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Après une tentative de suicide ratée, Nora King se réveille tranquillement et découvre que la population de Chicago a entièrement disparu durant son sommeil. Rues désertes, boutiques abandonnées, il n'y a plus âme qui vive. Elle rencontre Frank Brooks, qui semble aussi désorienté qu'elle de cette situation. Dans un hôtel, Nora et Frank découvrent un autre couple, Vicky et Jim. Tous les quatre tentent de comprendre ce qui se passe et pensent que la ville a été évacuée suite à une terrible menace, ce qui ce confirme lors de la lecture d'un journal qui parle d'une invasion ennemie. Ce que les quatre compagnons ignorent encore, c'est que l'ennemi en question est une armée de robots vraisemblablement débarquée de Vénus et dont le but est de prendre le contrôle de la Terre. Pendant que Nora, Frank, Vicky et Jim tentent de rester en vie en se cachant, les militaires tentent de trouver une solution pour éradiquer les robots belliqueux avant d'utiliser leur dernière arme : la bombe atomique...



Avec sa belle affiche colorée et son robot avec pinces d'acier et rayon laser, Target Earth, rebaptisé pour sa sortie DVD dans notre belle contrée en Objectif Terre, avait de quoi séduire l'aficionados de vieux films de SF des années 50. Première réalisation de Sherman A. Rose, qui a derrière lui une longue liste de métrages sur lesquels il était monteur, Objectif Terre ne parvient malheureusement pas à tenir les promesses affichées et l'amateur d'invasion extraterrestres (et robotiques dans le cas présent) en sera pour ses frais. Il faut dire que le budget était si peu élevé qu'il était totalement impossible pour le réalisateur de mettre en scène une armée de robots destructeurs et pas gentils ! On aura donc droit à environ deux robots en tout et pour tout, ce qui n'est déjà pas si mal me direz-vous, c'est toujours mieux que zéro.



Visuellement, le look des robots en fera sourire plus d'un, on est typiquement dans l'approche "Craignos Monsters" glorifiée par Jean-Pierre Putters dans ses quatre merveilleux ouvrages, soit un acteur engoncé dans un costume métallique et qui avance tant bien que mal face à la caméra. Les fans de SF rétro et kitsch apprécieront en tout cas. Pour compenser le manque de moyen financier et l'impossibilité d'avoir des centaines ou des milliers de robots à l'écran, il fallait bien trouver une solution pour divertir le public venu payer sa place. Sherman A. Rose et ses scénaristes William Raynor, James H. Nicholson et Wyott Ordung ont donc eu l'idée d'utiliser la nouvelle de science-fiction "The Deadly City" de Paul W. Fairman comme trame principale. Et puisqu'on ne peut pas avoir des tas de robots à l'écran, autant miser sur le quatuor d'acteurs principaux et de leur faire vivre quelques péripéties à l'intérieur de différents lieux, en pimentant le tout avec une histoire de suicide raté, une intrigue amoureuse et un couple qui se chamaille sans cesse. Le film débute de bien belle manière, puisque l'héroïne se réveille dans une ville totalement désertique, nous rappelant quelques classiques du genre, à savoir Je suis une Légende, Le Monde la Chair et le Diable ou beaucoup plus récent 28 Jours plus Tard. Les rues, les boutiques, les hôtels, les maisons, tout est abandonné, laisser pour compte, vide de toute présence vivante. Un début des plus prometteurs donc, avec une ambiance qui nous fait irrémédiablement penser à la série La Quatrième Dimension. La rencontre de Nora King (très bien interprétée par Kathleen Crowley) avec un autre survivant puis avec un couple permet au réalisateur de maintenir un certain intérêt, les personnages se demandant ce qui a bien pu se passer. Fin du Monde, holocauste nucléaire ou pire ?



La ville semble juste abandonnée, aucune trace de bâtiments détruits, la théorie d'une explosion gigantesque se retrouvant dès lors écartée pour être remplacée par l'hypothèse d'une évacuation massive. Après quelques passages dialogués, l'ombre d'un robot apparaît sur un mur, un peu à la manière de l'ombre de Nosferatu dans le classique de Murnau. La découverte de quelques cadavres par nos quatre survivants poursuit d'installer une petite tension au sein du métrage. Mais la sauce a tout de même du mal à prendre car il faut reconnaître qu'il ne se passe quand même pas grand chose d'extraordinaire à l'écran et que le temps nous paraît bien long. Les quatre héros se déplace d'un lieu à l'autre, reste caché, tente de cohabiter et... c'est tout. Dans le même temps, on a des séquences mettant en scène l'état-major de l'armée qui tente de trouver une solution et des scientifiques qui font des tests sur un robot qui a été capturé. On apprend que la tête des robots est en fait un tube cathodique qui résiste aux balles et aux chocs.



Pourtant, celui du robot capturé possède une fissure. Reste à trouver quel moyen miraculeux a rendu possible cette fissure. Le temps est compté car l'ultime recours face à la menace sera l'envoi de missiles atomiques. Pour corser un peu l'action qui peine à décoller, on colle dans les pattes des quatre héros un voyou qui les prend en otage mais qui n'apporte, au final, pas grand chose à l'intrigue, si ce n'est de permettre au film d'atteindre une durée correcte. Mais même avec seulement 75 minutes au compteur, j'ai trouvé que c'était encore trop long et j'avoue m'être assez vite ennuyé à partir de la moitié du film. Objectif Terre est un petit film de SF mineur, qu'on oubliera aussitôt l'apparition du the end à l'écran. A réserver aux fans de SF vintage à la rigueur...


Disponible en DVD dans le coffret LA GUERRE DES ROBOTS chez ARTUS FILMS






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