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Un jeune couple de touristes allemands traverse l'Australie en autostop. Durant leurs pérégrinations, ils visitent le site du cratère de Wolf Creek et décident de dormir sur place, dans leur tente. Dans la nuit, ils sont réveillés par Mick, un bushman du cru qui leur propose de les héberger, leur déclarant qu'ils se trouvent dans un parc national où il est interdit de camper et que les autorités sont très tatillonnes à ce sujet. Les deux jeunes gens lui annoncent qu'ils partiront à pied le lendemain matin et donc refusent poliment la proposition de l’autochtone. Ils n’auraient jamais dû…



Encore une fois pour un survival, on a le droit à l’allégation « histoire basée sur des faits réels » avec l’information suivante : « 30 000 personnes sont portées disparues en Australie chaque année et 90% sont retrouvées dans le mois, certaines ne le sont jamais ». Certes, c’est idéal pour la commercialisation du film, mais alors question véracité, on a du mal à y croire tellement c’est extrême et tiré par les cheveux, mais bon, admettons ! Ce qui est sûr c’est que ça ne donne pas envie de faire du tourisme dans l’arrière-pays australien tout ça ! Venons-en cependant à l’essentiel. Le premier "Wolf Creek" prenait énormément de temps à présenter ses personnages dans le but d’attiser l’empathie mais il faisait également démarrer l’action tardivement afin de faire sans doute durer le plaisir et de surprendre d’autant plus le spectateur lambda dès les premières scènes de meurtre venues, si bien qu’il pouvait représenter un survival naturaliste en plein Outback Australien original pour les uns, assez poseur pour d’autres. Alors quand on apprit qu’un deuxième opus sortait directement en DVD, on pouvait se poser légitimement des questions quant à ses qualités intrinsèques. Allait-il constituer ni plus ni moins qu’un copié-collé sans saveur ?



Contrairement à l'original, Wolf Creek 2 ne prend pas longtemps pour construire son épopée et présenter avec parcimonie les exactions du tueur. Ici, Greg McLean ("Wolf Creek", "Solitaire (Eaux troubles)") nous réintroduit dès le pré-générique Mick Taylor, penchant psychopathe de Crocodile Dundee, qui après avoir été injustement verbalisé par deux officiers de police désœuvrés et zélés, se venge en explosant la tête du plus jeune des policiers, puis en poignardant et brûlant vif le flic plus âgé. Cette séquence initiale nous met directement dans l’ambiance et nous montre que le réalisateur ne brodera pas son canevas ce coup-ci et qu’il ne fera pas dans la dentelle (admirez un peu le champ lexical du couturier !). La scène d'ouverture « se jette » donc littéralement sur les téléspectateurs et les confronte avec Mick, un bouseux australien accessoirement éleveur de porcs, pas sympathique pour deux sous une fois qu’on gratte le vernis, qui, dès qu’il a flairé son gibier, ne le lâche plus ! C’est la mésaventure qui arrivera ainsi à Paul Hammersmith, un jeune vacancier britannique venu faire du surf en terre australe, qui tombera malgré lui sur une jeune allemande poursuivie par Mick et qu’il va recueillir à bord de sa jeep. Malheureusement, Mick va tout faire pour les rattraper, bien décidé à pourfendre Paul qui s'est mis entre lui et sa proie initiale !



Au jeu des différences notables entre "Wolf Creek" et sa suite, on remarque que le second a lieu sous un soleil de plomb alors que le premier opus était étouffé par l'obscurité. Dans Wolf Creek 2, McLean tente d’expliquer la psychopathie de Mick en en faisant un xénophobe avéré voulant exterminer la « vermine étrangère » pour le sport, même s’il arrive parfois à notre éleveur porcin de tuer des locaux venus s’occuper de ses affaires alors qu’ils n’auraient pas dû, c’est ce qu’on appelle les dommages collatéraux ! D’autre part, le ton de cette suite, est superficiellement plus léger. Dans cette séquelle, effectivement, Mick éviscère, poignarde, canarde et maudit ses victimes, étrangères de préférence, en racontant de mauvaises blagues avant/pendant/après qu'il les tue, faisant de lui un succédané de Freddy Krueger mais ancré dans le réel ! Par exemple, lorsque Taylor extirpe un cœur humain, il psalmodie un étonnant et inapproprié : « Oh non, mon cœur est tout déchiré ! » ou bien encore il peut balancer à une victime agonisante un : « Ça suffit, le cochon ! », sans doute une référence au métrage australien "Babe, le cochon devenu berger", des plus cocasses et surprenantes !

Wolf Creek 2 fonctionne comme un clin d'œil sournois à d'autres films australiens où le paysage désolé lui-même est une menace sinistre (voir "Razorback" et consorts). Mais tout le crédit en revient à McLean qui dirige d'une main sûre et un sens visuel profond son affaire (cf. une scène de poursuite avec un pick-up, un camion et une foule de kangourous qui le percutent en plein bond) et qui sait comment construire et ménager le suspense, mais surtout qui connaît comment s’y prendre techniquement pour nous offrir des scènes gore et ultraviolentes du plus bel effet ! Eventration, éviscération, découpage de doigts, explosion de tête et autres réjouissances trash et riches en hémoglobine sont au rendez-vous pour le plus grand plaisir des amateurs de barbaque et tripailles !

Toutefois, tout le mérite de ce succès revient au méchant de la franchise, l’excellent John Jarratt qui à lui tout seul vient asphyxier tout le reste du casting venu faire de la figuration ou bien de la chair à canon, c’est selon ! Mick Taylor est, en effet, un vrai bad ass australien, apparemment amical en apparence, mais sadiquement violent quand on le croise de trop près, et parfois même au moment où il choisit de l'être, donc au moment où on s’y attend le moins ! Il est la star du film, et il ici, n'y a pas de héros. Notre serial killer patenté est juste « alimenté » par divers autostoppeurs et touristes à mutiler et l’on souhaite vraiment ne pas être l’un d'entre eux, mais bon c’est la vie ! Parmi ceux-ci, il en est cependant un pour lequel on pourrait éprouver un peu plus de sympathie. C’est Paul, un jeune anglais, qui devient une cible pour Taylor car il a malencontreusement déjoué son plan de tuer une randonneuse allemande. Dès lors, notre assassin rural n’aura de cesse que de vouloir occire ce parasite britannique, ce qui atténuera peut-être un peu l’acrimonie ressentie envers ce fieffé pays de colons ! Un jeu du chat et de la souris plutôt sanglant va alors s’organiser entre nos deux protagonistes et ce, pour notre plus grande joie car on est là en plein survival comme on les aime. Mais une fois qu’il l’aura rattrapé, le film basculera vers le torture porn movie classique comme il en pleut pléthore depuis "Hostel" et c’est un peu dommage car une impression de « déjà-vu » viendra nous assaillir ce qui fera perdre de la saveur à Wolf Creek 2 pourtant bien juteux de prime abord.



Alors que le film original prenait tout son temps pour brosser le portrait de ses protagonistes et nous rendre soucieux quant à leur sort au risque d’être parfois trop bavard, cette séquelle prend le parti de se concentrer sur des gens qui, hormis le tueur, ne sont pas de gros causeurs, mais il montre une tension incessante extrêmement éprouvante et ce, de manière efficace. On est en effet agréablement surpris dès le début car ça commence fort, puis ça devient bien gore et on en apprend un petit peu plus sur les motivations de ce tueur déjanté. Le film est toutefois légèrement plombé par des ficelles scénaristiques éculées et un revirement de genre soudain, mais il constitue néanmoins une très bonne suite, avec son méchant indiscutable interprété par un John Jarratt encore une fois parfait en psychopathe du bush australien.