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En 1946, les habitants de Texarkana, une ville située à la frontière du Texas et de l’Arkansas, sont terrorisés par un tueur masqué mystérieux qui assassine ses victimes, de préférence des couples, en pleine nuit. La psychose de la population est telle que les forces de police des deux États seront convoquées pour mettre fin à ce saccage, y compris le renommé Texas Ranger Morales, appelé uniquement lors des enquêtes difficiles. Le serial killer sera-t-il finalement appréhendé ?



The town that dreaded sundown (1976) (qu’on pourrait traduire par « La ville qui redoutait le crépuscule ») est basé sur une histoire vraie et constitue un des plus grands mystères américains non résolus. En effet, à Texarcana aux Etats-Unis, durant dix semaines, du 22 février au 3 mai 1946, un tueur masqué appelé « The Phantom Killer » mais aussi « The Phantom Slayer » ou encore « The Moonlight Killer » a agressé brutalement et de nuit, avec différents types d’armes, huit personnes, les deux premières victimes ayant survécu. Malgré une longue enquête et pas moins de 400 suspects, aucune piste, aucune empreinte valable, aucun témoignage précis n’ont pu permettre d’appréhender l’assassin qui n’a jamais été inquiété et avait une préférence pour les couples d’amoureux. Et puis il (ou elle) a subitement arrêté ses méfaits…

Comme "La baie sanglante" (1971) et "Black Christmas 1974", The town that dreaded sundown (1976) est ce qu'on appelle un « proto-slasher » qui devance de deux ans le film de John Carpenter "Halloween, la nuit des masques" (1978), de trois "Terreur sur la ligne" (1979) de Fred Walton et de quatre ans celui de Sean S. Cunningham, "Vendredi 13" (1980) qui définiront pourtant et ce, pour des années à venir le sous-genre que représente le slasher et tous les succédanés qui suivront. A savoir, un type de film avec un tueur inconnu et mutique semblant la plupart du temps invincible, agissant soit avec le corps toujours en contre-champ, soit quand il est visible, arborant un masque et assassinant aléatoirement des jeunes gens avec différentes armes.



Dès ses premiers instants, The town that dreaded sundown (1976) à la manière d’un documentaire avec une voix off prenante, nous décrit l’ambiance de la ville de Texarcana, une petite bourgade américaine comme il en existe des milliers, au sortir de la Deuxième Guerre Mondiale en 1946, époque où la population est encore durement éprouvée par le conflit global. Les soldats survivants de retour aspirent à une existence tranquille et la vie peut alors reprendre son cours avec la reprise du travail, les mariages, la grande maison, la belle voiture et les premiers flirts amoureux. Puis, le narrateur nous plonge dans l’horreur qui s’est abattue trois mois durant. Tout commence alors un soir où un jeune couple est agressé par un homme semblant porter une taie d’oreiller sur la tête avec juste deux trous pour les yeux qui sont bleu glacier mais surtout hallucinés. Les victimes seront retrouvées au petit matin, ensanglantées. Mais toutes n’auront pas eu cette chance, puisque quelque temps plus tard, d’autres personnes seront violentées et assassinées de manière aléatoire. La terreur et l’impuissance sont alors de mise si bien que des Texas Rangers viendront prêter main-forte aux forces de police locales même si aucune piste valable n’est là pour pouvoir permettre d’arrêter le serial killer…

Etonnamment, ce métrage horrifique monté à partir de faits authentiques terribles, est bizarrement conçu car il présente une dichotomie lui étant fatale : celle de l'horreur contre la comédie. Dans la première partie du métrage, les scènes dramatiques de poursuite dans la forêt, de tortures et d’assassinats (surtout celui effroyable d’une pauvre jeune fille poignardée avec un trombone) installent un climax de peur, d’inquiétude qui nous gagne avec toutefois l’espérance de découvrir l’assassin et ses motivations. De plus, la réalisation est belle avec son ambiance qui enfonce le spectateur dans l’horreur et la peur qu’ont ressenties alors les habitants, se barricadant à la tombée de la nuit, comme si le couvre-feu de la guerre revenait ! Cependant, l'autre moitié du film nous fait suivre un groupe de flics stupides et maladroits qui oublient les clés de leur véhicule, foncent dans un lac avec une voiture ou alors doivent s’habiller en femmes pour piéger le tueur ! Le tout est soutenu par une musique comique pouvant nous faire penser que l’on se trouve en face d’un épisode de « Shérif, fais-moi peur » ! Cela bouleverse alors grossièrement et brutalement l’atmosphère et on ne sait donc plus trop sur quel pied danser : slasher horrifique ou comédie burlesque !?



Pour ce qui est du casting, on retiendra principalement Ben Johnson, un vétéran ayant joué dans « La chevauchée sauvage » mais également dans "Le monstre du train", acteur idéal pour interpréter un Texas Rangers implacable à qui on ne la fait pas, ainsi que Andrew Prine, une habituelle tronche de méchant vue dans "Le couloir de la mort" ou encore "Sutures", ici à contre-emploi, mais impeccable en policier local bien déterminé à arrêter le « tueur fantôme ». Et puis, le réalisateur et producteur du film Charles B. Pierce s’octroie aussi un rôle conséquent, celui de Sparkplug comme il est parfois appelé dans la vraie vie (traduisible par « bougie d’allumage »), un agent de police un peu benêt. Quant au reste de la distribution, certains acteurs semblent avoir été recrutés sur le trottoir tant ils paraissent tous amateurs et interagissent entre eux à contretemps !



Même si le but du film, consistant à montrer que le mal existe malgré la façade de prospérité d’après-guerre, est louable, que le pseudo style documentaire devançant de quelques décennies celui du "Zodiac" de David Fincher est intéressant et que certaines scènes font froid dans le dos et préfigurent de tout ce qui se fera par la suite en termes de slasher, Charles B. Pierce se tire une balle dans le pied en utilisant des ressorts comiques malvenus pour contrebalancer le côté dramatique de son long-métrage. Effectivement, ce dernier perdra toute crédibilité, ce qui est fortement dommageable tant ce qu’on avait vu à l’écran, en matière horrifique, était de qualité. La nouvelle version de 2014 empruntera-t-elle alors cette voie périlleuse ?









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