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Alors qu’il s’apprête à passer un Noël en famille, le jeune Max voit en cette journée festive une bonne excuse pour accueillir un oncle et une tante que personne ne semble apprécier. Alors quand en plus ces derniers ont la superbe idée d’inviter la grande tante exécrable dont personne ne semble vouloir pour les fêtes de fin d’année, mais également de laisser leurs enfants détestables au possible s’acharner sur lui, c’en est trop ! Le petit Max décide alors de réduire en miettes sa lettre destinée au Père-Noël. Un acte qui ne restera pas sans conséquence car, non loin de là, une créature qui agit dans l’ombre en période des fêtes de fin d’année et que l’on surnomme Krampus va venir, bien décidée à punir celles et ceux qui ne croient plus en la magie de Noël…



Cela ne vous dit peut-être pas grand-chose mais Michael Dougherty a déjà un petit CV bien fourni dans le milieu du cinéma fantastique. Réalisateur du désormais culte "trick r treat", ce dernier a également à son actif de nombreux scénarios dont par exemple ceux de "superman returns", "urban legend 3 : bloody mary" (une erreur de parcours assurément) ou encore les deux opus "x-men 2" et "x-men : apocalypse".
Sept ans après son incursion dans la fête d’Halloween avec son "trick r treat", notre homme revient donc cette fois-ci en pleine fête de Noël avec son long-métrage "Krampus".

Pour faire bref (et histoire d’étaler un peu ma science et mon patrimoine lorrain/alsacien), Krampus est une créature mythique anthropomorphe à cornes qui accompagne Saint-Nicolas dans diverses régions du Monde à l’époque de Noël. Dans le folklore lorrain/alsacien, ce dernier apparait sous la forme du Père Fouettard (ou Hans Trapp), un méchant personnage faisant claquer son fouet, secouer des cloches (ou grelots), traîner ses chaînes et frappant du pied avec ses sabots ou ses bottes pour effrayer son entourage.

C’est en se basant sur cet être malveillant que Michael Dougherty va donc coécrire et réaliser le film "Krampus", un long-métrage qui sortit dans les salles outre-Atlantique en Décembre 2015 mais qui fit son apparition dans nos contrées en plein mois de Mai 2016 étrangement… Voilà ce qui explique peut-être pourquoi ce film est passé inaperçu aux yeux de beaucoup.



Et pourtant ce petit film mérite que l’on s’y attarde quelques instants le temps d’une rapide chronique sur notre site. Non pas que ce long-métrage soit exempt de défauts mais il faut bien reconnaître que ce dernier est un assez bon divertissement (à découvrir de préférence lors des fêtes de fin d’année il va sans dire).

Narré tel un conte horrifique pour (presque) toute la famille (à la manière récemment d’un certain "la légende de Viy", un univers quelque peu burtonien se dégage et nous rappelle ici que nous sommes finalement de grands enfants avides de sensations fortes), "Krampus" nous plonge dans l’envers du décor des festivités de fin d’année.

En effet, passée une introduction où l’on retrouve tout ce qui fait la singularité des films américains typés Noël (les grands magasins, les achats de jouets en veux-tu en voilà, les maisons pavillonnaires décorées…) et durant laquelle l’Esprit de Noël semble encore à peu près fonctionner (Charles Dickens semble ne pas être bien loin avec son célèbre "conte de Noël" où la fin d’année mêle charité, bonheur familial, harmonie sociale ou encore solidarité), nous nous rendons rapidement compte cependant au fil des minutes que tout n’est pas si rose et que la Magie de Noël n’opère plus aussi bien au fil des années.

Très commercial (la folie des achats dans les grands magasins est parfaitement montrée avec ces bousculades et ces altercations dans les rayons), Noël semble avant tout ici une contrainte pour les parents de Max qui reçoivent à dîner des membres de la famille guère sympathiques, histoire de dire que « l’on a fêté Noël en famille »… Moqueries, remarques déplacées et méchancetés seront de la partie durant le repas qui va vite tourner au vinaigre entre les différents membres de la famille. Le ton est donné : la magie de Noël ne semble plus opérer dans cette famille (seule la grand-mère de Max semble croire en la magie de Noël, ce qui n’empêchera cependant pas son petit-fils de déchirer sa lettre destinée au Père-Noël et de maudire sa famille suite à des querelles avec ses cousines, avec un petit air de "maman j’ai raté l’avion") et ce qui devrait être un grand moment de convivialité va se transformer progressivement en un véritable enfer.



Alors que l’humour avait une place de choix dans la première partie du film avec ces querelles parfois puériles entre les différents protagonistes et les comportements plus que douteux de cet oncle et cette tante fraîchement arrivés dans la maison, l’atmosphère va rapidement s’assombrir et l’ambiance se dégrader. Tempêtes de neige, coupures d’électricité, querelles qui n’en finissent pas au sein de la famille… Rien ne semble aller et ce n’est pas l’arrivée de cette créature de Noël nommée Krampus qui va améliorer la situation.

Exit l’ambiance chaleureuse au coin du feu et les moments de convivialité autour des cadeaux de Noël, un huis clos va s’installer au sein de cette maison qui va se retrouver assiégée par des hordes de petits monstres envoyés par Krampus pour punir ces gens qui ne respectent pas la Magie et l’Esprit de Noël ! Quitter la maison ? Pas question : outre ce froid glacial dehors, un monstre rôde et attaque les gens qui ont le malheur de vouloir braver la tempête de neige.

Poupées, ours en peluche, jouets… Tout semble prendre vie à la manière d’un certain "dolls-les poupées" de Stuart Gordon. Michael Dougherty nous offre là un bestiaire très varié où les effets spéciaux old school et sentant bon les années 70-80 (marionnettes, animatroniques) flirtent avec les effets numériques actuels pour donner au final un mélange non inintéressant qui porte ses fruits. Les scènes d’action (attaques de jouets ou encore de biscuits de Noël animés), avec pour point d’orgue une attaque quelque peu bordélique dans le grenier où les assaillants surgissent de partout, sont globalement réussies et apportent du tonus à un film qui n’en manquait déjà pas (le rythme fort appréciable de "Krampus" est à souligner, soit dit en passant). Quelques moments de suspense sont également de la partie (la première apparition de Krampus dans le blizzard, l’apparition de bonhommes de neige menaçants dans le jardin, la scène d’enlèvement d’un enfant par la cheminée) et s’avèrent elles aussi de bonne facture (les effets sonores sont en grande partie responsables de la réussite de ces quelques scènes éparpillées dans le récit). Bref, de bien bonnes choses donc !



Et pourtant, malgré toutes ces qualités, nous reprocherons à ce "Krampus" de ne pas aller au bout des choses. En effet, vacillant entre comédie/amusements (les biscuits de Noël qui tirent sur l’oncle exécrable avec un pistolet à clous) et horreur (le mystérieux Krampus, l’ours en peluche tapi dans l’ombre du grenier…) avec une forte connotation « tout public », le film de Michael Dougherty ne semble pas savoir vers quel public se tourner et reste coincé entre ces deux mondes bien distincts.
Jouer la carte de l’humour dans sa première partie, pour ensuite se tourner vers le suspense et le huis clos menaçant, pour finalement se finir en gros bordel où amusements et gamineries seront de la partie, avant de finalement retomber dans quelque chose de plus fantastique (le conte horrifique reprend les rênes)… Il faut bien l’avouer, c’est quand-même quelque peu fouillis et ça manque cruellement d’homogénéité, de singularité, pour ravir un public en particulier.

Même constat du côté des protagonistes. Malgré des stéréotypages certains, le casting tient la route dans la première partie mais malheureusement devient très inégal ensuite : le réalisme cède sa place au fantastique dirons-nous (certains comportements de personnages intriguent : on laisse sortir une jeune fille en pleine tempête alors que les adultes restent eux bien au chaud, on laisse des enfants monter au grenier alors que l’on sait que la menace rôde sur le toit…).

Des inégalités donc qui empêchent "Krampus" de faire les belles étincelles que l’on attendait tant. Mais ne boudons toutefois pas notre plaisir devant ce bon petit divertissement sans prise de tête qui devrait ravir les plus jeunes en priorité, le film n’étant peut-être pas assez effrayant ou sanglant pour les plus grands d’entre nous qui y verront plutôt là un sympathique petit conte horrifique.








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