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César, à la tête des Singes, doit défendre les siens contre une armée humaine prônant leur destruction. L’issue du combat déterminera non seulement le destin de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète...



L'AVIS :

Troisième et ultime volet de cette saga remise au goût du jour de brillante manière en 2011, La Planète des Singes - Suprématie ne fait pas tâche à côté de Origines et de L'Affrontement, bien au contraire. Toujours aussi intelligent, toujours aussi passionnant, toujours aussi touchant, Suprématie vient clore en beauté cette relecture du mythe initié en 1963 par l'écrivain Pierre Boule puis par son adaptation cinématographique de 1968 avec Charlton Heston, adaptation qui connût quatre suites et une série-télévisée. Tim Burton livrera sa version en 2001 également. Saga phare dans le domaine de la science-fiction, La Planète des Singes est un classique incontournable pour tout fan qui se respecte et les trois films qui composent la "version 2010's" lui rendent magistralement honneur, à travers de nombreux clins d'oeil mais aussi de par son originalité.



Déjà réalisateur de L'Affrontement, Matt Reeves a eu une totale liberté sur Suprématie de la part de la Twentieth Century Fox, ravie des scores du second chapitre au box-office mondial. D'une durée de 2h20, qu'on ne voit jamais passé, Suprématie tient de l'exploit en terme de blockbuster. La dimension épique, voire prophétique du film, son aspect mature et ses nombreuses références non dissimulées (on pense pèle-mêle à Spartacus, à Jérémiah Johnson, à La Grande évasion et à Apocalypse Now bien sûr) en font un spectacle de tous les instants mais aussi une oeuvre réflexive dans laquelle l'émotion suinte par tous les pores de la pellicule. Suprématie est le volet dans lequel les larmes viennent le plus souvent mouiller nos yeux. La performance unique d'Andy Serkis dans le rôle de César est digne d'éloges et les effets-spéciaux donnant l'aspect simiesque aux acteurs ont encore montés d'un cran en terme de réalisme.



D'une beauté visuelle stupéfiante, notamment dans ses décors enneigés, Suprématie est une oeuvre bouleversante, nihiliste, sombre. J'ai d'ailleurs eu du mal à comprendre le rôle du singe "rigolo" rencontré par César et ses trois compagnons. Un personnage un peu à la Jar-Jar Binks, qui sera pour ma part le seul bémol du film, même si certaines scènes avec lui m'ont fait sourire. Le but de sa présence était-elle de désamorcer la froideur et le côté crépusculaire du film, afin de lui apporter un peu d'humour ? Ça restera une grande question pour ma part car je n'en ai pas vu le réel intérêt. Si les (rares) scènes d'action sont filmées de manière magistrale, c'est bien la psychologie et l'évolution des personnages qui prédominent et qui donnent tout son intérêt et sa dimension quasi biblique à Suprématie.



Woody Harrelson est juste parfait dans le rôle d'un colonel fou, qui rappelle évidemment le colonel Kurtz interprété par Marlon Brando dans Apocalypse Now. Son camp de prisonnier pour singes nous rappellent les tristement célèbres camps de concentration nazis, avec ses militaires sans pitié, ses collabos, ses travaux forcés. Les prises de positions de César et l'emprise de sa colère sur son être le plus profond sont admirablement bien mises en scène et participent à la complexité de ce personnage déjà culte. La musique, composée par Michael Giacchino, est en adéquation avec les images et sublime les séquences émotionnelles. Suprématie conclue d'une formidable manière cette magnifique trilogie.