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Une femme nommée Greta s'évade de prison afin de retrouver son amante, Mini. Son envie de vengeance la plongera dans un massacre aussi pervers que violent.



Vous aimez "Kung Fury" ? "Turbo kid" ? Le clip "Turbo Killer" de Carpenter Brut ? Alors vous aurez intérêt à suivre de très près ce nouveau court-métrage colossal qui risque de vous en mettre plein les yeux dès les premières secondes pendant une vingtaine de minutes...

"The Defiler" (alias "Häpäijisä"), une oeuvre venue de Finlande qui propose un exercice de style absolument éblouissant et franchement jouissif. Les membres de l'équipe du film définissent ce dernier comme un "neonsploitation" (l'utilisation de ce terme est aussi intelligente qu'intéressante !).
Mais à la différence des nombreux autres hommages au cinéma bis des années 80, celui-ci inclut des scènes explicitement perverses et réellement trashs (frôlant parfois la pornographie) avec une dose excessive de gore.
L'histoire est tout ce qu'il y a de plus simple, mais ce n'est certainement pas le point majeur du film car c'est toute la surexploitation de genres et d'effets visuels et sonores qui formeront son squelette.



Avant de définir le film comme une oeuvre particulièrement déviante, notons déjà que visuellement on a affaire à un très gros morceaux de bravoure et que chaque séquence seront susceptibles de vous faire tomber à la renverse. Chaque plan est ultra-stylisé et respire l'amour du cinéma d'exploitation. Les différentes (et puissantes) ambiances, quant à elles, provoquent un impact surréaliste sur les successions d'images grand-guignolesques qui nous sont portées à l'écran.
Visuellement c'est irréprochable, on en redemande encore et encore sans jamais être déçu.
Quant à la musique, impossible de ne pas penser à Kavinski, Carpenter Brut ou Double Dragon lorsqu'on entend ce son électronique entraînant et transcendant. Vous l'aurez compris : la perfection de la direction artistique et de la bande sonore feront partie de l'orgie cinématographique de "The Defiler".

Mais la technique n'est pas suffisante pour faire un bon film, et là où Artturi Rosten frappe fort dans notre abdomen pour nous faire comprendre qu'il tente de perfectionner le moindre ingrédient de son chef d'oeuvre, c'est dans le rythme hyper dynamique du montage, dans la créativité, dans l'excès de scènes chocs et dans la générosité des éclaboussures.
Le film ne nous lâche pas du début à la fin et nous immerge directement dans son univers punk atmosphérique pour balancer une surdose de liquide rouge vif (rappelant très bien le faux sang des séries B italiennes) jaillissant des têtes explosées, des gorges arrachées, des membres profondément mutilés par des armes blanches ou par les gants en cuir de Greta.
Et l'audace, ce n'est pas ce qu'il manque, car certaines scènes sexuelles crasseuses vont parfois très loin dans la perversion et donnent un aspect vraiment malsain qui marquera certains esprits sains non habitués à la déviance.



Mais la barbaque et le sexe osé se marient tellement bien au milieu de cette ambiance onirique fluorescente que le réalisateur ouvre une porte encore jamais franchie dans l'hommage de l'époque VHS et pousse très loin sa folie pour que "The Defiler" devienne un pur divertissement pour adultes avertis sans que l'on sache si le fun passe avant le choc (ou inversement) et sans jamais perdre de son charme.

La réalisation est tellement bien gérée et sublimée par de multiples éléments réunis que ce cocktail savoureusement saignant fera vite parler de lui lors d'éventuelles diffusions en festivals ou lors de sa sortie sur support DVD/BLU-RAY et/ou VHS.
Le jeu très convaincant des acteurs bien investis dans leurs rôles de personnages tordus est encore une qualité honorable, surtout l'interprétation de Diana Ball qui reste assez impressionnante tant son charisme impose la dangerosité et la radicalité de ses actes violents.
Mais là où le film prend le risque de tomber dans la niaiserie, c'est dans les dernières secondes (bien qu'elles conservent une certaines beauté visuelle avant d'enchaîner sur un délicieux générique de fin que l'on pourrait qualifier "d'anatomique").



Au final, on peut tout clarifier en concluant que "The Defiler" est un film orgasmique !
Un gros splatter décoré aux néons et au cuir qui ne manquera pas d'exciter tout fans de films bis à l'ancienne avides de sensations fortes.
Restez à l'affût d'une sortie officielle car vous avez ici un nouveau colosse indispensable pour le cinéphile adorateur de films de genre athypiques qui en impose !








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