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Dans une banlieue londonienne, un groupe de jeunes femmes semblent atteintes par un mal qui les ronge petit à petit. Alors que leurs corps se dégradent lentement, atteints par une maladie visiblement contagieuse, ces cinq amies ressentent une envie irrésistible de se nourrir de chair humaine. Mais non loin de là, un homme, seul, enquête sur ces mystérieuses prédatrices, bien décidé à les capturer pour savoir ce qu’est devenue sa malheureuse fille disparue depuis quelques temps déjà...



Auteur déjà de "moi zombie : chronique de la douleur" en 1998, le britannique Andrew Parkinson remit le couvert en 2001 avec "dead creatures", long-métrage dans la continuité de son aîné.
Si vous n’avez pas encore vu ce petit film de zombie devenu rapidement culte en cette fin de siècle, je vous invite à le découvrir rapidement, pourquoi pas même avant de vous lancer dans "dead creatures" afin de profiter au mieux de cette petite fresque zombiesque délivrée par Andrew Parkinson avec des budgets modestes à chaque fois.

Exit les zombies survoltés tels que vous avez pu les voir entre autres dans "l’armée des morts", les hordes de morts-vivants désarticulés de "dawn of the dead" ou "l’enfer des zombies" ou encore les gerbes de sang et autres éventrations avec extirpation des intestins comme nous pouvons y être (trop) habitués ces dernières décennies (la série "walking dead", même si globalement de bonne qualité, a malheureusement trop popularisé à mon goût ce monstre humain qu’est le mort-vivant, au risque de le rendre bien trop commun de nos jours).

Point d’action à gogo ici, de courses-poursuites ou de home invasion comme nous ont habitué bien trop de long-métrages faisant la part belle aux zombies.
Il sera toutefois bel et bien question de survie ici mais les victimes ne sont pas celles que l’on croit... Transformé en véritable vecteur d’émotions (comme ce fut également le cas dans "le mort vivant" de Bob Clark ou "zombie honeymoon" de David Gebroe), le mort-vivant d’Andrew Parkinson subit une lente dégradation, tant physique que morale, dans les deux opus qu’il nous présente à trois ans d’intervalle l’un de l’autre.



Comme dans tout film de zombie, nous avons le fameux groupe de survivants. Mais, chose intéressante à nouveau ici (à l’instar de "moi zombie : chronique de la douleur"), les survivants sont en réalité les personnes infectées (les zombies), un peu comme ce que nous pouvions également voir dans le très bon et surprenant "zombies anonymous" de Marc Fratto en 2006.

Dans "dead creatures", le zombie tente de survivre à la fois à cette maladie mais également aux humains non contaminés (et plus particulièrement un qui les traque pour connaître la vérité sur la disparition de sa fille et qui use de méthodes radicales pour parvenir à ses fins). Doublement victime (le virus provoque la zombification et la dégénérescence mentale et physique qui en découle puis le zombie se fait traquer par les humains non infectés), le mort-vivant est une espèce tragique ici, obligée de se cacher pour survivre.
Perte d’amis, obligation de changer de domiciles couramment pour brouiller les pistes de leurs traqueurs... Nous assistons à une véritable désocialisation des zombies.

A l’instar de l’excellent "ne nous jugez pas" de Jorge Michel Grau, nos protagonistes partent à la chasse à l’humain dans les alentours de leur domicile pour se nourrir. Seul recours pour ces jeunes femmes atteintes de zombification, la prostitution permet des rentrées d’argent mais également de trouver de la « nourriture » facilement, à l’abri des regards.



Même si nous suivons à présent non pas une personne atteinte de zombification (comme c’était le cas dans "moi zombie : chronique de la douleur") mais carrément un groupe de personnes (voire même un réseau tout entier si on extrapole aux autres personnes infectées dans les quartiers voisins), "dead creatures" présente toujours cette vision réaliste et intimiste pour nous peindre cette dégénérescence mentale et physique de l’être humain.
Une dégénérescence que nous avons l’impression de vivre avec les victimes du virus : caméra à l’épaule dehors et plans statiques en appartements, l’immersion est parfois saisissante, le sentiment d’oppression bien présent.

Doté d’un rythme lent (qui pourra d’ailleurs peut-être rebuter une partie des spectateurs), comme pour nous faire ressentir encore plus cette longue agonie que vivent ces malheureuses personnes infectées, ce second film d’Andrew Parkinson est particulièrement pessimiste. Nous ressentons en effet tout au long de "dead creatures" cette sensation de fatalité : nous comprenons aisément que la maladie aura le dessus quoiqu’il arrive (aucun vaccin n’est énoncé dans le film / la malheureuse Ali est tuée par ses amies car il n’y a plus d’autres choix possible au vu de la forte avancée de la maladie / une nouvelle infectée refuse de manger de la chair humaine et s’enfuit pour finalement se résigner à poursuivre son triste destin...), une atmosphère déprimante qui se dégage du film.

Sombre, glauque (les décors intérieurs sont vides et sales, les appartement miteux tandis que certains extérieurs sont comme ravagés, détériorés, et les murs tagués...), l’ambiance qui règne sur "dead creatures" donne même l’impression qu’Andrew Parkinson nous peint une critique sociale par le biais de son film. Une critique de la pauvreté de certains quartiers londoniens qui pourrait laisser suggérer que ce virus qui se propage dans ces banlieues défavorisées proviendrait non pas d’une mutation génétique, d’un agent toxique ou autre phénomène fantastique mais bien de la misère et d’hygiène de vie douteuse (comme ce fut le cas de grandes épidémies type choléra ou peste). D’ailleurs, on ne nous parle pas de « zombie » ou de « mort-vivant » mais uniquement de « virus » ou d’« infection »... Alors oui on se doute bien qu’il s’agit ici de zombification (nous mentionnons ce terme depuis le début de la chronique) mais rien n’est pourtant clairement explicité dans "dead creatures". Quelle est l’origine de ce mal exactement ? Mystère...

En tout cas, niveau effets spéciaux, là encore comme dans "moi zombie : chronique de la douleur" Andrew Parkinson joue la carte du réalisme et nous livre des maquillages réussis, marqués par la dégradation de la chair, qui n’ont rien à envier à bon nombre de productions zombiesques post-2000. Détails minutieux, bruitages très convaincants, certaines scènes très graphiques sont surprenantes (nous pensons notamment à cette tête sciée du plus bel effet).



Dans la lignée de son aîné, "moi zombie : chronique de la douleur", le second opus d’Andrew Parkinson intitulé "dead creatures" nous peint à nouveau un portrait du zombie très typé psychologie dans lequel ce dernier subit une lente dégradation, aussi bien physique que morale.
Pessimiste au possible et victimisant le zombie de bien belle façon, "dead creatures" est une œuvre certes moins marquante que "moi zombie : chronique de la douleur" mais qui mérite toutefois amplement d’être vu.