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Réalisation
Joe Dante

Scénariste
Alan Trezza

Date de sortie
2014

Genre
Zombie

Tagline


Cast
Anton Yelchin
Ashley Greene
Alexandra Daddario
Oliver Cooper
Ozioma Akagha…


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
Joseph LoDuca

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 3.2
(5 votes)
La vie n’est pas facile pour Max. Vivre avec une fille ultrapossessive et manipulatrice rend le quotidien bien trop compliqué pour ce jeune homme qui va alors prendre la décision de quitter Evelyn. Une tâche qui sera épargnée à Max car sa si charmante compagne va décéder après avoir été renversée par un bus. Les mois passent après ce terrible accident et notre ami rencontre la belle Olivia, une fille qui colle parfaitement au jeune homme qui pense alors que sa vie amoureuse va enfin pouvoir décoller réellement. Mais tout cela est sans compter la terrible et jalouse Evelyn qui revient d’entre les morts, décidée plus que jamais à vivre auprès de lui !



Les années 70-80 voient débarquer un sympathique petit bonhomme répondant au nom de Joe Dante. Un réalisateur à qui l’on doit beaucoup, ne serait-ce que pour ses trois films majeurs que sont "hurlements" (le grand concurrent du film de son ami John Landis "le loup-garou de Londres"), "piranhas" et enfin "gremlins" en collaboration avec Steven Spielberg. Depuis ce que j’appellerais « les vingt glorieuses du cinéma fantastique », Joe Dante est devenu beaucoup plus discret mais continue de tourner à son rythme dans des productions parfois inégales ("l’aventure intérieure", "panic sur Florida beach", "small soldiers", "les Looney Tunes passent à l’action"…) sans oublier la suite de "gremlins" en 1990.

C’est donc avec son nouveau film que Joe Dante nous arrive à la 23ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer en 2016. "Burying the ex", présenté en hors-compétition, est à ce moment déjà disponible en DVD mais qu’importe : voir une comédie fantastique en festival est toujours bien plus savoureux que de la déguster chez soi !

Film quasi passé inaperçu lors de sa sortie DVD dans nos contrées (à la manière d’un certain "the hole" du même réalisateur, sorti quelques années avant), "burying the ex" mérite pourtant que l’on s’y attarde le temps de quelques paragraphes, n’en déplaisent à beaucoup de journalistes, rédacteurs de sites Internet et bloggeurs ayant descendu le film en flèche…



Certes, nous avons ici un scénario sentant bon les clichés et le déjà vu. Certes, le film aurait pu donner encore bien plus pour se démarquer de la concurrence très rude en termes de comédies fantastiques. Certes, cela fait bizarre et peut dérouter certain(e)s de voir Joe Dante tomber dans ce qui s’apparente beaucoup à du teen movie… Oui, il y a des choses qui déçoivent quelque peu dans ce nouveau film de Joe Dante mais bon sang, arrêtons de tirer à boulets rouges sur ce "burying the ex" franchement divertissant (il est clair d’ailleurs que si tous les direct-to-dvd étaient de cette qualité, je signerais tout de suite sans la moindre hésitation) !

Même s’il traite peut-être des sujets déjà vus à plusieurs reprises dans le milieu du cinéma fantastique (retour d'un être cher sous les traits d’un zombie, dégradation physique d'un mort-vivant en pleine maturation), "burying the ex" réussit toutefois à tirer son épingle du jeu en nous plongeant dans cette histoire certes teintée de déjà vu mais ô combien divertissante !

Comme une marque de fabrique dans le cinéma de Joe Dante, dans "burying the ex" l’humour et le fantastique se mêlent pour le plus grand plaisir des fans de l’un de ces Masters Of Horror que l’on aime tant.

Dès la première partie, nous comprenons que ce pauvre Max rencontre quelques obstacles dans sa vie, à la fois professionnelle (son magasin ne semble pas marcher des masses, ses clients n’apprécient pas forcément l’humour macabre de la maison…), familiale (un demi-frère envahissant et quelque peu « je m’en fouttiste ») et surtout amoureuse (une amie jalouse, manipulatrice et au caractère bien trempé qui le mène à la baguette et avec qui seul le sexe semble être un moment de plaisir partagé). Mais qu’importe, ce jeune homme pour qui nous ressentons rapidement beaucoup de sympathie semble vouloir se mettre des œillères et avancer malgré tout dans la vie… jusqu’au jour où cette dernière décide de changer la décoration de l’appartement (une écolo pure et un amateur de cinéma fantastique ont forcément des idées quelque peu différentes à ce niveau-là).
Une première partie mêlant romance et humour à la manière d’un de ces films britanniques emmenés tambours battants par un Hugh Grant en grande forme. Le casting dévoilé est de très bonne facture et parvient à nous divertir durant toute cette première partie certes classique mais sympathique à suivre (le timide et attendrissant Max, l’autoritaire mais si amoureuse Evelyn, l’énergumène demi-frère Travis imperturbable et quelque peu idiot osons le dire).



Puis vient cet accident brutal et drôle à la fois (à la manière de l’introduction du film "all cheerleadders die" de Lucky Mc Kee dans laquelle une pompom girl se fracasse contre le sol), un bouleversement dans la vie de Max mais également après-coup une délivrance pour le jeune homme qui se rapproche alors de la belle Olivia, une fille partageant beaucoup de points communs avec notre ami.

Mais voilà, cette idylle va être quelque peu gâchée par l’arrivée imprévue (pour ne pas dire imprévisible) d’Evelyn, sortie de sa tombe pour venir poursuivre sa romance avec Max. La tristesse du deuil gommée par l’arrivée d’Olivia dans le cœur de Max, retour à présent en arrière avec la possessive et insatiable Evelyn, plus butée que jamais mais surtout bien plus accrochée à l’homme de sa vie qu’elle ne l’a visiblement jamais été !
Le film de Joe Dante prend alors un virage radical dans cette seconde partie et bascule de plein fouet dans l’humour qualifié tantôt d’absurde tantôt de loufoque, où les jeux de mots (« j’étais morte d’inquiétude », « ne perds pas ton sang froid » ou tout simplement dans son titre rappelant l’expression « burying the axe » signifiant « enterrer la hache »…) se bousculent et surtout où le trash (les baisers laissant derrière eux des fils de baves vertes ou encore cette gerbe en plein visage d’un liquide d’embaumement assimilable à un mini-geyser), les passages saignants (sans non plus chercher à verser dans les flux d’hémoglobine) et le grandguignolesque seront de la partie pour nous faire vivre un agréable moment auprès de notre pauvre Max cherchant désespérément une solution à ce problème de taille.

Le rythme effréné de cette seconde partie colle d’ailleurs parfaitement à ce qui doit se passer en temps réel dans la tête du pauvre jeune homme. Pris de vitesse, il va tout d’abord suivre sa première impression (cacher Evelyn à Olivia et vice-versa) et s’enfoncer malgré lui dans des mensonges devenant rapidement ingérables. Amusements garantis devant ces situations à répétition où le malheureux s’enlise dans ses mensonges et ses cachotteries! Puis, Max va rapidement faire preuve de réflexion et de logique : il est impératif de se débarrasser d’Evelyn (en effet, cette dernière n’a plus rien à faire dans le monde des vivants et elle compromet sa nouvelle vie bien plus rayonnante qu’auparavant). Dans une galère pas possible, il en vient même alors à se faire aider par son demi-frère, ce looser de première catégorie pour qui dans la première partie du film il n’aurait suivi aucun des conseils! S’ensuivent alors des séquences drôles, parfois débiles, mais ô combien distrayantes, jusqu’à ce chapitre final explosif qui ravira les festivaliers lors de la projection du film à Gérardmer.



Quatre personnages seulement, un nombre de décors très restreint, pas l’ombre d’un effet visuel trop tape-à-l’œil (bien que l’évolution du visage d’Evelyn est fort bien rendue à l’écran), une publicité bien timide autour du film : nous voilà bien face à un film au budget modeste qui une fois de plus n’a pas grand-chose à envier à beaucoup de productions plus onéreuses.
Certes, on aurait peut-être aimé un peu plus d’originalité dans ce nouveau Joe Dante (il y a beaucoup de réchauffé et de situations qui sentent bon le cliché) mais quel plaisir alors de voir notre cher Max aux prises avec cette zombie girl déjantée revenue de l'enfer dont il semble presque impossible de se débarrasser! Oui, "burying the ex" est une bonne surprise pour ma part, n’en déplaisent à ses nombreux détracteurs…