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A Los Angeles, le vieux Ronnie et son grand dadais de fils Brayden organisent des visites guidées bidons sur le thème de la disco. Alors que les deux hommes ne s’apprécient déjà pas énormément, l’arrivée de Janet dans leur vie ne va pas améliorer leurs rapports. Cette petite femme rondouillette et discrète a tapé dans l’oeil de Brayden qui commence à délaisser son père pour flirter avec elle. Alors que le père et le fils mènent chacun une petite vie tranquille, l’un vivant au rythme de la disco tout en mangeant des plats ultra caloriques tandis que l’autre dine et dynamise sa vie sexuelle avec Janet, un tueur sème la terreur dans la ville. Recouvert de graisse et étranglant ses victimes, ce psychopathe se fait appeler le « greasy strangler » (l’égorgeur gras)...



Timpson Films est une boîte qui commence à faire parler d’elle. Après les sorties remarquées de "turbo kid", "deathgasm" ou encore "the ABC’s of death 2", c’est à présent au tour du fameux "the greasy strangler" de se montrer. Produit entre autres par Elijah Wood et Ben Wheatley ("kill list" et "touristes"), le film dont il est question aujourd’hui est un véritable OFNI (entendons par là un Objet Filmique Non Identifié) ayant fait un sympathique bonhomme de chemin dans les festivals du Monde entier. Sundance, SXSW, PIFFF, NIFFF ou encore FEFFS : "the greasy strangler" est parvenu à se faire un petit nom auprès des festivaliers amateurs de cinéma fantastique.

Un petit nom, oui mais cela signifie-t-il que le film ait parvenu à conquérir le coeur de la majorité du public ? Hé bien étrangement non. Il suffit de m’être rapidement renseigné sur ce film lors de la 24ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer (plusieurs festivaliers l’avait vu à Paris ou Strasbourg les mois précédents) pour m’apercevoir que "the greasy strangler" n’avait pas forcément la cote auprès de tout le monde, loin de là même (ce qui en quelque sorte, soyons franc, m’avait rassuré lors de mon séjour à Géardmer, moi qui avait souhaité sa présence en terres vosgiennes suite à ses multiples apparitions en festival remarquées). Un film souvent qualifié de « véritable merde filmique » ou de « grosse connerie » par plusieurs personnes interrogées dans les files d’attente, certain(e)s me conseillant à plusieurs reprises de ne pas perdre mon temps avec une telle ânerie...



Très curieux et surtout difficilement influençable (paradoxalement, plus on dit à votre ami rédacteur de fuir un film fantastique et plus il a envie de tenter l’expérience...), je décidais donc de me faire mon propre opinion sur ce film.
Et effectivement, "the greasy strangler" est loin d’être un film facile d’accès, je le confirme sans grand mal !

De par sa nature, il est certain que le film ne plaira pas à tout le monde. Le nom de son réalisateur, Jim Hosking, aurait d’ailleurs déjà pu nous mettre la puce à l’oreille quant à la nature du long-métrage que nous allions voir. En effet, cette personne n’est autre que le réalisateur de l’un des meilleurs segments de la compilation de sketches "the ABC’s of death 2" intitulé "G is for Grandad" : un segment mêlant nudité, trash et absurdité ayant fait la quasi unanimité lors de ses projections à l’édition 2015 du festival de Gérardmer.

Celles et ceux ayant vu ce segment de "the ABC’s of death 2" reconnaîtront sans problème la patte de son auteur dans "the greasy strangler". Trash, teinté de mauvais goût, absurde de bout en bout et assurément excentrique, le film de Jim Hosking marquera les esprits de beaucoup d’entre vous c’est indéniable.
Mais quel film ! Je vais d’emblée être honnête avec vous : "the greasy strangler" m’a agréablement surpris ! Moi qui m’attendais à voir une grosse bêtise.. Hé bien j’en ai vu une mais alors si toutes les soi-disantes niaiseries étaient de cette qualité, je m’en materais volontiers une belle plâtrée !

Hypnotique de bout en bout, "the greasy strangler" s’assume sans complexe et vient déverser tout son mauvais goût et son absurdité omniprésente dans des séquences mêlant trash, nudité et grandguignolesque qui lui confèrent une personnalité bien singulière.

Ne cherchez pas à comprendre ce que vous voyez quand vous visionnez "the greasy strangler" (rationnel ? Quel rationnel ?) car voilà bien le genre de film où il est conseillé de mettre son cerveau sur OFF et de profiter de cette expérience filmique déjantée et tellement peu représentée dans le paysage cinématographique de genre (un film de festival assurément, un peu comme un certain "tusk" de l’enfant terrible du cinéma Kevin Smith même si ce dernier, ayant marqué les esprits de nombreux festivaliers, est nettement moins dans l’esprit WTF que "the greasy strangler").
Provocateur et irrévérencieux au possible, Jim Hosking nous balance dans son film des séquences parfois sans queue ni tête, partant dans tous les sens et à la liberté certaine (de par leur hors-sujet total, certaines petites scènes feraient d’ailleurs presque penser à des interludes ma fois fort entraînantes).



Nudité, malbouffe et disco : trois mots autour desquels se construit l’histoire de "the greasy strangler". Une histoire dans laquelle un vieux patriarche fan de disco mais surtout grossier, sans gêne (il pète volontiers quand ça lui chante et se trimballe toujours à poil comme pour exhiber cet énorme tas de peau pendouillant qui lui sert de pénis) et sale passe son temps à manger des plats extrêmement gras (certaines scènes matinées d’huile, de sauce grasse et de saindoux sont carrément gerbantes) et à se badigeonner de graisse pour ensuite aller tuer de malheureuses personnes dans la peau de celui que l’on surnomme « le tueur à la graisse » (non il n’y a ici aucun spoiler rassurez-vous). Complètement con ? Oui !
A côté, nous avons son fils, Brayden, un grand dadais moche comme un pou et encore puceau du haut de ses 40 balais passés, vivant sous la tutelle de son père, l’accompagnant dans ses « visites disco » et lui faisant ses plats bien graisseux comme le vieux con les exige.

Voyez en "the greasy strangler" une sorte de drame familial déguisé en véritable bordel scénaristique dans lequel a été donné on ne sait trop pourquoi (donner un aspect fantastique/horrifique au métrage?) un hobby de tueur pour le vieux Ronnie. Une relation père-fils, déjà pas mal dégradée suite à un divorce difficile pour Brayden (même quand il parle de son passé malheureux étant jeune, le monologue bascule dans l’humour noir et part en dérision) et à des différences d’opinion entre les deux hommes, qui va se retrouvée encore plus chamboulée à l’arrivée de Janet. S’ensuit alors une transition vers l’âge adulte pour Brayden (entendez par là la découverte de la sexualité à deux) mais également une concurrence/rivalité entre le père et le fils, tout deux attirés par la jeune femme. Un foyer qui explose littéralement pour notre plus grand amusement !

Rajoutez à ce duo père/fils une petite femme rondouillette tantôt timide et fleur bleue tantôt grosse salope en rut, un trio de touristes complètement barges (que ce soit de par leur faible intelligence ou leur goût vestimentaire ridicule, comme une grande partie des acteurs d’ailleurs... quand ceux-ci ont des fringues sur eux cela va de soi car dans "the greasy strangler" on aime se promener devant la caméra à poil ou en slip!) ou encore le meilleur pote de Brayden complètement illuminé lui aussi (tant qu’à faire), portant des chaussures de femme et un étrange groin de cochon sur le pif (ne cherchez pas à comprendre...).
Des personnages complètement loufoques/barrés, volontairement surjoués (des interprétations grossières de la part des acteurs qui s’amusent devant la caméra de ce grand fou de Jim Hosking), qui viennent conforter le film dans son second degré et sa bêtise parfaitement assumée.

Ajoutez à tout cela une musique entêtante (et sacrément entraînante) et vous obtenez là un cocktail explosif dans lequel règnent en maitre la bonne humeur et l’absurdité !
Dommage toutefois que la toute fin du métrage laisse quelque peu sur sa... faim (vous reprendrez bien encore un peu de graisse sur vos saucisses baignant dans le jus gras de cuisson au fond de la poêle ???) et que les meurtres ne soient pas tous aussi imaginatifs que l’est ce scénario complètement barré !



En parfait OFNI destiné principalement aux festivals, "the greasy strangler" s’affirme comme peut-être le film le plus absurde dans le cinéma de genre en 2016. Ayant fortement divisé le public (nous ne comptons plus le nombre de ses détracteurs), ce nouvel édifice de Timpson Films a réussi son pari de sacrément faire parler de lui !
Avec toutes ces productions vues et revues, parfois sans grande saveur, que l’on nous sert depuis pas mal d’années maintenant, voilà un film qui fait du bien de par son originalité et la grosse prise de risque prise par son réalisateur que l’on espère revoir rapidement derrière la caméra!








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