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En 1965, une jeune mère de famille élevant seule ses deux enfants gagne sa vie en faisant des séances de spiritisme. Une arnaque en réalité jusqu'à ce qu'elle décide d'utiliser une planche de ouija, et là entre en contact avec des esprits mal intentionnés. En peu de temps, la plus jeune de ses filles, Doris, change d'attitude et semble comme possédée...



En l'espace de trois petites productions, Mike Flanagan, aura réussi à se faire une réputation de solide artisan. Après « The Mirror » (Oculus) ,« Pas un bruit »(Hush) et «Before I wake», le voilà aux commandes d'une production qui se révèle être la suite, ou plutôt la préquelle d'un film d'épouvante qui n'avait absolument pas marqué les esprits, et pour cause vu la médiocrité (voire un navet) du résultat. Faire un autre opus pour un film aussi médiocre était donc une gageure. Contre toute attente, le pari est relevé au delà de toute espèrance. Le réalisateur et aussi coscénariste fait office de sobriété et prend son temps pour poser son intrigue et donner corps à des protagonistes particulièrement crédibles.



L' aspect old school et rétro confère au long-métrage une intemporalité qui le renvoie à certains des grands modèles du genre («L'exorciste», «Amityville, la maison du diable») mais sans jamais les singer. Car Ouija : les origines a bien une identité propre. Œuvre sérieuse et angoissante (la dernière partie est un modèle de générosité horrifique), distillant un malaise prégnant, qui va crescendo, ce film sait faire la part belle à un aspect décalé/ironique, notamment via la petite Doris, interprétée avec subtilité par la jeune Lulu Wilson («Délivre nous du mal», «Annabelle 2»). Cette dernière se révèle par moments plutôt drôle par le caractère décalé de ce qui sort de sa bouche (Cf. l'anecdote qu'elle raconte au petit ami potentiel de sa sœur) ou par la déformation de son visage. Ce petit côté grotesque en apparence a pour but d'accentuer le malaise.



Loin d'être juste des pantins voués à être la proie d'esprits frappeurs, la famille Zander, se révèle dans toute sa complexité : la mère de famille en proie à des difficultés financières du fait qu'elle soit veuve, sa fille aînée adolescente qui sort en cachette et drague légèrement, et la plus jeune de la fratrie, qui va servir de réceptacle aux esprits que la planche de ouija va déclencher. Ce sont tout ces éléments psychologiques qui intéressent Flanagan [auquel on peut rajouter le Père-élément religieux- interprété par Henry Thomas. Mais oui souvenez-vous, le petit Elliott d' «E.T l'extraterrestre»] et non les habituels jumps scares. Dont il n'abuse pas, y compris lorsque l'un des éléments de la planche de ouija sert à découvrir ceux qu'on ne peut pas voir normalement.



Si certains pourront trouver l'avancée de l'intrigue un peu trop étirée, ce n'est que pour mieux nous emmener dans un dernier acte animé en diable, et là la touche Flanagan se révèle différente de celle orchestrée par James Wan et ses «Conjuring». Car, malgré la présence d'un membre du clergé, on évite ici toutes bondieuseries, qui est le piège dans lequel tombe beaucoup de films traitant des fantômes et des démons.
Nihiliste in fine, cet opus d' «Ouija», n'hésite pas à aller jusqu'au bout de la cruauté et de la tragédie. Comme si happé par le monde des esprits, les vivants se trouvaient aspirés dans un autre monde, celui de la ronde des morts.
Et encore une fois si vous utilisez une planche de ouija, n'oubliez pas les trois règles fondamentales : ne jouez jamais seul, ni dans un cimetière et dites au revoir!









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