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Alors qu’ils comptaient faire du camping sauvage, un jeune couple fait la rencontre d’un fugitif et de sa compagne alors en route pour le Mexique. Après s’être arrêtés à une station-service, nos quatre amis vont être pris au piège par un parasite sorti de nulle-part qui transforme ses hôtes en d’immondes créatures épineuses…



Après une bonne petite cure de festivals un peu partout dans le monde, "splinter" (non, rien à voir avec le maître-rat dans "les tortues ninja") s’est fait tantôt des amis tantôt des ennemis. Des avis mitigés qui pousseront le film vers une sortie direct-to-dvd au grand damne de nombreux critiques de cinéma fantastique.
Mais que vaut donc ce long-métrage signé Toby Wilkins, futur réalisateur de "the grudge 3" (…) ayant également œuvré sur la série "teen wolf"? Résultat dans ces quelques paragraphes…



Partant d’un scénario assez classique en soi (un petit groupe de personnes va se retrouver pris au piège par une créature bien vilaine), "splinter" possède pourtant quelques atouts dans sa manche non négligeables par les temps qui courent (les solutions de facilité, et je ne parle pas des remakes, préquelles et autres suites à gogo, attirent de plus en plus les cinéastes et producteurs, désireux de faire d’un film au budget rikiki une véritable pompe à fric).

Tout d’abord, le rythme du film est fort soutenu (d’autant plus que le film dure à peine 1h15) et évite ainsi de plonger le spectateur dans un ennui pouvant amener rapidement à un bon petit roupillon quand la mayonnaise ne prend pas assez vite.

En effet, "splinter" nous balance une attaque bien féroce de son parasite dès les premières minutes du film (assimilée lors de cette introduction à une créature des sous-bois) pour ensuite nous présenter ses deux héros (deux tourtereaux novices dans l’art du camping manifestement) de manière très attrayante (le scénario fait alors la part belle à l’humour en nous distillant de sympathiques petites moqueries et pics entre les deux jeunes gens qui font mouche : une présentation de personnages bien croustillante, similaire à celle de "honeymoon").
Ce sont ensuite nos deux fugitifs qui changeront soudainement l’ambiance avec ce que l’on peut considérer comme une prise d’otages, mettant alors fin aux projets de nos amoureux et remettant en quelques secondes seulement le tensiomètre en route. Une cavale qui s’achèvera dans une station-service isolée sur une route déserte pour cette fois-ci mettre en route le trouillomètre avec un huis-clos où nos quatre réfugiés se retrouveront aux prises avec un monstre retenu à l’extérieur de la bâtisse (difficile de ne pas penser à "feast" ou encore "the mist").

Bref, tout se passe rapidement et sans réel temps mort, c’est fluide et parfaitement amené : que demander de plus à ce moment-là ?



Par ailleurs, le casting est de très honnête facture, l’ensemble des personnages étant plutôt crédibles dans leurs rôles respectifs (et si nous réfléchissions tranquillement à une solution pertinente et réalisable pour sortir de ce piège à rats?). Comme certains scénaristes se plaisent à le faire de temps à autres, l’évolution des personnages est d’ailleurs un gros point positif dans "splinter" à l’image d’un héros intello et peu débrouillard quelque peu effacé par sa belle qui va par la suite s’affirmer et devenir une mine d’informations en raison de ses connaissances en biologie, ou encore d’un criminel bien vilain au départ qui va rapidement comprendre que l’union fait la force et qui va montrer une toute autre personnalité au fur et à mesure que l’histoire avance. Des rapports de force qui s’inversent, des altercations et des doutes entre les deux binômes qui subsistent : ces relations entre les personnages sont suffisamment fouillées et crédibles à la fois pour rendre ce huis-clos distrayant.

Reste alors notre créature, ou plutôt notre parasite! Voilà probablement ce qui a rendu les spectateurs si mitigés parfois en sortie de projection. Car même si l’idée de départ sur le papier est fort alléchante (un parasite s’attaque à des hôtes et fusionne des morceaux de corps entre eux pour former une créature immonde pleine d’épines qui s’avèreront être le moyen de transmission du parasite) et donnera quelques clins d’œil sympathiques à des films tels que "la chose (1982)", "evil dead 2" ou encore "la famille Addams" (amusante séquence dans laquelle une main bouge toute seule et s’attaque à nos amis), il faut également admettre en contre partie que le résultat visuel est en demi-teinte…

Nous apprécierons effectivement le look de la créature ainsi que sa gestuelle (sorte de marionnette désarticulée) et ses bruits (semblables à l’un de ces vilains insectes mutants dans "mimic") mais il est fort dommage que les passages la mettant en scène soient trop peu lisibles, la faute à des mouvements de caméra parkinsoniens (rappelant d’ailleurs, sensiblement dans le même registre, le pourtant divertissant "feast") presque omniprésents dans les scènes d’attaques de la créature.

Un gros regret concernant notre créature donc, d’autant plus que certains effets sont très saignants (un bras coupé au cutter, un corps coupé en deux…) et saisissants (les membres qui cassent et les os qui craquent).



Au final, "splinter" a beau avoir quelques défauts indéniables (une fin banale, des difficultés pour entrevoir distinctement notre créature en raison de mouvements de caméra trop intenses comme avait su nous le faire, et je ne cesserai de le dire, l’assez moyen "28 semaines plus tard"), ce dernier est loin d’être un mauvais film et mérite vraiment un petit visionnage, ne serait-ce que pour cette volonté des scénaristes de ne pas tomber dans la facilité, le vu et revu. Doté d’un fort honnête casting, d’une créature hideuse et menaçante à souhait et d’un rythme bien soutenu, le film de Toby Wilkins s’avère fort plaisant.








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GRUDGE 3 - THE