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Elizabeth, appelée Liz par ses proches, se connecte à un site de médias sociaux avec webcam, connu sous le nom de « The Den » et qui permet aux utilisateurs de bavarder en ligne avec des personnes aléatoires à travers le monde. Pour valider son diplôme en sociologie, elle propose de discuter avec autant d'individus que possible et de calculer le nombre de conversations significatives qu'elle peut accumuler. Obtenant in extremis une subvention pour son projet, elle passe alors les mois qui suivent à dialoguer avec de parfaits étrangers, quand ce n’est pas avec son petit ami Damien, ses potes Max et Jenni ou encore sa sœur Lynn. Bien que la plupart de ses « chats » se terminent assez rapidement en raison de leurs contenus sexuels ou bien de leur insignifiance, elle accumule beaucoup de données et est optimiste quant aux résultats collectés pour sa thèse. Toutefois, sa bonne humeur va vite décroître à partir du moment où son compte est piraté mais surtout, quand elle deviendra témoin d’un meurtre en direct…



Les long-métrage horrifiques ont de plus en plus de liens avec Internet ou encore les réseaux sociaux, c'est logique me direz-vous, il faut bien évoluer avec son temps ! Et parmi eux, on trouve du pitoyable comme "Echap" ou encore "#Horror", du pas trop mal avec "Unfriended" (toutefois tellement mieux que son remake non avoué "Friend request" !) et du très bon avec le glaçant "Megan is missing". Alors quand en plus on en a un qui mélange les codes du genre précité avec ceux des « found footage movies » qui pullulent actuellement sur les écrans, on est en droit de s’interroger sur la qualité de celui-ci, tant tout semble avoir déjà été fait en la matière et que la valeur du spectacle est devenue bien indigente, on en veut pour preuve la franchise pitoyable des "Paranormal activity" ! C’est pourtant ce que propose The Den (initialement apparu en Russie en 2013 !?), un film de Zachary Donohue sorti dans quelques salles américaines et simultanément en VOD en 2014, puis chez nous un peu plus tard, directement en DVD. Il narre l’histoire de Liz, une étudiante qui obtient une bourse pour sa thèse sur « The Den » (traduisible par « la tanière » chez nos amis anglo-saxons), un site clone de « Chatroulette » sur lequel, avec sa webcam, elle va enregistrer toutes ses interactions avec de parfaits étrangers. Mais tous ne sont peut-être pas fréquentables…



Ici, les bases de l'horreur viennent donc d'un site de « chat » (« bavarder » en anglais), via lequel on peut converser en live aléatoirement avec des personnes du monde entier, mais parfois certaines sont à éviter et c’est la découverte que fera malheureusement Liz, notre héroïne ! C'est basique et pas très horrifique comme histoire je vous l'accorde, mais ce n’est que le début ! Car après une introduction plutôt banale et pas très longue, lors de laquelle on voit des personnes défiler sur des écrans d’ordinateur, certaines étant drôles, d'autres excentriques ou exhibitionnistes, on rentre assez vite dans un thriller pour terminer dans un pur métrage d'horreur avec utilisation de la caméra GO-Pro pour tourner en direct en justifiant le côté found footage du film et nous faire sortir du décor servant de cadre principal, à savoir le salon et la chambre de Liz. Plutôt bien vu !

Alors certes, des longs-métrages tournés caméra à l’épaule, on en a vus pas mal et celui-ci n’est pas forcément le mieux réalisé. Pourtant ça fonctionne assez bien et on ne voit absolument pas le temps passer. Le personnage principal suscite de l'empathie, d’une part parce qu’elle est mignonne mais pas trop avec son physique de « girl next door », mais aussi parce qu’elle a l’air moins bête que la moyenne comme trop souvent dans les films d'horreur, même si parfois elle semble tout de même se jouer de malchance. Pour ce qui est des autres acteurs, même si certains pourraient être meilleurs, ils se débrouillent toutefois pas mal au vu de leur Curriculum Vitae malingre et donc de leur peu d’expérience derrière les caméras, mais surtout compte tenu du budget du métrage, avoisinant les 500 000 dollars.



De plus, l’immuable caméra qui tremble version « Parkinson » qu’on a l’habitude de voir dans ce type de productions est un peu délaissée, Zachary Donohue nous proposant plutôt de vivre la plus grande partie de l’action au travers d’un écran d’ordinateur. Ainsi, on a le curseur de souris qui navigue sur l’écran, des fenêtres qui s’ouvrent, des alertes sonores de messages reçus et autres appels avec webcam. Puis dans la toute dernière partie, ça bougera un petit peu plus avec l’utilisation d’une caméra fixée sur un casque qu’arborera notre héroïne. Cette façon de faire est donc intéressante car elle exploite ainsi plusieurs façons de mettre en images l’intrigue. C’est la grande force de The Den qui évite ainsi de trop vite tomber dans la facilité et qui réussit à maintenir son intrigue à un bon rythme en passant intelligemment d’une introduction non dénuée d’humour avec le défilé de personnalités insolites à la mise en place d’un suspense redoutable voire insoutenable dès lors que Liz assistera à un assassinat en live et se retrouvera embarquée dans une aventure dangereuse.

Alors même si l’on peut penser que le scénario n’est pas d’une grande originalité et que le message du film visant à prévenir des dangers d’Internet est un peu trop réducteur, il faudrait toutefois le faire visionner à titre d’utilité publique à certaines personnes afin de s’interroger davantage sur notre rapport aux images et notre méconnaissance des dangers de la toile, surtout quand on est débutant en la matière ou un peu trop naïf…



The Den est a priori un énième found footage, mais pourtant, celui-ci sort du lot car l’action et la tension sont au rendez-vous. Et mêmes si les sempiternels clichés et agissements incohérents de certains protagonistes sont bien là, le rythme et les acteurs sont suffisamment bons pour nous faire passer un agréable moment. Mais surtout, l’immersion est telle, qu’on se laisse rapidement prendre au jeu et que l’angoisse nous assaille jusqu’à un final assez réussi car graphiquement violent et faisant froid dans le dos. En tout cas, certains ressorts scénaristiques sont intéressants voire rares à ce niveau pour ne pas être soulignés malgré un côté moralisateur quant aux risques potentiels des réseaux sociaux et du Net un peu trop tranché.









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