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L’officier Daniel Carter tombe sur un jeune homme blessé au bord de la route au cours d’une patrouille de routine. Ce dernier ayant le visage couvert de sang, l’officier se dépêche de l’amener à l’hôpital le plus proche. Très vite, l’établissement hospitalier devient le théâtre de phénomènes horribles inexplicables : les patients de l’hôpital ainsi que le personnel se transforment peu à peu en créatures monstrueuses. A la tête d’un groupe de survivants, l’officier Daniel Carter va tenter de survivre à ces choses en recherche de proies humaines.



Fondée en 2007, la société canadienne de production appelée « Collectif Astron-6 » met en chantier des films indépendants aux budgets réduits, dans l’esprit des années 80. Deux de leurs membres, Jeremy Gillespie et Steven Kostanski, alors spécialisés dans les effets spéciaux, ont travaillé sur de nombreuses productions hollywoodiennes comme par exemples "pacific rim" de Guillermo Del Toro en 2013, "robocop" de José Padilha en 2014 ou encore "suicide squad" de David Ayer en 2016.

Après avoir cosigné leur premier long-métrage, la comédie horrifique "father s day" en 2011, nos deux artisans en effets spéciaux ont réalisé cinq ans après un second film intitulé "the void", film qui nous intéresse aujourd’hui.

Présenté en hors-compétition lors de la 24ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer, "the void" est resté très discret durant cette manifestation, à la manière d’un "we are still here" de Ted Geoghegan, un long-métrage présenté lui aussi en hors-compétition dans les Vosges l’année précédente et dont l’on pourra retrouver quelques points communs bienvenus que nous allons détailler dans cette chronique.



Tout d’abord, ce qui nous enchantera dans "the void" est ce côté très Années 80 avec ces monstres sortant dans la pénombre des sous-sols et déchiquetant leurs victimes dans des déluges d’effets spéciaux à l’ancienne que les puristes apprécieront à coup sûr. Latex et animatroniques se mélangent pour le plus grand plaisir des défenseurs des SFX old school, dont votre cher rédacteur fait partie, renvoyant directement aux 70’s et 80’s.

Exit le sang numérisé et tous ces bidouillages informatiques dont nous abreuvent aujourd’hui beaucoup trop de firmes spécialisés dans les effets numériques. Place à un festival de créatures plus hideuses les unes que les autres, certaines rappelant sans contexte le merveilleux travail de Rob Bottin, disciple du non moins talentueux Rick Baker, sur "the thing" de John Carpenter (un monument du cinéma horrifique et encore aujourd’hui l’une des plus grandes démonstrations d’effets spéciaux manuels dans un film fantastique).
Des mélanges organiques, des combinaisons de chair qui s’entremêlent pour former des monstres difformes composés des corps de divers cadavres : un travail remarquable qui rappelle également le cinéma des deux acolytes Stuart Gordon et Brian Yuzna (nous pensons notamment à une scène bien particulière de "society", oeuvre de la toute fin des années 80 malheureusement aujourd’hui trop peu connue des jeunes amateurs de cinéma fantastique). Des scènes cauchemardesques qui ne sont pas non plus sans rappeler l’univers de H.P. Lovecraft mais aussi un certain "hellraiser" de Clive Barker.

De bien belles références donc et des effets spéciaux, vous l’aurez compris, de haute volée réalisés par des artisans en SFX amoureux des années 80 !



"The void" c’est également une volonté pour ses géniteurs canadiens de mélanger les registres, et cette façon surtout de le faire avec brio. Contamination/infection, savant fou, monstres, survival, home-invasion... Autant de registres appartenant au cinéma fantastique que nous prenons plaisir à parcourir au fur et à mesure que l’intrigue se déroule et se précise devant nos yeux.

Une intrigue qui d’ailleurs parvient à conserver une grande part de mystère durant la majeure partie du film pour enfin nous expédier un final tonitruant rappelant une fois de plus ce cinéma des années 80 que nous chérissons tant !

Amenant petit à petit ce sentiment d’isolement (nous sommes enfermés dans cet hôpital assiégé par d’étranges individus menaçant ayant comme qui dirait campés dehors pour ne pas laisser nos malheureux survivants sortir de l’établissement hospitalier) et d’insécurité (des monstres qui arpentent les couloirs et paraissent sacrément résistants, un duo de personnes armées qui se joignent la fête et qui semblent quelque peu excitées et surtout guère amicales, des individus dehors à l’anonymat inquiétant dont on ignore les motivations mais qui ne semblent pas vraiment pacifiques... Bref, une tension qui va crescendo, un sentiment d’oppression bien ressenti qui nous parcourt), Jeremy Gillespie et Steven Kostanski jouent surtout la carte du mystère (qui sont ces individus tout de blanc vêtus dehors ? Comment des êtres humains peuvent-il soudainement se transformer en ces monstres hideux et imposants qui semblent vivre dans cet hôpital ?...) et vont progressivement laisser fuiter volontairement quelques indices pour nous amener à la terrible vérité qui entoure "the void".

Toujours à la manière d’un "we are still here" (avec qui "the void" partage décidément pas mal de points communs), nous retrouvons ici une ambiance glauque, une atmosphère lugubre et pesante qui ne semble pas vouloir nous quitter au fur et à mesure que nous parcourons les différents coins de l’hôpital, notamment ses sous-sols sombres et inquiétants où se trouve finalement la clé de tous ces mystères. Une descente aux Enfers des plus réjouissantes !



Alors que nous pensions avoir droit à un film assez classique de contamination-infection, nous voilà plongés en plein huis-clos dans un hôpital en grande partie déserté par son personnel où va se réfugier une petite bande de personnes en proie à de mystérieux individus vêtus de blanc. Quelles sont leurs réelles motivations? Nous n'en savons rien mais au fur et à mesure que le film progresse, la terrible vérité apparaît (tout comme d’horribles monstres tapis dans l’obscurité de certains couloirs et sous-sols de l’hôpital...).

Mêlant les registres avec brio (contamination/infection, savant fou, monstres, survival, home-invasion, fantastique pur et dur...), "the void" est un parfait hommage au cinéma des années 70 et 80 (impossible de ne pas penser à "hellraiser", "the thing" ou au cinéma de Brian Yuzna et Stuart Gordon). Avec ses effets spéciaux à l'ancienne (latex, animatroniques et tout ce qui ravira les fans de l'ancienne école anti-numérique) et son côté très gore-trash, ce film canadien vous mènera jusqu'aux portes de l'au-delà avec un rythme des plus soutenus!

Alors, ne boudons pas les quelques approximations dans les interprétations de certains personnages (rares sont les castings parfaits) ou encore les quelques facilités scénaristiques par-ci par-là et réjouissons-nous plutôt d’avoir encore de nos jours des réalisateurs qui osent des retours en arrière, des come-back vers ce cinéma de années 70 et 80 qui nous manque tant !
Le meilleur film en hors-compétition selon moi lors de cette 24ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer. J’ai adoré, tout simplement.








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