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Dans un futur proche aux allures cyberpunks, le major Mira Killian est unique en son genre : humaine sauvée d’un terrible accident, son corps aux capacités cybernétiques exceptionnelles lui permet de lutter contre les plus redoutables criminels. Avec d’autres cyborgs qui, comme elle, appartiennent à une unité spéciale du gouvernement dirigée par Daisuke Aramaki, elle essaie de capturer le pirate informatique le plus dangereux et insaisissable du monde, Hideo Kuze. Mais alors qu’elle s’apprête à affronter ce nouvel ennemi capable de contrôler les esprits, elle découvre qu’on lui a menti sur une partie de son passé et que les « méchants » ne sont peut-être pas ceux auxquels elle pensait initialement. Va-t-elle alors compromettre sa mission au nom de la vérité ?



Manga japonais célèbre de la fin des eighties puis phénomène culturel avec son adaptation animée au milieu des années 90, "Ghost in the shell" a aujourd'hui le droit à un petit lifting grâce aux américains, grands spécialistes mondiaux du remake à leur sauce. C’est ici Rupert Sanders, metteur en scène du plutôt sympathique "Blanche-Neige et le chasseur" en 2012, qui se colle à la réalisation. Va-t-il alors respecter le matériau d’origine ou bien fera-t-il comme toutes les productions étasuniennes actuelles pillant sans vergogne les œuvres étrangères pour n’en restituer qu’un produit formaté sans âme véritable ?

Pour commencer, force est de constater que visuellement, ce Ghost in the shell (2017) est tout simplement magnifique car il nous montre un Neo Japan futuriste rappelant "Blade runner" avec ses néons, ses gigantesques panneaux publicitaires en 3D, ses hologrammes géants et ses androïdes préfigurant à eux seuls du monde robotisé de demain. Que dire également des véhicules utilisés par tous les protagonistes et du costume de Scarlett Johanson toute de fibres vêtue avec sa combinaison moulante et ses mouvements n’allant pas sans nous rappeler les meilleurs moments de la trilogie "Matrix" !? Quelle claque visuelle avec cet univers où la technologie est omniprésente et ce, jusque dans la chair de ses personnages ! Que l’on parle des nouveaux yeux multifonctionnels de Batou, des robots Geishas dévoués corps et âmes, du corps démantibulé façon Frankenstein de Kuze ou bien de la séance de réparation de Mira, les effets spéciaux sont proprement prodigieux ! Mais serait-ce pour cacher quelque chose ?



Eh bien oui ma bonne dame ! Car il faut bien l'avouer, côté scénario, c'est du grand classique hollywoodien avec : des méchants, des gentils, de la trahison, des souvenirs enfouis qui refont surface, un amour tragique, des gens qui se sacrifient, bref un bon condensé de ce que savent faire les américains ces dernières années. Ainsi, toutes les réflexions philosophiques ou citations sur la technologie (ce qui est réel et non, l'âme d'un individu…) qui constituaient le noyau dur de l’histoire de Masamune Shirow ont tout simplement été supprimées pour le public américain jugé peut-être un peu moins cérébral. Ne reste alors que le thème de la quête d’identité, abordé de manière superficielle à travers l’enquête du major Mira.

En revanche, on sent que les scénaristes essaient de rendre hommage au premier "Ghost in the shell" en reproduisant à l’identique certaines scènes (comme le saut de l’ange du haut d’un immeuble débouchant sur des combats dans quelques centimètres d’eau) ou bien certains plans (comme par exemple celui des doigts cybernétiques tapant sur le clavier d’un ordinateur). Il y a un même un clin d’œil à "Avalon", autre œuvre phare de Mamoru Oshii. Par ailleurs, on retrouve aussi des éléments de "Innocence : Ghost in the shell 2" avec : les robots geishas ou encore le médecin analysant le corps d’une victime pendant que des officiers l’interroge.



Côté acteurs, une polémique a suivi le film quant au casting, pas assez japonais pour les puristes, mais bon ce buzz aura fait un bon coup de pub au métrage qui n’en demandait pas tant ! Bien évidemment, on retiendra avant tout la performance de Scarlett Johanson reprenant à la perfection les mimiques et la démarche du personnage animé, un peu comme elle l’avait déjà fait dans "Under the skin", film de 2013 où elle endossait le rôle d’une extraterrestre devant se faire passer pour une humaine afin de séduire les hommes. Ici, elle bouffe littéralement l’écran en misant avant tout sur sa plastique irréprochable et surtout bien mise en avant par sa tenue moulante ainsi que par les annonceurs avec leur affiche sans équivoque quant à ses formes avantageuses ! Mais Scarlett n’est pas qu’un beau corps, elle est également très charismatique, animale même, malgré un regard déshumanisé au début et prouve encore une fois (après un rôle récurrent dans l’univers des "Avengers") qu’elle est aussi faite pour l’action avec des scènes de combat dantesques ! Au sein de la distribution, on retrouve aussi Takeshi Kitano en Aramaki crédible jusque dans la coiffure, notre Juliette Binoche nationale jouant avec conviction un médecin travaillant pour la société Hanka et qui a un temps de présence bien plus long que dans "Godzilla (2014) ", Pilou Asbaek (acteur danois aperçu dans les séries « Borgen », « Game of thrones » mais aussi le métrage "Lucy", déjà avec Scarlett !), jouant un Batou surprenant de naturel et ressemblant comme deux gouttes d’eau au personnage de BD RanXerox avec ses petites lunettes. Malheureusement, l’acteur américain Michael Pitt, malgré un talent et une sensibilité qu’on lui connaît, incarne avec justesse Hideo Kuze, mais il n’aura jamais (peut-être est-ce aussi dû à son faible temps de jeu à l’écran !?) l’étoffe du cyber terroriste Puppet Master, bad guy ô combien charismatique du "Ghost in the shell" séminal !



Ainsi, Ghost in the shell (2017) est un assez bon film de science-fiction pour ceux qui n’attendent que des moments de bravoure et des gunfights bien rythmés aux décors et effets spéciaux hyper bien faits. De plus, la belle Scarlett est toujours aussi envoûtante et se voit accompagnée d'une galerie de seconds rôles faisant le travail tout en sachant rester à sa place. Mais pour les fans endurcis de l’univers de Mamuro Oshii, tout cela reste un peu trop lisse car le script est par trop prévisible dans son déroulement, certaines scènes sont des copiés/collés des films du réalisateur japonais et surtout, il est tout de même dommage d’avoir voulu faire un produit standardisé pour Hollywood faisant perdre toute la part de mystère de l’œuvre originale !









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BLANCHE-NEIGE ET LE CHASSEUR