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Nastya est une toute jeune mariée qui se rend avec son époux dans la maison familiale de ce dernier. Le voyage qu'elle imaginait idyllique va vite tourner au cauchemar. Elle commence à avoir des visions étranges et terrifiantes, pendant que sa belle-sœur Lisa lui parle d'une coutume familiale qu'elle se doit -malgré ses réticences- d'accepter.



Le cinéma fantastique russe poursuit sa voie de la modernisation- ou de l'occidentalisation diront les plus critiques . Nous avons déjà eu droit à "Night watch" (2004) et "Day watch" (2005) de Timur Bekmambetov, deux films qui connurent un certain succès dans nos salles. Et récemment, le film de super-héros "Guardian". Car, il n'est pas évident pour certains pays de promouvoir leurs films à l'international. Les succès de "Night watch" et de sa séquelle sont un peu l'arbre qui cache la forêt.

Jouant clairement le jeu du cinéma fantastique de divertissement "Nevesta" est clairement éloigné de toutes traces de propagande russe. Son charme indéniable est d'entrée de jeu sa référence. Le film nous place d'emblée dans une séquence pré-générique, nous plongeant dans le passé russe (mais qui aurait tout aussi bien pu se localiser dans l'Angleterre victorienne ou l'Autriche-Hongrie des Habsbourg). C'est certainement cela qui fait la force de ce long-métrage, le rendant facile d'accès à un public non slave.



Partant du postulat qu'au 19ème siècle, la photographie (alors à ses débuts) permettait de capter l'âme des morts, le réalisateur en profite pour glisser aussi une légende slave à base de jeune fille vierge sacrifiée permettant de faire revenir la défunte d'entre les morts, mais dans un nouveau corps. Son âme ayant été préservée via un dernier cliché macabre.

La thématique abordée n'est pas vraiment innovante puisqu'elle parsème de manière irrégulière mais sur la durée le cinéma fantastique ("The asphyx : l'esprit de la mort" en 1973 la traitait au cœur de son intrigue). On trouve aussi des photos des défunts dans nombre de films fantastiques surtout d'inspiration gothique. Malgré ses origines d'Europe orientale, "The Bride" est clairement marqué d'une empreinte visuelle so british.



Dès l'arrivée dans la demeure familiale aux allures de tombeau sinistre et lugubre, l'ambiance est posée. On sait plus ou moins d'avance, grâce aux images du passé qui nous ont été dévoilées, que quelque chose de vraiment pas terrible attend Nastya. Le casting féminin est adéquat pour nous retranscrire les émotions de manière assez subtile pour un film d'épouvante contemporain et sans surjouer le danger qui guette la jeune mariée.

Mais cette dernière est-elle vierge ? De la réponse à cette question dépendra le succès de ce rituel ancestral. La perte des repères temporels de la jeune femme est soulignée par une jolie mélodie qui enrobe ce film d'une certaine aura digne des contes de fées. Ce n'est pas pour rien que Nastya et Vanya, son époux, se racontent tendrement une histoire sous forme de conte – même si de faire le spectateur a une longueur d'avance sur l'héroïne.



À l'instar du récent "Get out", dans "Nevesta" être présenté à sa belle-famille n'est décidément pas ce qui peut arriver de mieux.
Le rythme du film, loin d'être languissant, arrive très bien à nous happer directement au cœur de l'histoire, commençant d'abord par distiller son mystère au travers des visions de Nastya qui ressent l'étrangeté des lieux comme si la grande demeure tentait d'entrer en communication avec elle.

La maison est si grande que certains recoins échappent aux adultes et ne sont accessibles de prime abord qu'aux enfants. L'importance des conduits à l'intérieur des murs trouvera son utilité scénaristique lors d'un climax effrayant. Car oui le film devient de plus en plus terrifiant, nous gratifiant notamment de plusieurs visions de cauchemars. Comme ce spectre qui grimpe sur Nastya alors que cette dernière est enterrée vivante... Brrrrr...








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