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L'histoire suit Casey, un garçon tout à fait normal si ce n’est qu’il est atteint de coulrophobie, une peur intense et surtout incontrôlable des clowns. Ses deux grands frères, Geoffrey et Randy sont plus ou moins sympas avec lui, c’est selon. Si Geoffrey est compréhensif et protecteur, Randy en a plus qu’assez qu’il soit peureux et l’invective pas mal, sans doute pour le faire grandir et sortir de ses gonds. Une nuit, alors que les trois garçons sont laissés seuls par leur mère, ils décident de visiter un cirque local pour une nuit d'amusements ou, surtout pour l’aîné, pour draguer des jeunes filles. Pendant ce temps, trois malades mentaux psychotiques échappés de l'asile d'aliénés du coin tuent des clowns, prennent leur maquillage et leurs costumes. Le cauchemar de Casey ne fait alors que commencer…



Ce film, qui est le premier de Victor Salva, le papa de la franchise des "Jeepers Creepers", aurait pu être intéressant car il narre l’histoire de clowns tueurs poursuivant trois enfants dont le plus jeune a la phobie des augustes et autres contre-pitres issus du cirque. Mais il aura plus fait parler de lui à cause de la condamnation du réalisateur pour attouchement sur mineur envers l'acteur principal. En effet, durant la postproduction du métrage, Salva est arrêté et inculpé pour avoir abusé sexuellement de Nathan Forrest Winters, alors âgé de douze ans, avant et pendant le tournage. Ami de la famille Winters, le cinéaste avait déjà fait jouer l'enfant dans « Something in the basement » et avait filmé son délit, mais il plaidera coupable et reconnaîtra avoir tripoté d’autres enfants en 1988. Il sera alors condamné à trois ans de prison et libéré sur parole après quinze mois d'emprisonnement.



Mais revenons-en au métrage en lui-même. Clownhouse débute mollement avec des ados qui vont au cirque, reviennent chez eux et vont être poursuivis dans leur maison par trois clowns fraichement échappés de la maison de fous du cru. Bref, c’est au demeurant très restreint car après tout, l’essentiel du métrage réside finalement dans une partie de course- poursuite pour le moins amorphe et répétitive dans une grosse baraque. En effet, chaque apparition clownesque peut nous faire sourire et nous mettre dans l'ambiance mais en fait, ça devient vite pénible car c’est toujours la même chose, on les voit encore et encore mais il ne se passe absolument rien, les personnages se cherchent tout le long du film alors que nous, on s'ennuie ferme ! De plus, on n’a même pas un peu de gore ou ne serait-ce qu’un meurtre sympa à se mettre sous la dent, enfin sous les yeux ! Certes, on sent que Salva sait maîtriser une caméra et qu’il a déjà un certain sens de l'esthétique, mais c'est bien peu pour un film de ce genre ! Rien d’horrifique ne sera donc montré sur pellicule mais en plus pas d’humour noir non plus ! L’ensemble est donc très fade et ne ravira pas du tout les amateurs d’horreur visuelle et graphique. Clownhouse n’est alors qu’un énième petit métrage de série B assez pâlot, qui dans le genre clown tueur est loin d’équivaloir certaines autres références et ce, même si les maquillages restent d’honnête facture ! "Killer Klowns" constitue, à côté, un film de clowns tueurs largement supérieur ! Même les très moyens "100 tears", "Dark clown", "All hallows eve" ou encore "Judy" montraient des choses pouvant plaire ! Que ce soit un petit homicide trash ou bien une idée novatrice voire un gag cocasse, mais ici, que nenni ! Qu’on est bien loin du mètre-étalon en la matière, mais si, vous savez le film avec Tim Curry adapté d’un roman éponyme de Stephen King…



Côté acteurs, c’est convenable, mais il n’y a rien d’incroyable non plus côté adulte. En revanche, chez les adolescents, on retiendra surtout Sam Rockwell (vu dans "Joshua", "Moon" ou encore "Poltergeist (2015)"), dont c’était le tout premier film et qui incarne très bien Randy, l’aîné des enfants un peu gouailleur et voyou sur les bords. En ce qui concerne les interprètes de Casey et Geoffrey, aucun des deux ne poursuivra de carrière cinématographique, mais on comprend mieux pourquoi pour le premier nommé…

Le principal problème de ce métrage, c’est que ça ne décolle jamais vraiment au point de susciter notre attention ne serait-ce que plus de 5 minutes. Les acteurs ne sont pas non plus aidés, il faut le dire, par les dialogues pathétiques qu’on leur fait débiter et par le peu de scènes d’action pure qu’on leur fait jouer. Néanmoins, ça ne dure qu’1h19 ! Reste qu'on pourrait sauver, mais juste pour le fun, la bande-son ringarde du métrage, avec ses ballades plus ou moins mollassonnes et absolument grotesques chantées par un vulgaire troubadour qui a probablement dû être adulé en son temps par les foules en délire ! Ce qui est assez rigolo également c’est la présence au cirque d’une diseuse de bonne aventure flippante et la scène avec l’officier de police qui pense que Casey est en fait en train de cauchemarder et qui lui raccroche au nez ! Mais pour moi, le plus cocasse, c’est qu’après 89 minutes de souffrances psychologiques, on nous assène une phrase finale vraiment trop philosophique qui nous achève : « Aucun homme ne peut se cacher de ses craintes, car elles font partie de lui et sauront toujours où il se cache ». Merci Victor !



En conclusion, Clownhouse, au-delà des sombres affaires qui ont émaillé son tournage, n’est pas marquant pour deux sous. C’est une ridicule petite série B à faible budget qui n’offre vraiment pas grand-chose de satisfaisant pour tout fan de films de genre qui se respecte. Et question peur, on repassera : on sursaute à peine tellement il se passe peu de choses à l’écran. Le plus effrayant étant peut-être la présence en arrière-plan de Victor Salva (d’ailleurs crédité au générique) derrière le jeune Nathan Forrest Winters lors de la scène relativement anecdotique du chamboule-tout ! Ce long-métrage mou du genou est donc à réserver avant tout aux inconditionnels de films de clowns, les autres trouveront nettement mieux dans l’horreur estampillée eighties ou en visionnant de nouveau le classique des classiques en la matière, j’ai nommé le désormais « cultissime » "Ca" !









Navrant

Portrait de Lionel Jacquet

1.02

Pas mieux que ce qu'en dit le chroniqueur fonctionnaire. Ennuyeux, mal joué, platement filmé, navrant en somme.