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Réalisation
Kerry Prior

Scénariste
Kerry Prior

Date de sortie
2009

Genre
Vampires

Tagline


Cast
David Anders
Chris Wylde
Louise Griffiths
Jacy King...


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
Wendell Hobbs

Effets spéciaux



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Moyenne: 5
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Tué en Irak alors qu’il officiait dans l’Armée Américaine, Bart Gregory revient aux Etats-Unis dans un cercueil afin que l’enterrement puisse avoir lieu à Los Angeles, ville où il vivait avec sa compagne. Mais contre toute attente, Bart revient à la vie et se réfugie chez son ami de longue date Joey. Rapidement les deux compères se rendent compte que Bart a besoin de sang frais pour vivre car ce dernier semble être devenu une sorte de vampire. Alors que ce dernier s’abreuve du sang de criminels peuplant les rues de Los Angeles, devenant par la même occasion célèbre dans toute la ville pour ses exploits de justicier malgré lui, Joey va vouloir lui aussi profiter de cette notoriété et passer de l’autre côté, celui des morts-vivants...



Après avoir officié sur les effets spéciaux de films tels que "starship troopers", "abyss" ou encore "Bubba Ho-Tep" et le troisième opus de la saga des Freddy, Kerry Prior se lance dans la réalisation et nous livre en 2009 son premier film intitulé "the revenant" ("the revenants" en France) dont il est également le scénariste et l’un des producteurs (inutile de vous dire qu’il a forcément touché, pour ne pas dire supervisé, les effets spéciaux de son film!)

Et pour un premier film, Kerry Prior a frappé fort. Présenté dans plusieurs festivals à travers le Monde, "the revenants" a reçu entre autres des prix au Fantastic Fest d’Austin (Grand Prix du Public et du Meilleur Réalisateur), au New York City Horror Film Festival (Prix du Public, du Meilleur Film, du Meilleur Réalisateur et du Meilleur Acteur), à l’After Dark Film Festival de Toronto (Médaille d’Argent) et au Screamfest de Los Angeles (Meilleurs Effets Spéciaux et Meilleurs Maquillages). Plus discret par chez nous en Europe, le film de Kerry Prior est toutefois passé en Espagne par le festival de Sitges où il était en sélection officielle avant de nous parvenir tardivement en France sur support laser en début 2015.



Comédie horrifique à multiples rebondissements, "the revenants" saura vous tenir en haleine du début à la fin, ses passages humoristiques et ses scènes d’action étant suffisamment bien dosés et diversifiés pour éviter de tomber dans la lourdeur ou le répétitif.

Porté par un scénario riche, faisant la part belle à la critique de la société américaine (le nombre conséquent de SDF dans les grandes villes, les conflits et guerres de gangs entre les blancs et les noirs, l’immigration mexicaine, la méfiance voire la peur des chicanos, sans oublier la délinquance locale et l’insécurité qui se traduisent par des viols, des braquages, des flics ripoux et autres activités mafieuses...) et à la critique politico-économique du pays (la guerre en Irak, les relations tendues entre les Etats-Unis et l’Iran, les armes biologiques), "the revenants" fourmille également de bonnes idées tout au long de son récit.
Romance, trahison, jalousie, survie, bravoure ou encore quête vengeresse : tout un programme pour notre duo de protagonistes qui va devoir s’accommoder à un panel de situations imprévues et peu ordinaires (« tu bois du putain de sang, c’est complètement surréaliste ! » s’exprimera Joey devant Bart) et être parfois confronté à des dilemmes et à des choix cornéliens.

Ne manquons pas de le signaler, face à ce contexte purement fantastico-horrifique (nous avons tout de même affaire à des « non-morts » ou des « revenants » comme ils le disent, sortes de croisements entre des vampires et des zombies qui doivent s’abreuver de sang humain pour survivre), l’humour est probablement l’une des pièces maîtresses de "the revenants" qui nous plongera dans des séquences hilarantes et parfois même inédites au cinéma (Bart le revenant qui se prend la tête avec une dame du corps médical se refusant de lui donner une poche de sang / une ronde des SDF de la ville en vue de leur offrir un boulot de « donneur de sang » / deux morts-vivants qui vident leurs chargeurs de guns l’un sur l’autre...).



La galerie des personnages de "the revenants" est également l’un des points forts du film, d’autant plus que les interprétations sont plus que correctes de la part des acteurs(trices) dans l’ensemble. Tel Andy dans "le mort-vivant" de Bob Clark, nous avons affaire ici à un soldat qui revient d’entre les morts sauf que dans le film de Kerry Prior, humour oblige, ce dernier va former un duo détonant avec son ami quelque peu looser Joey (un duo qui n’est pas sans rappeler le tandem Simon Pegg / Nick Frost).

Après avoir essayé le crucifix et l’eau bénite et avoir refusé la proposition de son amie infirmière (couper la tête de Bart et lui enfoncer un pieu dans le cœur, rien que ça !), Joey va décider d’aider son ami à survivre en lui trouvant du sang. Trouver des donneurs n’est pas chose simple et notre duo d’amis se tournent alors vers les parias de la société et plus particulièrement les criminels. Quelle poilade de les voir tous deux en justiciers malgré eux attaquer les malfrats de Los Angeles pour que Bart se délecte de leur sang pour ensuite se débarrasser des corps à la manière d’un « c’est arrivé près de chez vous » (le tout sans trop se faire remarquer par le voisinage, notamment la voisine très curieuse et collante de Joey, ou la petite amie de Bart).

Rapidement, les médias s’accaparent de ceux qu’ils appellent les « bandits justiciers ». Bart et Joey, toujours dans l’anonymat, deviennent de véritables stars, ce qui poussera Joey à vouloir lui aussi devenir un revenant et ainsi pouvoir goûter à ce pouvoir exceptionnel (le « don obscure » appelle-t-il cela). Nos cowboys (ou super-héros vampires si vous préférez) vont alors s’en donner à cœur joie contre la vermine de la ville, malgré cette conscience qu’incarne leur amie infirmière (alors que ces derniers perdent les pédales dans leurs rôles de justiciers invincibles, celle-ci tente en vain de les raisonner) et cette romance que continue malgré tout d’entretenir Bart avec sa petite amie. Une romance (rappelant un certain "zombie honeymoon") qui va progressivement foutre le bordel dans notre duo d’amis, d’autant plus que d’autres soucis inattendus se mêleront à la fête pour progressivement nous faire comprendre que ce don d’immortalité pourrait n’avoir comme finalité qu’un destin tragique (un don pouvant cacher une malédiction en quelque sorte), d’où la nécessité d’une délivrance au plus vite...



Vous l’aurez aisément compris, nous ne nous ennuyons à aucun moment devant "the revenants". D’ailleurs, la bande son est également un autre point fort à ne pas négliger dans le film de Kerry Prior, cette dernière contribuant au bon déroulement de notre histoire. Tantôt énergique (des morceaux de symphonies bien choisis), tantôt festive (du hip-hop latino), la musique qui nous accompagne tout au long de "the revenants" colle parfaitement aux diverses situations (scènes de bravoure, moments intimes...)

Sans être révolutionnaires, les effets spéciaux et les maquillages mis en œuvre sont de très bonne facture. Parfois trashs (les grosses gerbes de liquide noirâtre, une tête écrasée sous un rouleau compresseur...), parfois saignants (fusillades, tête/bras coupés, sang ingéré...) avec un petit zest d’humour (une tête coupée qui, à la manière d’un "ré-animator", parle encore mais nécessitera ici un gode vibreur pour être stimulée!), les effets visuels ne déméritent pas et contribuent d’une bien belle manière, comme pour la bande originale, à rendre "the revenants" hautement sympathique et distrayant !

Au final, "the revenants" s’avère être une bien belle surprise. Ce mélange comico-horrifique réussit le pari de tenir en haleine le spectateur du début à la fin grâce à un scénario peu ordinaire et riche en rebondissements, un humour rondement bien dosé, une bande originale stimulante, une galerie de personnages attrayants et des effets visuels fort convenables ! Rien que cela !








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