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Après un étrange incident dans la baie de Tokyo, une créature gigantesque apparaît et se dirige vers la capitale japonaise, plongeant la ville dans le chaos. Son nom : Godzilla.



On l'avait quitté avec l'hommage parodique de Ryuhei Kitamura, "Godzilla : Final Wars", en 2004 : 12 ans après, le Roi des Monstres est enfin de retour ! Une attente interminable pour les fans, d'autant que contrairement à ses précédentes pauses (9 ans après "Mechagodzilla contre-attaque" en 1975, 4 ans après "Godzilla vs Destoroyah" en 1995), ni Mothra ni Gamera ne sont venus combler le vide. Seuls quelques bons gros blockbusters américains, parmi lesquels on citera principalement "Cloverfield" et "Pacific Rim", ainsi qu'un nouveau remake moyen de "Godzilla", auront permis aux fans de créatures géantes de patienter.



Pour cette nouvelle résurrection de la saga, la Toho confie les clés à Hideaki Anno, à qui l'on doit notamment "Neon Genesis Evangelion", et Shinji Higuchi, réalisateur des films "L'Attaque des Titans" et responsable des effets spéciaux sur le trilogie Gamera. Des figures connues et reconnues donc, qui vont co-réaliser le film, le premier se chargeant en sus du scénario tandis que le second supervisera les effets visuels. Première mission du duo : donner un grand coup de balai à la saga, et apporter de la nouveauté à un genre qui ne brille généralement pas par son originalité.



Pour l'occasion, Anno et Higuchi vont faire table rase du passé (même s'ils multiplieront les hommages au premier Godzilla), et tout reprendre de zéro : pour ce vingt-neuvième film, ils vont imaginer un univers dans lequel le Japon n'a jamais été confronté à Godzilla, pas même en 1954. Une véritable révolution, puisque depuis 1955, tous les films de la saga étaient des suites plus ou moins directes de l'oeuvre originale. De même, l'origine du monstre se rapproche de l'actualité : si les références aux bombardements atomiques de 1945 et aux essais nucléaires américains restent présentes, c'est surtout la catastrophe de Fukushima qui laisse son empreinte sur le film, autant thématiquement que visuellement.



Plus qu'un simple film de monstre, ce Shin Gojira est avant tout un film catastrophe, comme pouvait l'être le premier film de Ishiro Honda, avec de formidables scènes de paniques de la population, des séquences de destruction impressionnantes et une musique formidable. L'occasion de dénoncer l'attentisme des autorités et l'incapacité à prendre rapidement des décisions de l'administration japonaise par le biais de séquences particulièrement cyniques, entre hésitations, volonté de ne surtout pas adopter de mauvaises mesures et recours systématique à des intermédiaires aussi nombreux que paumés... et comme forcément, personne n'est capable d'intervenir, ce sont les gentils américains qui proposeront d'atomiser Tokyo !


Et Godzilla dans tout ça ? S'il est au centre des événements, il sera finalement assez discret en première partie de film, puis prendra de plus en plus présent au gré de ses mutations. Car si le monstre arrivait généralement sous la forme qu'on lui connaît dès le début des films précédent, il va ici connaître plusieurs transformations traduisant sa nature de créature mutante défiant les lois de la nature. Très honnêtement, j'ai trouvé les premières mutations assez grotesques, tandis que l'ultime forme de ce Shin Gojira est particulièrement impressionnante et menaçante... tant que le monstre n'est pas en action.



Car ce Godzilla souffre apparemment du même problème que ses aînés de "Le Retour de Godzilla (1984)" ou "Godzilla vs SpaceGodzilla": il est incapable de bouger. Cela donne quelques séquences assez ridicules, notamment quand son homologue numérique prend le relais, passant du statisme intégral au réveil soudain d'un plan à l'autre. On notera d'ailleurs que l'éventail des attaques du monstre a été modifié... pour un résultat que je trouve, là encore, un peu grotesque : ce qui fonctionnait en animation, ou même dans le court-métrage "Giant God Warrior appears in Tokyo" (de... Anno et Higuchi), passe à mon sens beaucoup moins bien ici.


Cette renaissance de Godzilla accouche donc d'un film assez paradoxal, dans lequel les séquences les plus réussies sont généralement celles où le monstre géant n'apparaît pas. On a ainsi l'impression de voir un excellent film catastrophe un peu parasité par des séquences un peu inutiles et redondantes, voire même carrément ridicules en fin de métrage, laissant finalement le goût d'un épisode de transition pour faire patienter les fans plutôt que d'une réelle résurrection pour le Roi des Monstres.








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