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Après le décès de leur fils dans un accident de voiture, Anne et Paul décident de quitter le monde citadin et partent à la campagne dans la Nouvelle-Angleterre, prêts à redémarrer une nouvelle vie en laissant leurs vieux démons derrière eux. Mais une fois installés dans la grande maison qu’ils ont achetée, Anne va sentir comme une présence en ces lieux. L’impression étrange et persistante que son défunt fils est là, présent entre les murs de cette bâtisse lugubre. Ou plutôt son esprit. Mais le souci est qu’il ne semble pas seul : d’inquiétants bruits provenant de la cave se font entendre...



Sélectionné dans divers festivals en 2015, parmi lesquels nous pouvons citer Sitges, SXSW, Fantasia ou encore Gérardmer (le film a été projeté en hors-compétition en début 2016 pour ce dernier), "we are still here" aura marqué les esprits de nombreux festivaliers dans le Monde (et notamment celui de votre rédacteur, présent cette année-là sur le festival vosgien).

Et ce, pas uniquement grâce à son casting alléchant dans lequel nous retrouvons entre autres Barbara Crampton, la « muse » de Stuart Gordon (ayant joué dans "re-animator", "castle freak" et "from beyond" du réalisateur américain, mais également dans "you’re next" d’Adam Wingard et "the lords of salem" de Rob Zombie) et Lisa Marie, la « muse » de Tim Burton cette fois-ci (vue dans les burtonniens "la planète des singes", "sleepy hollow", "Mars attacks !" et "Ed Wood", mais aussi dans "the lords of salem" de Rob Zombie et "bloody christmas" de Steven C. Miller).

Premier film d’un certain Ted Geoghegan, "we are still here" (que nous traduisons pour nos lecteurs non anglophones par « nous sommes toujours là ») est avant toute chose un film de maison hantée (un genre que le réalisateur apprécie tout particulièrement, ce dernier ne cachant pas son admiration pour des films tels que "la nuit de tous les mystères" ou "la maison du diable"). Mais pas que...
En effet, dans "we are still here", il est également question de spiritisme et de possession, de fantômes vengeurs ou encore de « home invasion de l’intérieur » pourrions-nous dire (la menace venant de la cave et envahissant progressivement la maison).

Mais rassurez-vous, ce joyeux « fourre-tout » ne donne en aucun cas naissance à un bordel scénaristique comme vous pourriez vous y attendre à la lecture de ces quelques lignes précédemment. Non, le film de Ted Geoghegan tient parfaitement la route.
Simple et efficace dans son traitement, "we are still here" est un vibrant hommage aux années 70-80, au rythme fort soutenu (le film passe si vite qu’il nous donne l’impression d’avoir duré une petite heure tout au plus) et surtout à l’ambiance glauque réussie et bienvenue.



Car il faut bien l’admettre : malgré la présence de nombreux clichés (les portes qui claquent ou grincent, la médium qui arrive sur place, la mystérieuse présence dans la cave...), "we are still here" tire principalement son épingle du jeu grâce à son ambiance cauchemardesque, son atmosphère lugubre à souhait.

Quelque morceaux de musique brefs et discrets (quelque notes de piano parsemées par-ci par-là, deux-trois sons électrisants et frissonnants), des présences/apparitions fantômatiques très classiques mais efficaces (des bruits de pas, des portes qui s’ouvrent et se ferment, des ombres qui passent furtivement dans un coin de pièce ou au bout d’un couloir, des attaques surprises), une demeure lugubre présentant notamment une cave sombre et humide (d’où tout semble partir)... sans oublier la belle photographie signée Karim Hussain (« un véritable artiste ayant le souci du détail » déclarera Ted Geoghegan, ce dernier ayant déjà œuvré sur "the theatre bizarre" et ayant notamment réalisé "subconscious cruelty", film ayant marqué les esprits de nombreux cinéphiles avertis) : voilà les ingrédients pour obtenir une ambiance réussie qui saura de temps à autres vous faire frissonner le temps d’un jumscare maîtrisé ou au contraire d’un long moment silencieux où l’atmosphère pesante se fera ressentir.

A la manière d’un "morse" ou d’un "february" par exemple, les décors extérieurs enneigés apportent par ailleurs une touche très froide (pour ne pas dire glaciale), un réel plus à cette atmosphère pesante que nous ressentions déjà à l’intérieur de la bâtisse (nous ne paraissons pas plus à l’abri dehors que dedans visiblement, comme le confirmera d’ailleurs un meurtre violent dans une voiture).

Nous l’avons remarqué rapidement et Ted Geoghegan ne viendra pas nous contredire à ce sujet (d’ailleurs le final nous a confirmé cette nette impression) : "we are still here" porte en lui une forte patte fulcienne ! Le réalisateur n’a pas caché dans plusieurs interviews avoir, au moment même de l’écriture du scénario, voulu rendre hommage à "la maison près du cimetière" de Lucio Fulci (et je rajouterai même dans la seconde partie des clins d’œil évidents à "l’au-delà" du maître transalpin).



Alors que la première partie du long-métrage installe son ambiance pesante et glauque ayant réussi le pari de nous faire frissonner à plusieurs reprises, la seconde partie quant à elle va accélérer les choses : alors que nos spectres sombres (ces derniers sont calcinés) étaient comme confinés dans la sinistre cave, ces derniers deviennent bien plus menaçants pour ne pas dire oppressants (le fameux « home invasion de l’intérieur » comme je disais quelques paragraphes plus haut). Impossible de ne pas penser à "fog" de John Carpenter quand nous voyons ces fantômes approcher lentement mais sûrement dans la pénombre en direction de leurs victimes !

Passée une petite séquence de spiritisme/ouija avec incantation (placée sous le signe de l’humour, car oui le film contient son petit lot de touches humoristiques...) et possession/exorcisme à la clé, la porte des Enfers va s’ouvrir et nos envahisseurs spectraux vont perpétrer un véritable carnage sanglant sans temps mort.
Portée par des effets gores soignés (nous avions déjà eu droit à un ventre perforé par un bras surpuissant ou encore à des yeux enfoncés dans la boîte crânienne), ce final soudain et tonitruant (crâne compressé/explosé, gorge transpercée de nombreux couteaux, geysers de sang...) vient frapper un grand coup et clôture le film de bien belle façon !



Véritable hommage au cinéma de genre des années 70-80, "we are still here" s’avère être un bon petit divertissement. Et pourtant le film ne lésine pas sur les clichés et nous offre son lot de déjà-vu : une maison hantée, un sous-sol lugubre d’où semblent provenir des êtres démoniaques, des ombres qui prennent un malin plaisir à parcourir la maison, des voisins inquiétants mettant en garde notre couple en deuil, ou encore l’arrivée d’une médium venue comprendre ce qui se passe dans cette maison. Tout y passe donc mais étrangement ce trop-plein de clichés passe plutôt bien à l’écran et on ne s’ennuie pas une seule minute dans ce film parvenant à instaurer une ambiance fort réussie et maîtrisée.

La seconde partie du film s’avèrera bien plus remuante avec l’arrivée de nos fantômes. Sacrément vilains, ces derniers n’hésiteront pas à tuer sans hésitation tout ce qui passe à leur portée avec une violence rarement vue dans des films de spectres ! Effets spéciaux sanglants de très bonne facture (il s’agit sans aucun doute d’ « esprits frappeurs » au vu des scènes de carnage!) et jumpscares parfois réussis seront au rendez-vous de cette seconde partie bien plus rythmée.

Une très bonne surprise dans les Direct-To-Video de 2016 ! Un film à voir !








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