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En pleine nuit, Charlie Crowe, un animateur de radio du Kentucky, reçoit l’appel d’un mystérieux auditeur âgé de dix-sept ans dont la voix semble effrayée et qui affirme être surveillé par des entités quasi imperceptibles (les « shadow people »). Ne croyant pas du tout ce qu'il dit, il lui conseille d'aller voir un psychiatre. Un matin, alors qu’il ramasse son journal, Charlie trouve une enveloppe sur laquelle est écrit : « Lisez et croyez ! ». Il découvre alors des preuves tangibles sur les « gens de l’ombre ». La nuit suivante, Crowe reprend son service et tombe à nouveau sur le jeune homme. Ce dernier lui avoue qu'il a peur de dormir à cause du « peuple des ombres » et qu’il possède une arme. Après une vive conversation, le coup part. Plus tard, l'animateur apprend par son collègue que l’adolescent est toujours vivant et que ses parents l'ont emmené à l’hôpital : il avait juste visé le mur ! Voulant lui rendre visite, Crowe est alors stupéfait : l’ado est mort pendant son sommeil, sans aucune explication ! Peu de temps après, l’animateur intrigué commence à faire des recherches sur le phénomène et il en discute sur les ondes. Ce n’est alors que le début des ennuis puisque même si l’émission fait un carton côté audience, de plus en plus de gens commencent à mourir de manière similaire…



Shadow people, petit DTV écrit et réalisé par Matthew Arnold, possède une histoire solide avec de bons moments de tension. Et comme beaucoup de films d'horreur récents il met en exergue l’annonce sensationnaliste « basé sur une histoire vraie ». Mais contrairement à certains métrages se reposant juste sur cette étiquette racoleuse, Shadow people va plus loin que cela, car il est basé, lui, sur un véritable phénomène : le syndrome inexpliqué de mort subite nocturne. Ce dernier semble avoir son origine (du moins selon la documentation du long-métrage d’Arnold) parmi les réfugiés Hmongs (en provenance notamment d’une partie de la Chine, du Laos et du Vietnam) à la fin des années 1970. C’est d’ailleurs pour cela que le début du film prend lieu et place au Cambodge, avec un enfant qui se cache à la périphérie d'un groupe de vieillards qui racontent des histoires autour d'un feu, des histoires sur une ombre noire ayant tué des gens dans le village voisin. Une jeune femme qui semble être sa mère ordonne à l'enfant d'aller dormir, seul. Seulement, se réveillera-t-il ?



Mais revenons-en à nos moutons et parlons de cette maladie inconnue. Cette affection se référerait ainsi à la mort soudaine de jeunes personnes en bonne santé dans leur sommeil. L’énigmatique syndrome a souvent attiré l'attention des médias et a même inspiré feu Wes Craven pour l’écriture de "Les griffes de la nuit". Comme ce chef-d’œuvre du cinéma de genre, Shadow people offre une explication surnaturelle pour ceux qui périssent dans leur sommeil à la différence que ce n’est plus la faute à un croquemitaine mais plutôt à celle d’une légion d'anciens êtres devenus ombres. En tant que bon élève ayant bien révisé ses classiques, Matthew Arnold a également fait des recherches pour que son film tienne compte de ces faits, ce qui ajoute du réalisme à la production, et il les utilise pour nous asséner une bonne dose de suspense, tout en nous interrogeant : sommes-nous témoins de l'existence de véritables monstres d'une autre origine venant hanter nos nuits ou bien des gens meurent-ils vraiment dans leur sommeil d’un mal connu mais remarquablement rare ?

C’est ainsi la principale question à laquelle tente de répondre Charlie Crowe pendant tout le métrage. Indifférent au début, en passant par le scepticisme, il finira, comme nous, par commencer à y croire à force de cumuler indices, photographies et témoignages, collectés notamment à la bibliothèque de l’université locale. Le point fort de Shadow people est de s’appuyer sur des faits avérés, tant et si bien qu'il présente les images d'archives de participants réels, ce qui en fait une sorte de long-métrage semi found footage hybride. Cependant, le film essaie aussi de vendre un angle surnaturel (que Crowe a apparemment commencé à croire vraiment) et est donc un peu en contradiction avec lui-même finalement. Son principal orgueil serait donc la fracture entre l'explication surnaturelle et l'idée que ces gens mourraient à cause de leur croyance intense en ce « peuple des ombres », une sorte d’effet placebo malveillant en quelque sorte…



Il est également dommage que Shadow people pèche par sa fin convenue venant un peu tout gâcher car elle ressemble à trop de twists vus avant et il est certain que ce film ne sera pas aussi emblématique que celui dans lequel figure le croquemitaine d’Elm Street. En effet, il semble tellement pris dans sa mythologie qu'il oublie parfois ses fondements cauchemardesques en se perdant trop dans des dialogues et autres scènes superfétatoires. Néanmoins, il faut reconnaître que l’on passe un assez bon moment lors de son visionnage et qu’avec force de (faux ?) témoignages ça nous donnerait presque envie d’y croire ! Et puis, rappelons que c’est un micro budget et que rares sont ceux atteignant cette qualité !

Côté casting, seuls surnagent Dallas Roberts ("Le territoire des loups", Milton de la série "The walking dead") incarnant Charlie Crowe, un chroniqueur radio blasé de la vie mal remis de son divorce et quasi misanthrope, c’est d’ailleurs pour cela qu’il a du mal à nouer des liens avec son fils, Alison Eastwood (la fille de Clint et ayant joué dans quelques films de son paternel) dans le rôle du docteur Lacombe, enquêtant pour le Centre de contrôle des maladies, et la jeune et séduisante actrice Mariah Bonner ("Mask maker") qui joue Maggie, une assistante bibliothécaire à l’université qui, surtout, met à nu ses fesses dans une scène de douche, que n’aurait pas reniée Sir Alfred Hitchcock !



Le premier film de Matthew Arnold réussit avec un certain succès à intriguer le spectateur et lui faire croire qu'il peut y avoir certains éléments de preuve factuelle pour soutenir le point crucial de son film, à savoir l’existence d’entités venant hanter nos nuits. Mais une fin déjà vue maintes fois et la difficulté du réalisateur à savoir vraiment ce qu’il veut, peuvent nous laisser sur la brèche. Toutefois, il faut encourager les petits budgets, donc à voir !









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