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Suite au suicide de son père, Daniella décide d’enquêter afin de comprendre pourquoi ce dernier s’est donné la mort. Alors qu’elle voyait en son père quelqu’un de bien et prêt à tout pour faire son bonheur, la jeune femme va rapidement apprendre des choses inattendues et cruelles, suite à une plongée dans un monde inconnu et sombre dans lequel la religion semble dicter bien des actes morbides et cachés jusque là...



Retour aujourd’hui sur un film passé presque inaperçu dans nos contrées : "les enfants d’Abraham". Prix du Meilleur Film Fantastique Européen au Festival de Sitges en 2002, ce film marque surtout les débuts prometteurs d’un certain réalisateur espagnol, Paco Plaza, qui deviendra célèbre pour le film "rec" et sa suite notamment, tous deux co-réalisés avec Jaume Balaguero (que nous ne présentons plus ici).

Pour son premier film, Paco Plaza choisit de s’inspirer d’un roman de Ramsey Campbell (tout comme son compère et compatriote Jaume Balaguero pour son film à succès "la secte sans nom" trois ans plus tôt) et nous offre un thriller sombre dans lequel nous suivons les investigations d’une jeune femme désireuse de comprendre pourquoi son père, un homme bienveillant sans ennuis et sans véritable ennemi, s’est donné la mort.



Original et plutôt bien ficellé malgré quelques défauts que nous verrons un peu plus tard, "les enfants d’Abraham" possède une intrigue fort intéressante mêlant religion, drame et mystère. Invités à suivre une enquête dont l’intrigue se dévoile petit à petit au fil des minutes jusqu’à un final réussi et diabolique, nous ne pouvons pas reprocher au film de Paco Plaza de manquer d’idées et de se reposer sur du déjà-vu, même si notre réalisateur espagnol ne cache pas une certaine inspiration du "Rosemary’s baby" de Roman Polanski.

Parfois, le Mal est bien plus proche qu’on ne le croit, dans notre voisinage, notre famille... Parfois, les êtres aimés nous cachent bien des choses et s’avèrent être au final bien différents de l’image que l’on pouvait avoir d’eux. Une secte mystérieuse, des moeurs peu communes, une doctrine peu anodine, une religion particulière... Des menaces bien réelles mais malheureusement parfois difficilement perceptibles car ces dernières se cachent derrière une image joyeuse, amicale, autrement dit derrière des visages et des comportements « passe-partout » dirons-nous, ne laissant présager à aucun moment un quelconque danger.

Secte, complot, groupuscule... Nombreux sont les films, parfois réussis ("Rosemary’s baby", "la secte sans nom", "the wicker man", "kill list"...), traitant le cas de pratiques particulières amorales exercées par un groupe de personnes au premier regard inoffensives mais en réalité dangereuses pour celles et ceux ayant le malheur de croiser leur chemin.
Ici, cette idée de secte basée sur la religion abrahamique parvient à capter notre attention du fait de l’originalité (des explications sur des épisodes de la Bible intéressantes et attisant sans peine notre curiosité) et de la cruauté (des sacrifices d’enfants perpétrés par les mains de leurs propres pères) des rituels orchestrés par des adeptes de la secte en question.



Dommage cependant que cette idée de secte nous parvienne peut-être un peu trop tôt dans le récit, gâchant quelque peu l’effet de surprise que l’intrigue aurait pu préparer petit à petit. Certes, cela n’empêche pas Paco Plaza de nous gratifier de petits effets de surprise (le termes « rebondissements » n’étant peut-être pas le plus adéquat car nous n’aurons aucun grand chamboulement percutant dans le récit si ce n’est une découverte macabre faite par Daniella lors de ses investigations) jusqu’à ce final saisissant, dramatique et, osons le dire, larmoyant, mais il est toutefois regrettable de s’apercevoir que certains paliers de l’intrigue sont bien trop prévisibles.

Par ailleurs, le rythme de l’intrigue est relativement lent, ce qui pourra peut-être en rebuter plus d’un(e)s d’entre vous. Or, parfois une certaine lenteur scénaristique aide à instaurer progressivement une ambiance sombre, un climat angoissant, mais ici il n’en est malheureusement rien (plusieurs longueurs n’apportent aucunement un plus à l’intrigue ou à l’ambiance générale du film). Dommage car certaines scènes disséminées dans le récit (la découverte d’un petit cercueil d’enfant rappelant "the omen", la révélation sur les pratiques des abrahamites, la mort d’un homme d’Eglise...) auraient pu faire leur petit effet si une atmosphère pesante et un climat hostile avaient été instaurés petit à petit.
Certes, l’intrigue fonctionne relativement bien mais il est dommage de constater que le rythme et l’ambiance ne parviennent pas à faire frissonner le spectateur, à lui permettre une immersion totale dans cet univers mystérieux et au final menaçant.

Des petits défauts non négligeables et fort malheureux, d’autant plus que "les enfants d’Abraham" bénéficie de nombreux atouts, comme son casting convaincant (hormis un policier mou du genou, les autres personnages tiennent la route sans grande difficulté), cette photographie sombre réussie (jeux de lumières, mélange classique de teintes jaunâtre et noires), ces petites partitions de musiques envoûtantes (collant parfaitement au thème des sectes « sataniques » dirons-nous) et surtout ce final en plusieurs temps qui saura jouer avec vos émotions (LE gros atout du film de Paco Plaza assurément, le final donnant d’ailleurs naissance à un twist bienvenu qui saura peut-être tirer une larme aux plus réceptifs d’entre vous).



Pour un premier film, "les enfants d’Abraham" n’est certes pas un chef d’oeuvre mais un honnête petit thriller bien pensé. Même si le film se veut rapidement trop bavard dans son intrigue (au risque de la rendre parfois trop prévisible en cours de route), manque parfois de rythme il est vrai (mais cela reste du domaine de l’acceptable) et ne distille pas une ambiance suffisamment angoissante à mon goût (au vu du thème abordé, mêlant secte, religions et pratiques, nous aurions préféré un climat plus inquiétant, jouant avec nos nerfs), il en ressort toutefois un premier essai sympathique.

Porté par un casting de bonne facture, "les enfants d’Abraham" vous plongera dans un monde sombre, la face cachée d’un environnement proche (les activités d’un père finalement mal connu) insoupçonnable par la protagoniste principale, qui nous montre que le Mal est parfois bien plus près qu’on ne le pense.

Méconnu, voilà bien un film fourmillant de bonnes petites idées et surtout doté d’un final saisissant, diabolique et dramatique à souhait, qui mérite le visionnage malgré les quelques petits défauts disséminés par-ci par-là, témoignage d’un manque d’expérience logique de la part de son jeune réalisateur qui reviendra par la suite avec l’un des films les plus marquants de cette première décennie du 21ème siècle dans le paysage fantastique, "rec".