, disponible en Blu-ray en VOSTF chez Blue Underground.








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